dimanche 25 mai 2025

L'AMOUR GREC DANS LES TEXTES LATINS DE MARTIAL, DE JUVÉNAL ET D'AUSONE ; suivi de NOTE SUR LES " MARIAGES " MASCULINS





MARTIAL (vers 40/102), écrivain satiriste latin,

Sources : Épigrammes, Bibliotheca Teubneriana (BT), Collection Budé (Belles Lettres), Loeb Classical Library (LCL) :
Et aussi : Thierry Martin, MARTIAL Épigrammes érotiques et pédérastiques, QuestionDeGenre /GKC, 2000.

Sur les spectacles : VI : César servi par Vénus.

Épigrammes, I, xxiv : celui qui était une mariée la veille ;
xli, 13 : un vieux cinède railleur ;
xcvi, 10-13 : un efféminé [molllis] qui regarde les mentules des hommes bien montés [drauci].
II, xxviii : qu'es-tu, Sextilius ? tu n'encules pas les garçons [nec pedico ; six catégories de crimes d'impureté, d'après Laurent Ramirez, 1607 : cinaedum esse, paediconem, fututorem, irrumatorem, fellatorem, cunnilingum] ;


xliii, 13 : ma main me sert de ganymède [et non de femme ; cf Arnaud de Vernioles, Affaire de Pamiers ; cité par Forberg] ;
xlvii, 3 : le mari n'est pas un enculeur [pedico ; commenté par John Boswell] ;
li : ton pauvre ventre assiste au banquet de ton cul [Infelix venter spectat convivia culi] ; le ventre a faim, le cul dévore [cf XI, lxxvii ; cité par Forberg] ;
lxii, 1-4 :  Cui praestas, culum quod, Labiene, pilas ? pour qui t'épiles-tu le cul ? [cf Montaigne, I, xlix, 297 pour le premier vers ];
lxxxiv : Poeantius était efféminé [mollis] et facile ;
lxxxvi, 2 : je ne lis pas à l'envers le cinède Sotade [cité par Jean-Luc Hennig] ;
lxxxix, 6 : tu suces [fellas], c'est le vice de qui ?
III, xxxix : un garçon aussi beau que le Troyen [Ganimède ; cité dans Valesiana] ;
lxxi, 1-2 : le garçon a mal à la bite, et toi ? Nevolus, au cul ; je ne suis pas devin, mais ... ;
lxxiii, 4-5 : je voulais te croire efféminé [mollis] mais la rumeur nie que tu soies cinède ;
xcv, 13 : tu te fais enculer [pedicaris], Nevolus.
IV, xlii : le garçon [puer] que je demanderais ;
xliii : je ne t'ai pas appelé cinède, mais cunnilingue [cunnilingum] ;
lv : chanter les palestres de la libidineuse Lacédémone [cité par Montesquieu].
V, lv : le dieu brûle d'amour pour un puer ; De Ganymede loquor.
VI, xxxiii : maintenant le pédicateur Sabellus fout [en con] ;
xxxvii, 5 : il n'a pas de cul, c'est quand même un cinède [cité par Forberg] ;
xxxix; 12 : un visage pâle et un front de cinède ;
l, 3 : courtise les cinèdes ;
lvi, 1 : ; Quod tibi crura rigent saetis et pectora villis , l'entrejambe hérissé de poils et la poitrine velue [cf Montaigne, II, xvii, 641] ; 6 : fais en sorte, Charidemus, que l'on croit que tu te fais enculer.
VII, x, 1-2 : Éros se fait enculer [l'abbé de Marolles traduisait : " Éros trouve bon qu'on lui fasse d'étranges choses "], Linus suce ; Olus, que t'importe ce que l'un ou l'autre fait de sa peau [Pedicatur Eros, fellat Linus: Ole, quid ad te de cute quid faciant ille uel ille sua ?cf Montaigne, III, ix, 990] ;
lviii, 1 : Galla a déjà épousé six ou sept cinèdes ; 9 : la troupe des gens austères a aussi ses cinèdes [cf Montaigne, III, v, 845] ;
lxii,1 : Amillus perce des grands mecs en laissant les portes ouvertes ; 6 : Illud saepe facit quod sine teste facit, on fait souvent ce qu'on fait sans témoin [cf Montaigne, III, v, 867].
VIII, lvi : je te permets d'aimer mon Alexis ;
lxiii : il brûle aussi pour Alexis ;
lxxiii :  le jour où j'aurai trouvé une Corinne ou un Alexis [cité par Ménage, Anti-Baillet].
IX, viii, 5 : des corps immatures subissaient des outrages abominables [Domitien remit en usage la loi Scantinia] ; 9-10 : avant tu aimais des garçons et des hommes, jeunes ou vieux ; maintenant, César, ce sont des enfants qui t'aiment ; xvi : beauté d'Éarinos, échanson de Domitien ;
xxvii, 10-14 : Chrestus, libéré de son pédagogue, rencontre un homme bien monté [draucus] et l'emmène pour le sucer ;
xlvii : le dogme de quelle secte est-ce donc de se faire percer ? [cité par Forberg] ;
lxiii, 1 : Phebus, tous les cinèdes t'invitent à dîner.
X, xl : on me disait que ma Polla voyait un cinède ; mais ce n'en est pas un.
XI, xx, 5-6 : Fulviam ego ut futuam? Quid, si me Manius oret
Paedicem, faciam? Non puto, si sapiam. faudra-t-il que j'encule Manius ? [cf Montaigne, II, xii, 474 (499)] ;
xxii, 2 : tu couches avec un ganymède nu ; 6-8 : tes doigts accélèrent la venue de la virilité et de la barbe [Levibus in pueris plus haec quam mentula peccat et faciunt digiti praecipitantque virum : inde tragus celeresque pili mirandaque matri barba cf Montaigne, III, xiii, 1087] ; 9-10 : la nature a divisé le mâle : un côté pour les filles, un pour les hommes [cité par Forberg] ;
xliii, 1-2 : mon épouse qui m'a surpris dans un puer  me dit qu'elle aussi a un cul [réplique : de 3 à 12] ; 3-6 : c'est ce que Junon disait à Jupiter, et il n'en dormait pas moins avec Ganymède déjà grand [cité par Pierre Bayle] ; Hercule posa son arc et inclina Hylas, bien que Mégara [femme d'Hercule] eût des fesses ; 7-8 [Apollon avec Hyacinthe] ; 9-10 : Achille préférait un ami à la peau douce [levis amicus ; Homère, Iliade ; cité par A.-J. Beau] plutôt que Briséis ; 11-12 : évite donc de donner des noms masculins à tes trucs et dis-toi bien, ma femme, que tu as deux cons [épigramme imitée par Saint-Pavin ; cité dans Valesiana, 1694; page 71.] ;
xlv, 8 : celui qui pédique, ou qui fout [des femmes] n’est pas si timide ;
xlv : " Sive puer arrisit, sive puella tibi. ", excité par un garçon ou une fille ; cité par Richard Burton
lxvi : contre Vacerra fellator es, tu suces ;
lviii, 11 : At tibi nil faciam, sed lota mentula lana. je ne te ferai rien; mais ma mentule t'ordonnera de la lécher. [cf Montaigne, I, xlix, 298]
lxxvii : Vacerra s'enferme dans tous les cabinets, non pour chier, mais pour se faire inviter à dîner ; lxxviii : un mari à qui le con est étranger ;
lxxxvii : tu étais pedico et ne connaissait aucune femme ;
lxxxviii : Charisianus ne pouvait pédiquer car il avait le ventre relâché ;
civ, 20 : Junon fut un ganymède pour Jupiter.
XII, xvi, 2 : Labienus a acheté trois cinèdes ;
xlii : le barbu Callistrate épouse [nupsit] Afer comme une vierge épouserait un mari ; Rome, n'en as-tu pas assez ? Attends-tu aussi un accouchement ? [cité par John Boswell].
xcvii, 6-9 : le mari Bassus épuisé après s'être escrimé sur de jeunes blondins [cf Montaigne, III, v, 855]

" Bientôt la rentrée 2 : la réédition du best-seller de Thierry Fouet 
Sa traduction des Épigrammes de Martial " (Patrick Cardon, 27/8/16)

Voir le très fouillé article de Michel Magnien, " Légèreté, plaisir et désinvolture : Montaigne à l'école de Martial ? ", Montaigne Studies, XVII (2005) * Number 1-2, pages 97-118. Je remercie cet auteur de m'avoir signalé son article, ce qui m'a permis de corriger et compléter cette page en plusieurs endroits.


JUVÉNAL (vers 55/vers 140), auteur satirique latin,

Sources : Satires, collection Classiques de Poche (Belles Lettres), traduction Olivier Sers ; traduction française Paul Ducos/Perrin, 1887 ; Collection Budé des Universités de France Belles Lettres) ; Loeb Classical Library ; Perseus

Satires,

I, 46-47 : spoliateur forçant son pupille à se prostituer.
II Les hypocrites :
10 : l'égout le plus remarqué parmi les cinèdes socratiques [Castigas turpia, quum sis Inter Socraticos notissima fossa cinædos. ; Sers traduit tantouzerie socratiquecité par Forberg] ;
12-13 : rire du médecin quand il coupe les hémorroïdes [cité par Victor Trinquier, médecin-légiste] ;
20-21 : ceux qui parlent de vertu en remuant les fesses [de virtute locuti Clunem agitant. ; cité par Montesquieu] ;
43-47 : Laronia : réveiller les lois, évoquer avant tout la loi Scantinia ; les hommes en font plus que nous ; leur nombre les protège ; grande concorde entre les efféminés [molles ; cité par Jean de Salisbury] ;
50 : Hipso se soumet aux jeunes et pâlit de l'un et de l'autre excès [cité par R. James] ;
99 : le miroir du passif [pathicus] Othon ;
129 : un mec [vir] se donne à un autre mec ;
134-136 : un ami se marie [nubit] avec son fiancé dans l’intimité. Qu’il nous soit donné de vivre un peu, ces choses se feront au grand jour, publiées à l’état-civil [Liceat modo vivere, fient, Fient ista palam, cupient et in acta referri. Cela s'est fait en France en 2013 avec la loi Taubira !]; 164-168 : l’Arménien Zalacès, le plus ramolli [mollior] des éphèbes ; mœurs arméniennes.

IV, 106 : Rubrius, plus effronté qu'un cinède se mettant à écrire des satires [Sers traduit : " Plus insolent qu'une tantouze écrivant des satires "].
VI, 34-37 : pourquoi ne pas faire dormir un pusio [dérivé de puer] avec toi ? Avec un garçon, point de querelles nocturnes [Nonne putas melius, quod tecum pusio dormit ? Pusio, qui noctu non litigat, exigit a te Nulla jacens illic munuscula, nec queritur quod Et lateri parcas, nec, quantum jussit, anheles. ; cité par d'Hancarville] ; 345,2-3 ignobles personnages aux allures de cinèdes [invenies omnis turpes similesque cinaedis]., 345,23 : il prend une voix efféminée [suspectus tibi sit quanto vox mollior] ;
345,24 : il promène ses mains dans des fesses.

VII, 69 : si Virgile n'avait pas eu son petit esclave [nam si Vergilio puer et tolerabile desset hospitium]; 133 ; faire emplettes de garçons [pueros] ; 239-240 : jeux deshonnêtes [turpia] ; libertés réciproques.
VIII, 114-115 : nations [Corinthiens, Rhodiens] où les jeunes s’épilent à la résine et où les hommes ont les jambes lisses.
IX Les débauchés :
22 : Ganymède de la paix [cité dans Valesiana]
26 : À Névolus] : sans compter les hommes mariés que tu  fais s'incliner ;
32-34 : [Névolus] : il y a un destin même pour les organes qu'on cache ; si on n'a pas le Ciel avec soi, une longue mesure ne sert à rien [cité par Montaigne, III, v, 853 (895)III, v, 853 (895)]
35-37 : proposition de Virron qui te voit nu ; le cinède , comme le fer, appelle le mâle [αὐτὸς γὰρ ἐφέλκεται ἄνδρα κίναιδος. ; cf Homère, Odyssée, XVI, 294 (le fer attire l'homme) et XIX, 13 (le fer attire l'homme, γὰρ ἐφέλκεται ἄνδρα σίδηρος) ] ; 
38 : avarice phénoménale d’un efféminé [mollis] ;
42-43 : à la rencontre du repas de la veille [cf les expressions françaises pêcher la fiente à la ligne et courir la lance contre la lie de pain ;
130-134 : jamais un ami ne te manquera pour être ton patient [pathicus] ; ils y viendront toujours, de toutes parts, comme à leur rendez-vous, en voiture, en bateau, tous ceux qui se grattent la tête d'un doigt [un des signes distinctifs . cité par Richard Burton, Terminal Essay].


X, 53 : narguer avec le doigt du milieu [cité par Pierre-Marie Quitard] ; 196-197 : aspects différents des jeunes gens ; un tel est plus beau que tel autre ; 224 : les élèves que le maître Hamillus fait se baisser [cité par Henri I. Marrou] ; 295-298 : des parents qui ont un fils bien fait sont toujours malheureux et inquiets ; il est si rare que beauté et pudeur aillent ensemble ; 304-305 : perversité prodigue du corrupteur qui tente les parents eux-mêmes.
XIII, 41-43 : riches servis à table par des jeunes aussi beaux que Ganymède.
 

AUSONE (vers 310/vers 385), grammairien latin, rhéteur et poète,

Épigrammes, LCL ; traductions françaises 1843 et 1934-1935 :

50 : Rufus le rhéteur à un mariage : " puissiez-vous avoir des fils appartenant aux genres masculin, féminin et neutre. "
69 : moi-même j'étais garçon tout à l'heure, et me voilà fille [Ecce ego sum factus femina de puero ;cité par Richard Burton].
70 : à Pythagore sur le pédéraste [pullipremo] Marcus [cité par Virey]. que sera Marcus, qui vient d'exhaler son dernier soupir, s'il reprend encore le souffle et la vie ? — Quel était ce Marcus ? — Un matou friand de garçons, et qui corrompit toute la jeune espèce mâle. Fossoyeur d'une Vénus à l'envers, il bêchait par derrière : c'était l'embrocheur grippe-fesse[lxxii] du poète Lucilius. — Il ne sera ni taureau, ni mulet, ni chameau, ni bouc, ni bélier : il sera fouille-merde.
92 : mâle à demi [semivir] qui craint [la loi] Scantinia [cité par P. Guénois].
93 : vice bi-masculin [bimarem nisus ; cf Cicéron] ; femme par le dos, homme sur le devant [d'après Perse ; cité par Forberg].
119 : trois dans un lit, deux agents et deux patients [cf Straton ; cité par d'Hancarville et par Richard Burton] ;
131 : Contre un homme qui se polissait l’engin.
De ton anus échaudé tu arraches les herbes, et tu uses avec la ponce les aspérités de tes Clazomènes[cxxix]. Pourquoi ? je l'ignore ; à moins que ton tempérament n'aspire à une double épreuve, et que tu ne sois femelle par derrière et mâle par devant.

NOTE SUR LES "MARIAGES" MASCULINS

Des mariages masculins sont évoqués par dérision dans la littérature latine. Voir Cicéron, Philippiques ; Suétone, Néron ; Tacite, Annales, XV ; Dion Cassius, XLII, LXIII, LXXIX ; Martial et Juvénal ; Orose, VII ; Xiphilin.
« Tibère invente les sellarii et les spintriæ [cf Tacite] ; Néron épouse publiquement l'affranchi Pythagore [cf Tacite], et Héliogabale célèbre ses noces avec Hiéroclès [cf Dion]. » François-René de Chateaubriand (1768-1848), Génie du christianisme [1802], IV, vi, 13.

La loi romaine de 342 interdisait les " noces d'hommes " ; mais s'agissait-il auparavant de mariages en bonne forme juridique, ou de parodies ?
À la fin du Moyen-Âge : affrairamentum entre paysans dans le Midi ; usage ancien auquel le XVe siècle donne une nouvelle jeunesse. En 1446, Jean Rey, que sa femme a quitté, a un grand ami, Colrat ; " Il l'aime, il en est aimé. Échec conjugal, amitié masculine passionnée (non dépourvue d'ambigüité, dans ce cas et dans quelques autres) " note l'historien de Montaillou ; cf Emmanuel Le Roy Ladurie, Les Paysans du Languedoc, 1ère partie, chapitre 1, pages 39-40 de l'édition en collection Champs
(Flammarion).
Lopez de Gomara, Histoire générale des Indes Occidentales, II,xi ou III,xviii ; cf Montaigne, Essais, I,xxiii, 112 (bordels publics de mâles, voire et des mariages) et
ensuite les Dialogues de La Mothe Le Vayer (cité dans les appendices du DFHM).
Plusieurs Portugais et Espagnols à Rome, à l'église, en été 1578 ; Antonio Tiepolo, il 2 agosto 1578 : " Sono stati presi undeci fera Portughesi e Spagnuoli, i quali adunatisi in une chiesa, ch'e vicina san Giovanni Laterano, facevano alcune lor cerimonie, e con horrenda sceleraggine bruttando il sacrosante nome di matrimonio, se maritavano l'un con l'altro, congiongendosi insieme, come morito con moglio. Vintisette si trovano, et piu, insieme il piu delle volte, ma questa volta non ne hanno potuto coglier piu che questi undeci, i quali anderamo al fuoco, e come meritano ." Cf F. Mutinelli, Storia arcana e aneddotica d'Italia, Vol. I, " Roma e Milano ", Parte seconda, vii, Venise : P. Naratovich, 1856 ; Montaigne, Journal de voyage en Italie.
Thiers, Traité des superstitions qui regardent les sacrements : un riche Portugais et son domestique, avant 1704, avec dispense du Pape [??]. Fuite après qu'ils aient été découverts.
« Tibère invente les sellarii et les spintriæ [cf Tacite] ; Néron épouse publiquement l'affranchi Pythagore [cf Tacite], et Héliogabale célèbre ses noces avec Hiéroclès [cf Dion]. » François-René de Chateaubriand (1768-1848), Génie du christianisme [1802], IV, vi, 13.
« Le premier qui ait introduit le mot " Urning " dans la langue fut [Karl Heinrich] Ulrichs, qui, en 1864, se posa, sous le pseudonyme de Numa Numantius, en défenseur du bon droit des hommes qui se sentent plus fortement attirés vers l'homme que vers la femme. Dans son zèle à défendre cette cause, qui était un peu la sienne (car lui-même avait une nature uraniste) il alla jusqu'à désirer le sanctionnement légal et ecclésiastique du mariage et du commerce sexuel entre hommes ! » Dr A. Alétrino, " La Situation sociale de l'Uraniste ", AAC, 1901.
Vers le 20 avril 1866 : le Journal des frères Edmond et Jules de Goncourt rapporte « Un joli mot entendu : " On se marie beaucoup, cette année ... surtout les hommes ! " »
Heinrich Marx, Urnings Liebe, 1875 : demande l'institution du mariage légal de l'uraniste avec l'homme de son choix ; affirme que ce genre de mariage existe déjà en Albanie.
Années 1980, France : le pasteur baptiste Joseph Doucé (assassiné en juillet 1990) avait célébré plusieurs "bénédictions d'amitié" ; M. Dorwling-Caster, magistrat, a parlé de "mariages", ce qui dépassait la pensée et l'action du défunt pasteur.
Dernier ouvrage de John Boswell (1947-1994) : Same-Sex Unions in Premodern Europe, 1994 (Les Unions du même sexe dans l'Europe antique et médiévale, Paris : Fayard, 1996).


Voir aussi : Platon, Xénophon et Aristote
Plutarque et Athénée
AUTEURS LICENCIEUX GRECS ET LATINS

PROCÈS DE SODOMIE EN FRANCE suivi de LA MÉTHODE FLANDRIN





A / Michel FOUCAULT
B / Canon 8 du Concile de Naplouse
C / XIVe SIÈCLE : huit procès
D / XVe : sept procès
E / XVIe : quinze procès
F / XVIIe : vingt-quatre procès
G / XVIIIe : dix-sept procès


A / Michel FOUCAULT :

  « La société dans laquelle nous vivons limite considérablement la liberté sexuelle. Bien sûr, en Europe, depuis 1726 [exécution de Deschauffours à Paris], on n’exécute plus d’homosexuels (1), mais le tabou sur l’homosexualité n’en reste pas moins tenace. Si j’ai pris l’exemple de l’homosexualité dans la société européenne, c’est parce que c’est le tabou le plus répandu et le plus ancré. Ce tabou de l’homosexualité influe, du moins indirectement, sur le caractère d’un individu ; par exemple il exclut chez lui la possibilité d’un certain type d’expression langagière, il lui refuse une reconnaissance sociale et il lui confère la conscience du péché, d’emblée, en ce qui concerne les pratiques homosexuelles. Le tabou de l’homosexualité, sans aller jusqu’à l’exécution d’homosexuels, pèse lourdement non seulement sur les pratiques des homosexuels, mais sur tous, si bien que même l’hétérosexualité n’échappe pas à l’influence de ce tabou, sous une certaine forme. »
« Folie, littérature, société », Bungei, n° 12, décembre 1970 [traduit du japonais par R. Nakamura].

1. En fait, il y eut encore deux exécutions à Paris en 1750, et une en 1783, comme on verra ci-dessous (ce que j'avais porté à la connaissance de Michel Foucault), et des exécutions en Grande-Bretagne pendant le premier tiers du XIXe siècle.


B / En l'an 1120, le canon 8 du Concile de Naplouse (Cisjordanie actuelle)

décide que l'adulte sodomite doit être brûlé, l'actif comme le passif (ce qui confirme la connotation homosexuelle du terme "sodomie", connotation qui a présidé à la sélection des procès évoqués ci-dessous). Selon le canon 9, l'enfant coupable doit faire pénitence. J.D. Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, Florence, XXI, colonne 264. 

Vers 1270, le chapitre 90 des Établissements de Saint Louis disposait : " Si quelqu'un est soupçonné de bougrerie, la justice doit le prendre et l'envoyer à l'évêque ; et s'il en était convaincu, on devrait le brûler ; et tous ses [biens] meubles sont au baron. " Juste après, venait des dispositions contre les hérétiques. Passage commenté par Voltaire.

Vers 1285, Philippe de Beaumanoir, jurisconsulte, associait aussi les crimes d'hérésie et de sodomie : "Qui erre contre la foi, comme en mécréance, de la quelle il ne veut venir à voie de vérité, ou qui fait sodomiterie, il doit être brûlé (Les Coutumes de Beauvaisis, édition par Thaumas de La Thaumassière, 1690, page 149).

On voit donc que c'est seulement à la fin du Moyen-Âge qu'intervient cette répression qui culmine au XVIIe siècle. Sur cette question comme sur d'autres, le Moyen-Âge dans son ensemble a souvent été accusé à tort.
Thierry Revol : « Il semble bien que l'imposant dispositif législatif mis en place et les discours violemment répressifs aient eu des effets assez limités dans la réalité. Maurice Lever rappelle que " sur les 73 procès en sodomie recensés par Claude Courouve en France, 38 seulement ont donné lieu à des exécutions effectives ", sans compter les tortures infligées, les peines de bannissement, de galère, de prison, etc. Ces 38 exécutions, entre 1317 et 1789, paraissent bien peu, d'autant que certains accusés étaient aussi condamnés pour des viols, des rapts ou des meurtres. » (article " Théologie ", in Louis-Georges Tin, dir. Dictionnaire de l'homophobie, Paris : PUF, 2003, page 399).

C / XIVe SIÈCLE : huit procès (sur 71) :

Les Templiers, 1307-08 : mais la sodomie n' est pas seule en cause.
Robert de Péronne, dit de Bray, 1317: brûlé.

Arnaud de Vernioles, Pamiers 1323-24 : réclusion à perpétuité dans un monastère. Mentionné par Emmanuel Le Roy Ladurie dans Montaillou, village occitan ..., chapitre " Le geste et le sexe ".

Me Raymond Durant, procureur, 1333 : détention, réussit à s' échapper; il y avait eu contrainte sur ses deux valets. M. Langlois et Y. Lanhers, Confessions et jugements de criminels au Parlement de Paris (1319-1350), Paris : Archives Nationales, 1971.

Pierre Porrier, 1334 : brûlé.
Guillaume Belleti, 135I : amende.
Remion, Reims 1372: brûlé. Bibliothèque de l’Arsenal, Archives de la Bastille, mss. 10254.
Pierre de Cierges, Reims 1372, acquitté. Bibliothèque de l’Arsenal, Archives de la Bastille, mss. 10254.


D / XVe SIÈCLE : sept procès (sur 71)

Jacques Purgatoire, Bourges 1435: brûlé. Jean Chartier, Chronique de Charles VII.
Gilles de Rais, 1440 brûlé, mais aussi très nombreux meurtres d'enfants,
Cunrat de Bruchsal, 1443: banni.
Gilles de Nevers et un autre, Lille 1457: brûlés. Jacques Duclerc (1420 - vers 1468), Mémoires de Montrelet, III, 31.
Deux hommes, Saint-Omer [Pas-de-Calais actuel], vers 1458: brûlés. Jacques Duclerc, III, 31.


E / XVI SIÈCLE : quinze procès (sur 71) :

Jean Moret, 1519 : brûlé.
Un juge, 1520-1523: mort.
Un Italien, 1533 : brûlé.
Antoine Mellin, 1534 : condamné à mort,
Benoit Gréalou, prêtre, Cahors 1536 : mort.
Nicolas Ferry, 1540 : brûlé ou banni.

Marc Antoine Muret (1526-1585), Toulouse 1554 : brûlé en effigie, en fuite. Cf Gilles Ménage, L'Anti-Baillet, chapitre LXXXIII, pages 308-335.
Memmius Frémiot, étudiant, Toulouse 1554: brûlé en effigie, en fuite.

Un Italien, 1584: brûlé vif.

Nicolas Dadon, régent de collège, 1586 : pendu :
« Le premier de février, Jean Dadon, » 
Pierre de L'Estoile, Journal du règne de Henri III, 1586. Édition Pierre Gosse, La Haye, 1744.



Richard Renvoisy, prêtre et musicien, Dijon 1586 : brûlé
Antony Bacon, noble anglais, 1586-87: acquitté. Archives départementales du Tarn et Garonne, E. 1537, f° 177, novembre 1587 :
M. Bacon gentilhomme anglais caressait Isaac Burgades son page et demeurait enfermé souvent dans une salle de son logis [...] la sodomie n'était point trouvée mauvaise car M. de Bèze ministre de Genève et M. Constant ministre de Montauban en avaient usé et la trouvaient bonne [...] Bacon lui avait assuré que ce n'était point mal fait d'être bougre et sodomite. »
Deux hommes, 1596: brûlés.
Ruffin Fortias, 1598 : brûlé.


F / XVII SIÈCLE : vingt-quatre procès (sur 71) :

Jean-Imbert Brunet, prêtre, Ollioules (Var actuel), 1601 : brûlé. Sur cette affaire :
L'ouvrage " Histoire véritable... " n'est qu'un texte polémique (une « fable » disait le mémorialiste Pierre de L’Estoile) contre les Jésuites. S’il est exact qu’il ne s’était rien passé à Anvers, un prêtre d’Ollioules (Var actuel) fut exécuté pour sodomie à Aix-en-Provence le 9 avril 1601.Jean Imbert Brunet, prêtre du lieu d'Ollioules [Var actuel], prévenu de « sodomie abominable commise à la personne de Gabriel Maistral âgé de cinq ans », fut condamné en 1599 par la justice ecclésiastique à la réclusion dans un monastère ; puis, réclamé par la justice civile qui fait prévaloir sa compétence sur celle de l'Official [juge ecclésiastique], il fut condamné à mort, à être brûlé, en avril 1601 ; peine exécutée malgré les efforts de l'archevêque d'Aix-en-Provence pour le sauver, en ayant refusé de le dégrader (*) avant l'exécution. (mss 1787, fonds Peiresc, de la Bibliothèque Inguibertine de Carpentras ; consulté).
*. Il était alors interdit d'exécuter un prêtre non préalablement dégradé par son Église. Voir plus loin " La méthode Flandrin ".
François Beaupled, 1611: brûlé ; il y avait eu violences.
Gervais Liénard, 1612 : brûlé ; il y avait violence sur enfant.
Toussaint Bédier, 1623: pendu; violences.
Jean Perier, 1624: brûlé; aussi bestialité.
Léonard Le Riche, 1624: remis en liberté.
Léonard Moreuil 1633 : brûlé
Michel Morgaron 1633: deux ans de correction dans une maison de force.
Félix Simon, 1650 : accusé aussi d empoisonnement; brûlé.

Jacques Chausson, Paris 1661: aussi violences sur enfants et rapt ; brûlé.
Fougeret de Montbron, parodiant la Henriade de Voltaire, composa ces vers sur Henri III :
« Sauf son respect le Nicodème
Roupillait sous son diadème,
Tandis que régnaient en son nom
Quatre précurseurs de Chausson ;
Car il était, dit la Chronique,
Sujet au vice antiphysique. »
Henriade travestie, Berlin, 1745. Un nommé Chausson fut exécuté avec
son "complice" Fabry en 1661 ; ils étaient aussi accusés de proxénétisme de
jeunes garçons et de blasphème.

Un peu plus loin dans cette Henriade travestie, l'auteur disait de Joyeuse, mignon d'Henri III :

« fort joli garçon, quoiqu'un peu puant le Chausson. »

Voltaire fit ces vers contre l'abbé Desfontaines :
« La Nature fuit et s'offense
À l'aspect de ce vieux giton ;
Il a la rage de Zoïle,
De Gacon l'esprit et le style,
Et l'âme impure de Chausson. »
Ode VI, sur l'ingratitude, 1736.

« Chausson, fameux partisan d'Alcibiade, de Jules César, de Giton, de Desfontaines, de l'âne littéraire [Fréron], brûlé chez les Welches [Français] au XVIIe siècle. » Voltaire, note à La Guerre civile de Genève, 1768. 

Jacques Paulmier, Paris 1661 : aussi violences sur enfants et rapt ; brûlé.
Mauger, étudiant, 1661: six mois de détention.

Antoine Mazouer, 1666 : brûlé.
Emery Ange Dugaton, 1666 : brûlé,
Claude Fabre, 1667 : pendu.
Isaac Dutremble, 1667: deux mois de détention.
Antoine Bouquet, 1671: brûlé vif.
Salomon Peresson, 1677 : brûlé
Julien Pessinelle, 1677 : condamné au feu, en fuite,
Philippe Bouvet de la Contamine, 1677 : aussi accusé de violences; pendu.
Maurice Violain, 1678 : aussi violences; brûlé.
Lambert Trippodière, 1678 : aussi violences; en fuite, condamné au feu.
Honoré Pandelle, 1678 : en fuite, condamné au feu.
René du Tertre, 1680 : violences sur son fils ; brûlé.


G / XVIII SIÈCLE : dix-sept procès (sur 71) :

Antoine Chassang, prêtre, 1700: six mois de détention; il y avait eu violence.
Neel, 1701 : mis à la Bastille.
La Guillaumie, 1701 : mis à Charenton.
Toussaint Pellien, 1714 : pendu.
Nicolas Fougny, 1715 : galères à perpétuité.
Philippe Basse, 1720 : brûlé vif.
Bernard Mocmanesse, 1720 : brûlé vif. 
Benjamin Deschauffours, Paris 1725-26 aussi accusé de meurtre et violences ; brûlé. Cf BnF, mss fr 10 969 et 10 970, « Procès faits à divers sodomites jugés au Parlement de Paris ».


Nicolas Gaspard, 1726 : relégation.
Riotte de la Riotterie, 1726 : cinq ans de détention.
Frère Toussaint, 1731 : banni.
Jean-Pierre Lécrivain, 1741 : non-lieu.
Bruno Lenoir, Paris 1750 : brûlé vif.
Jean Diot, Paris 1750, brûlé vif
François Fyot, 1764-65 : acquitté.
Polycarpe, Gex (Ain actuel) 1771: exilé en Suisse.
Jacques François Paschal, 1783 : aussi coupable d'une agression à coups de couteau ; brûlé.


NOTE : Ces 71 affaires eurent lieu sur le territoire de la France actuelle. On les connait grâce à l'appel systématique au Parlement. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans environ la moitié des cas, les individus poursuivis étaient auteurs de violences, ce qui diminue d'autant la répression spécifique de l' homosexualité consentie. Par comparaison, la répression judiciaire en France de 1942 à 1982 (article 331 de l'ancien Code pénal) fut moins sévère, mais bien plus importante numériquement : des milliers d'emprisonnements pour des relations homosexuelles sans violence, pour des relations amoureuses ou érotiques.


Mont Sodome, Israël



Des versions antérieures de cette table furent publiés dans ma brochure auto-éditée Les Origines de la répression de l'homosexualité (Paris, 1978) et aussi dans Gay Books Bulletin (New York), édité par Wayne R. Dynes, n° 1, Spring 1979, pages 22-26.


LA MÉTHODE FLANDRIN EN HISTOIRE

" Jean-Louis Flandrin (4 juillet 1931 - 8 août 2001) est un historien français qui a profondément renouvelé l'histoire de la famille, de la sexualité et de l'alimentation. " (wikipédia)



« Si l’on excepte les mots du langage familier, voire grossier, comme "bougre" – qui n’apparaît pas au niveau des titres – l’homosexualité ne semble guère saisie, au XVIe siècle, qu’à travers la notion de sodomie. Celle-ci déborde le cadre des rapports homosexuels et n’en rend pas toute la complexité. […] Dans ce domaine, que trouvons-nous ? Un titre, de diffusion populaire, racontant "l’Histoire véritable du P. Henry Mangot, jésuite, bruslé à Anvers le 12 avril 1601 (a), estant convaincu d’estre sodomiste …" La notion n’apparaît que par l’adjectif   "sodomiste" emportant une violente condamnation et les titres lyonnais n’y font aucune autre allusion. En 1961, au contraire, la notion d’homosexualité apparaît dans deux titres médicaux (2), sans aucune trace de condamnation. Il ne s’agit pas de prétendre qu’elle est aujourd’hui acceptée par l’ensemble de la société, mais que, par le biais de la recherche médicale, elle apparaît dans un contexte d’objectivité, alors que l’on ne pouvait autrefois y faire allusion qu’en la réprouvant. »
Jean-Louis Flandrin, " Sentiments et civilisation ", Annales E.S.C., septembre-octobre 1965, n° 5, (repris tel quel dans Le Sexe et l'Occident, Paris : Le Seuil, 1981)

a. Cet ouvrage " Histoire véritable... " n'est qu'un texte polémique (une « fable » disait le mémorialiste Pierre de L’Estoile) contre les Jésuites. S’il est exact qu’il ne s’était rien passé à Anvers, un prêtre d’Ollioules (Var actuel) fut exécuté pour sodomie à Aix-en-Provence le 9 avril 1601.

Jean Imbert Brunet, prêtre du lieu d'Ollioules [Var actuel], prévenu de « sodomie abominable commise à la personne de Gabriel Maistral âgé de cinq ans », fut condamné en 1599 par la justice ecclésiastique à la réclusion dans un monastère ; puis, réclamé par la justice civile qui fait prévaloir sa compétence sur celle de l'Official [juge ecclésiastique], il fut condamné à mort, à être brûlé, en avril 1601 ; peine exécutée malgré les efforts de l'archevêque d'Aix-en-Provence pour le sauver, en ayant refusé de le dégrader (*) avant l'exécution. (mss 1787, fonds Peiresc, de la Bibliothèque Inguibertine de Carpentras ; consulté). "
*. Il était alors interdit d'exécuter un prêtre non préalablement dégradé par son Église.

« Ce qui m’étonne, rétrospectivement, c’est d’avoir utilisé dans mon article une édition grenobloise [par Antoine Blanc], et qui plus est de 1601, alors que je croyais [sic...] n’avoir tenu compte que des éditions lyonnaises datant de 1500 à 1599. » (Jean-Louis Flandrin, communication personnelle, 24 septembre 1984).

2. Deux thèses de médecine, dont une est restée dactylographiée...

* * * * *

Extrait de la chronolexicographie de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine : 

1532 : bougrisque (Rabelais, Pantagruel, III)
1534 : bougrin (Rabelais, Gargantua, II)
1548 : bredache [bardache], (Rabelais, Quart livre, 1ère édition, XX)
1548 : incube (Rabelais, Quart livre, 1ère édition, XX)
1548 : succube (Rabelais, Quart livre, 1ère édition, XX)
1552 : berger passionné (Rabelais, Quart livre, XXVIII)

1558 : un ganymède
1558 : un Jupiter
1559 : aimer les garçons (Amyot traducteur de Longus)
1560 : simple paillardise (hétéro)
1560 : sodoméen (Mémoires de Condé)

1566 : bardache
1566 : délices
1566 : paillardises contre nature
1567 : paillard (hétéro)

1572 : amour des mâles (Amyot traducteur de Plutarque)
1573 : amour d’homme à homme (Pontus de Tyard)

1576 : ganymédien
1576 : impudique [adj.]
1576 : mignon
1578 : aimer les mâles
1578 : bougeronnerie
1578 : fouille-merde
1578 : amour socratique (traduction Ficin)
1578 : sodomiste
1579 : amour platonique et socratique (traduction Franco)
1580 : bougeron (de La Porte)
1580 : cynède (Bodin)
1580 : pédérastie (Bodin)
1580 : pédicon (Bodin)
1581 : autre conjonction [hétéro] (Montaigne)
1581 : confrérie (Montaigne)
1581 : paillarder (hétéro)
1581 : bardacher (Cabinet du Roi de France)
1581 : bardachiser (Cabinet du Roi de France)
1582 : affection masculine (Lucien)
1582 : amour des femmes [hétéro] (Lucien)
1582 : amour des garçons

1585 : agir
1585 : pâtir

1588 : beau (substantif, Montaigne)
1589 : à la turquesque

1594 : pédicateur
1597 : mignard (Laphrise)


La conclusion de Flandrin, obtenue par le seul examen des titres d'ouvrages : "par le biais de la recherche médicale, elle [l'homosexualité] apparaît dans un contexte d’objectivité, alors que l’on ne pouvait autrefois y faire allusion qu’en la réprouvant" est donc manifestement fausse, aussi bien pour le XVIe siècle que pour les années 1960.

Le 18 juillet 1960, à l'article 38 d'une loi habilitant le Gouvernement à prendre des ordonnances, l'Assemblée nationale adopta un sous-amendement du député UNR de Metz Paul Mirguet rangeant l'homosexualité parmi les " fléaux sociaux ", avec l’alcoolisme, la tuberculose, la toxicomanie, le proxénétisme et la prostitution.

Ce n'est pas parce qu'une étude statistique n'a pas repéré un phénomène que celui-ci n'existe pas...



TABLE D'AUTEURS ANCIENS