mardi 23 février 2021

CYCLE " ATHÉISME, LAÏCITÉ, RELIGIONS " DANS MON BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE... "

 

6 articles et un cycle " islam " de 7 pages

Charlie Hebdo

"DIEU", LA FOI suivi de SUR « FIDES ET RATIO » (§ XII) Avec un aperçu historique de l'athéisme


ATHÉISME ET LAÏCITÉ Avec les récentes et variables déclarations du président Macron sur la laïcité



CYCLE " CULTURE ET ÉDUCATION " DANS MON BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE... "

Le jeune Cicéron à la lecture, par Vincent Foppa
 


INDEX NIETZSCHE (14/16) : LA CULTURE, L'ÉDUCATION

À VRAI LIRE - RENDRE JUSTICE À ANDRÉ GIDE

LE DÉCLIN DU SAVOIR

ÉLÉMENTS DE PHONÉTIQUE FRANÇAISE

PIERRE MOMET, PROFESSEUR DE MATHS SUP' À NICE

CYCLE " DROIT ET SOCIÉTÉ " DANS MON BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE... "


 




NOTES CONTRE LA PÉDOPHILIE ET SUR LES SEUILS DE CONSENTEMENT

LE BAZAR DE DANIEL COHN-BENDIT


DE QUOI "les juifs" EST-IL LE NOM ? suivi de DESPROGES ET MME Anne SINCLAIR

lundi 22 février 2021

CYCLE " POLITIQUE " DANS MON BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE "

 

Un totalitarisme encore actif


NOTES SUR LE MARXISME (1/3) , Mises en garde, égarements, reculs critiques

LA CONNAISSANCE OUVERTE ET SES ENNEMIS , La correction politique, un totalitarisme qui monte en puissance


ALBERT CAMUS AUX ÉTUDIANTS SUÉDOIS (1957) suivi de LES MOYENS JUSTIFIENT LA FIN , Contient la célèbre condamnation du moyen terroriste

POLICE DE LA PAROLE ET CORRECTION POLITIQUE , Sur les atteintes actuelles à la liberté constitutionnelle d'expression 



CYCLE " PHILOSOPHIE GÉNÉRALE " DANS MON BLOG "CONNAISSANCE OUVERTE "

 

Raphaël, " École d'Athènes " (détail), Platon tenant
le Timée et Aristote l'Éthique à Nicomaque


PHILOSOPHIE - NAISSANCE DU PHILOSOPHE suivi de E / DESCARTES INUTILE ET INCERTAIN  Avec ma définition empirique de la philosophie


INDEX NIETZSCHE (1/16) : LES PHILOSOPHES, LA PHILOSOPHIE

DOXOGRAPHIE DE LA DIALECTIQUE (1/2)

MACRON : PAUL RICŒUR M’A RÉÉDUQUÉ SUR LE PLAN PHILOSOPHIQUE (2015)

LA PHILOSOPHIE NOYÉE DANS LE CAFÉ Réflexions critiques sur le phénomène des cafés-philo parisiens

DICTIONNAIRE NIETZSCHE 2017 Critique de l'ouvrage dirigé par Dorian Astor

L'ESPRIT FAUX (1/2), ET AUTRES TYPES HÉSIODIENS 




dimanche 21 février 2021

CYCLE " MA GÉNÉALOGIE " DE MON BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE "





6 articles sur ma généalogie bien dispersée dans mon blog

CYCLE " ISLAM " DANS MON BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE... "

Je regroupe mes articles par thèmes pour augmenter la lisibilité de ce blog (et m'y retrouver mieux moi-même...).

Arrivée des croisés à Constantinople : Louis VII le Jeune et Conrad, empereur d'Allemagne, entrent dans la ville,
suivis d'un important cortège de seigneurs et de chevaliers.  Grandes Chroniques de France, enluminées par
Jean Fouquet, Tours, vers1455-1460 Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 6465, folio 202


Mes 7 pages doxographiques sur l'islam ; mais voir aussi mes pages Religion et Nietzsche sur la religion.


L'HUMANISME ET LES LUMIÈRES FACE À L'ISLAM



PAS DE LAÏCITÉ AU MAGHREB


CES PETITS GRECS...

Cycle " L'homosexualité masculine dans les textes grecs et latins dans l'Antiquité et le Moyen Âge " dans mon blog :



















TABLE DES CCL ET QUELQUES AUTEURS

Aristote, marbre, copie de l'époque impériale (Ier ou
IIe siècle) d'une sculpture en bronze faite par Lysippe


Mes publications antérieures sur papier en auto-édition :

Tableau synoptique de références à l'amour masculin : auteurs grecs et latins
1986
ISBN 2-86254-013-7

repris et augmenté dans

Ces Petits Grecs ont un faible pour les gymnases : l'amour masculin dans les textes grecs et latins
1988
ISBN 2-86254-015-3

Ce corpus revu est en cours de mise en ligne (voir les liens des noms d'auteurs).

Introduction : Constantes et trajectoires (avec inventaire de termes grecs et latins)


Côté femmes :

Sandra Boehringer, L'Homosexualité féminine dans l'Antiquité grecque et romaine,  Paris : Les Belles Lettres, 2007 ; collection d'études anciennes, série grecque.



* * * * *


ABBON DE ST GERMAIN DES PRÉS // ACHILLE TATIUS D'ALEXANDRIE // ADAMANTIUS // AELRED DE RIEVAUX // AGATHIAS // ALAIN DE LILLE // ALBERT LE GRAND // ALCÉE DE MYTILÈNE // ALCIPHRON //ALCUIN // ALEXANDRE DE HALES // ALEXANDRE NECKAM // ALTERCATION ENTRE GANYMÈDE ET HÉLÈNE // ALVARUS PELAGIUS // AMBROISE // AMMIEN MARCELLIN // ANACRÉON // ANSELME DE CANTORBERY // ANSELME DE LAON // ANTHOLOGIE GRECQUE // ANTONINUS LIBERALIS // APOLLONIOS DE RHODES // APULÉE // ARISTIDE // ARISTOPHANE // ARISTOTE // pseudo-ARISTOTE 1 // pseudo-ARISTOTE 2 // ARNOBE // ARTÉMIDORE D'ÉPHÈSE // ATHANASE D'ALEXANDRIE // ATHÉNAGORAS // ATHÉNÉE DE NAUCRATIS // AUGUSTIN // pseudo-AUGUSTIN // AULU-GELLE // AURÉLIUS VICTOR // pseudo-AURÉLIUS VICTOR // AUSONE // AVITUS.

Les plus importants de ces 39 auteurs ou textes semblent être :
Achille Tatius pour son roman, Leucippé et Clitophon, comportant quelques personnages que l'on peut aujourd’hui décrire comme homosexuels.
Albert le Grand, pour sa définition clairement homosexuelle (hommes comme femmes) de sodomia, ce qui contredit définitivement la thèse constructiviste absurde selon laquelle l'identité homosexuelle et la notion d'homosexualité seraient apparus en 1868 avec le mot allemand homosexual, néologisme longtemps attribué par les mêmes à un psychiatre...

Dans l'Altercation, Ganymède considère que seuls les paysans devraient s'adresser aux femmes.
Mais pour Anselme de Laon, coucher avec un mâle est une injure à la raison.
Aristophane, pour ses comédies Les Cavaliers, Les Nuées et Les Oiseaux, entre autres.
Aristote, surtout Politique, livres II et V, et Ethique à Nicomaque, où se trouve une recherche sur l'origine des amours masculines : nature ou habitude ? ; par ailleurs Aristote avait attentivement observé l'homosexualité animale, ce qui aurait été impossible sans la notion d'homosexualité.
Athénée, notamment le célèbre livre XIII des Sages attablés, ou il nous dit que " beaucoup préfèrent les amours de garçons aux liaisons féminines "...


BASILE DE CÉSARÉE // BAUDRI DE BOURGUEIL // BÈDE LE VÉNÉRABLE // BENOÎT DE NURSIE // BERNARD DE CLAIRVAUX // BERNARDIN DE SIENNE // BIBLIOTHEQUE D'APOLLODORE // BION // BONAVENTURE // BURCHARD DE WORMS.

À noter parmi ces 10 auteurs ou texte :
Bernardin, qui décrit de façon étonnamment moderne (avec une préfiguration du coming out) une évolution en six étapes de la personnalité homosexuelle,
Burchard qui indique les pénitences alors encourues.


CALLIMAQUE // CALVUS // CAPITULAIRES DES ROIS DES FRANCS // CARMINA PRIAPEA // CATHERINE DE SIENNE // CATULLE // CÉLIUS AURÉLIEN // CÉSAR // CICÉRON // CLÉMENT D'ALEXANDRIE // CODE // COLOMBAN // COLUMELLE // CONCILES ET SYNODES // CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES // CORPUS GLOSSARIORUM LATINUM // CYPRIEN DE CARTHAGE.

17 auteurs ou œuvres anonymes. Cicéron : Discours, avec l'usage politique de l'accusation d'homosexualité ; République et Tusculanes (interrogation sur la nature de cet amour d'amitié) ; Clément d'Alexandrie (Le Pédagogue et Exhortations aux Grecs) est également un auteur majeur pour la question. Dans les Capitulaires, l'empereur chrétien Charlemagne établit la peine de mort pour les luxures sodomitiques (année 803).

Le Concile de Naplouse (1120) recommandait de brûler l'adulte sodomitique, actif ou passif. Un peu plus tard, on sera plus indulgent pour les clercs.


DÉMOCRITE // DÉMOSTHÈNE // DENIS D'HALICARNASSE // DIDACHÉ // DIGESTE // DINARQUE // DIODORE DE SICILE // DIOGÈNE LAËRCE // DION CASSIUS // DION DE PRUSE (ou CHRYSOSTOME) // DONAT // DOUBLES DITS.

12 auteurs ou textes. Dans les Vies de Diogène Laërce, premier Bottin de l'amour masculin (sauf erreur), voir notamment les livres II (les Socratiques et leurs disciples) et IV (l'Académie) à VII (les Stoïciens). Selon Démocrite, " Éros est légitime quand il poursuit sans excès les belles choses ".


ÉLIEN // ENNODIUS // ÉPICTÈTE // ÉPICURE // ÉPIPHANE DE SALAMINE // ÉPITRE DE BARNABÉ // ESCHINE D'ATHÈNES // ESCHYLE // ÉSOPE // EUNAPE DE SARDES // EURIPIDE // EUSÈBE DE CÉSARÉE // ÉVAGRE LE SCOLASTIQUE.

13 auteurs ou textes. À noter le discours Contre Timarque d'Eschine. Dans les Histoires variées, Élien attribue à Laïos l'invention de l'amour des garçons. Eusèbe de Césarée note que Moïse prescrit le contraire de Platon quand il punit la pédérastie dans le Lévitique.


FESTUS // FIRMICUS MATERNUS // FLETA.

3 auteurs ou texte. Firmicus (pour sa liste de couples grecs célèbres, encore un indice de la notion d'identité homosexuelle masculine) seul auteur notable ici.


GALIEN // GAUTIER DE CHÂTILLON // GERSON // GILLES DE CORBEIL // GIRALDUS DE CAMBRIE // GRATIEN // GRÉGOIRE DE NYSSE // GRÉGOIRE DE TOURS // GRÉGOIRE LE GRAND // GRÉGOIRE III // GRÉGOIRE IX // GUIBERT DE NOGENT.

12 auteurs.
GERSON (1363-1429), théologien et mystique : "La quatrième partie du péché contre nature est si des hommes ont compagnie les uns des autres au fondement ou ailleurs. Ou les femmes les unes des autres par détestables et horribles façons qui ne se doivent nommer ni écrire ; ou les hommes des femmes, en lieux non naturels."
Le pape Grégoire le Grand (vers 540-604) évoque la peine du feu qui ne sera systématiquement appliquée en Europe qu'à partir du XIIIe siècle. Voir ma note sur les procès de sodomie.


HELGAUD // HENRI DE CLAIRVAUX // HÉRACLITE (l'érudit du 1er siècle) // HÉRODIEN // HÉRODOTE // HÉSIODE // HÉSYCHIUS D'ALEXANDRIE // HILDEBERT DE LAVARDIN // HINCMAR DE REIMS // HIPPOCRATE // HIPPOLYTE DE ROME // HISTOIRE AUGUSTE // HOMÈRE // HORACE // HORAPOLLON // HYGIN // HYMNES HOMÉRIQUES // HYPÉRIDE.

18 auteurs ou textes. Homère (le plus ancien auteur européen) pour l'histoire de Jupiter et Ganymède, et pour celle d'Achille et Patrocle – et Horace, qui disait éprouver des passions pour mille filles, mille jeunes garçons, sont évidemment très importants.


IBYCOS // INSTITUTIONS // ION DE CHIOS // ISOCRATE.

Les Institutions appartiennent au Corpus Juris Civilis romain.


JACQUES DE VITRY // JACQUES DE VORAGINE // JAMBLIQUE // JEAN CASSIEN // JEAN CHRYSOSTOME // JEAN DAMASCÈNE // JEAN DE SALISBURY // JÉRÔME // JOSÈPHE FLAVIUS // JULIEN L'APOSTAT // JUSTIN // JUVÉNAL.

12 auteurs. On peut noter la Correspondance de Jérôme (adultère ou sodomite, le mari reste le mari) et surtout les Satires de Juvénal (livres II et IX).


LACTANCE // LETTRE D'ARISTÉE // LIBANIOS // LONGUS // LUCAIN // LUCIEN DE SAMOSATE // pseudo-LUCIEN // LUCILIUS // LUCRÈCE // LYSIAS.

10 auteurs ou texte. Se détachent le discours Contre Silvanus de Libanios et les Amours du pseudo-Lucien. Noter chez Longus la caractérisation de Gnathon comme "pédéraste par nature", dans son roman Daphnis et Chloë ; encore un indice de la notion d'identité homosexuelle bien antérieure au XIXe siècle franco-allemand.


MACROBE // MALALAS // MARBODE DE RENNES // MARC AURÈLE // MARTIAL // MAXIME DE TYR // MÉLÉAGRE // MINUCIUS FELIX // MOSCHOS // pseudo-MOSCHOS // MUSONIUS RUFUS.

11 auteurs. Voir les Épigrammes de Martial, notamment les livres II, III, VI et XI.


NÉPOS // NICÉPHORE CALLISTE XANTHOPOULOS // NICOLAS DE CLÉMANGES // NONIUS MARCELLUS // NONNOS DE PANOPOLIS // NOVELLES.

6 auteurs ou texte.


ORACLES SYBILLINS // ORDÉRIC VITAL // ORIGÈNE // OROSE // OVIDE.

5 auteurs ou texte. Voir l'histoire d'Orphée dans le livre X des Métamorphoses d'Ovide. Ovide fut probablement lu par l'apôtre Paul ; on trouve dans les Métamorphoses, VII, 20 : " La passion me conseille une chose, la raison une autre. Je vois le bien et je l'approuve, et c'est au mal que je me laisse entraîner. " Et dans les Épîtres aux Romains de Paul, VII, 15 : " Mes actes je ne les reconnais pas, car ce que je veux je ne le pratique pas, mais je fais ce que je déteste. " Déjà dans Euripide, Médée, vers 1077-80 : "Je succombe à mes maux. Oui, je sens le forfait que je vais oser ; mais la passion l'emporte sur mes résolutions, et c'est elle qui cause les pires maux aux humains." (paroles de la mère qui va tuer ses enfants) ; Sénèque, Phèdre, autour du vers 373 à propos de son amour coupable, et ailleurs... Paul était un personnage cultivé - il lisait Euripide (mais il ne cite pas ce passage).


PARMÉNIDE // PARTHÉNIOS // PAUL (l'apôtre) // pseudo PAUL // PAUL (le juriste) // PAUL ÉVERGETINOS // PAUSANIAS // PÉNITENTIEL ROMAIN // PERSE // PÉTRONE // PHANOCLÈS // PHÈDRE // PHILON D'ALEXANDRIE // pseudo-PHILON // PHILOSTRATE // pseudo-PHOCYLIDE // PIERRE DAMIEN // PIERRE LE CHANTRE // PINDARE // PISANDRE DE CAMIRUS // PLATON // PLAUTE // PLINE L'ANCIEN // PLINE LE JEUNE // PLOTIN // PLUTARQUE // pseudo-PLUTARQUE // POLEMON // POLLUX // POLYBE // POLYEN // PORPHYRE // PROCOPE DE CÉSARÉE // PRODICOS DE CÉOS // PROPERCE // PRUDENCE // PTOLÉMÉE.

35 auteurs. Il est souhaitable de connaître le Satyricon, roman de Pétrone, et son célèbre personnage Giton ; ce roman inspira Baudelaire et Verlaine, fut énormément admiré par Nietzsche. Le Banquet ou Symposium de Platon, trop mal compris, est incontournable. Voir aussi le Dialogue sur l'amour de Plutarque, les Épîtres de Paul et les considérations astrologiques de la Tétrabible de Claude Ptolémée : "explications" de la pédérastie stricto sensu, de la bisexualité, de l'androphilie.
Dans le théâtre de Plaute, cette question proustienne : "prends-tu tout le monde pour des cinèdes parce que tu l'es ?" révélatrice pour la question de l'identité, tout comme le vocabulaire de Plutarque, et très gênante pour les constructivistes.


QUINTE-CURCE // QUINTILIEN // PSEUDO-QUINTILIEN.

Voir De l'Institution oratoire, de Quintilien, livres I et II.


RABAN MAUR // RAGUEL // RAOUL GLABER // REGINO DE PRUM // RICHARD DE DEVIZES // RUPERT DE DEUTZ.

6 auteurs. Voir les Histoires de son temps de Raoul Glaber pour la corruption des Francs par les Auvergnats.


SALLUSTE // SALVIEN // SÉNÈQUE LE PÈRE // SÉNÈQUE LE JEUNE // SERVIUS // SEXTUS EMPIRICUS // DE SODOMA // SOPHOCLE // SOUDA // SPARTIANUS // STACE // STOBÉE // STRABON // STRATON DE SARDES // SUÉTONE.

15 auteurs ou textes. A retenir : le grand Sénèque le Jeune, les Esquisses de Sextus (quelques passages dans les livres I et III) et bien sûr la Vie des douze Césars de Suétone (10 sur 12 ...).


TACITE // TATIEN // TÉRENCE // TERTULLIEN // TESTAMENT DES DOUZE PATRIARCHES // THÉOCRITE // THÉODORET DE CYR // THÉODOSE // THÉODOSE II // THÉODULFE D'ORLÉANS // THÉOGNIS DE MÉGARE // THÉOPHANE LE CONFESSEUR // THOMAS D'AQUIN // THUCYDIDE // TIBULLE // TIMÉE // TITE-LIVE // TRAITÉ DE PHYSIOGNOMONIE.

18 auteurs ou textes. À noter les poésies de Théocrite et de Théognis de Mégare (notamment le livre II), le Second statut diocésain de Théodulfe d'Orléans (pour l'égalité des "crimes" commis entre femmes avec ceux commis entre hommes) et le livre XXXIX de l'Histoire de Rome de Tite-Live.


VALÈRE MAXIME // VINCENT DE BEAUVAIS // VIRGILE // VULGATE (Bible en latin).

Noter évidemment les Bucoliques de Virgile ; la seconde églogue, traduite en français en 1543, raconte l'histoire d'Alexis et de Corydon.


XÉNOPHON D'ATHÈNES // XÉNOPHON D'ÉPHÈSE // XILIPHINOS LE JEUNE .

Voir en particulier le Banquet de Xénophon d'Athènes.


YVES DE CHARTRES.

Sa correspondance, citée par John Boswell, informe sur l'homosexualité à Tours et à Orléans. Condamnation dans ses Décrets.


ZÉNODOTE D'ÉPHÈSE // ZOSIME.

* * * * *

« Le domaine des amours masculines a bien pu être "libre" dans l'Antiquité grecque, beaucoup plus en tout cas qu'il ne l'a été dans les sociétés européennes modernes; il n'en demeure pas moins que l'on voit se marquer très tôt des réactions négatives intenses et des formes de disqualification qui se prolongeront longtemps. »
Michel Foucault (1926-1984), L'Usage des plaisirs, (Gallimard, 1984), Introduction, 2, 3.
« L'homme a toujours été pareil à lui-même et nous pouvons en connaître autant sur lui en lisant les auteurs de la Grèce que ceux d'une autre époque. Il n'a pas évolué. » CIaude Lévi-Strauss, Le Figaro, 26 juillet 1993.

Une recherche de constantes perdurant entre l'Antiquité classique et notre temps ne peut donner de bons résultats que si elle s'effectue à partir d'un corpus de textes le plus grand possible ; c'est la "chasse de Pan" du philosophe anglais Francis Bacon. Ramsay MacMullen et Craig A. Williams, notamment, ont déploré que certains, tel le Français Paul Veyne, tirent des conclusions à partir de quelques auteurs seulement – moins d'une dizaine. J’ai recensé environ 255 auteurs, recueils ou textes anonymes, latins et grecs, pour l'Antiquité classique et le Moyen-Âge occidental : parmi lesquels ceux que citaient des auteurs comme Érasme, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Chateaubriand, Vigny, Paul et André Gide (père et fils) ; j’indique ci-dessous les références de quelques travaux érudits plus ou moins récents non mentionnés par Thomas K. Hubbard en 2003 :

F. Jacobs, "Leben und Kunst der Alten II", Vermischte Schriften, 1829.
H. Hössli, Eros - Die Männerliebe der Griechen, ihre Beziehungen zur Geschichte, Erziehung, Literatur und Gesetzgebung aller Zeiten, 1836-1838.
M. H. E. Meier, "Päderastie", Encyclopädie der Widdenschaften und Kunst, volume 9, 1837 ; traduction française 1930 [Hérelle], rééditée en 1952 et 1980.
P. Van Limburg Brouwer, " L'amour des mâles ", Histoire de la civilisation morale et religieuse des Grecs, tome 4, 1838.

Mentionné par André Gide dans la note manuscrite γ 885-91 comme étant « un recueil de renseignements »

J. A. Symonds, A Problem in Greek Ethics, 1883.
N. Blondeau et F. Noël, Dictionarium eroticum latino-gallicum, I. Liseux, 1885.

Edward Carpenter, IOLÄUS - An Anthology of Friendship, 1902, 1906, 1915.


Raoul Vèze [J. Hervez], Le Baiser en Grèce, 1908
Anonyme, Le Livre d'Amour des Anciens, Bibliothèque des Curieux, 1911, 1928.
Thierry Sandre [Ch. Moulié], Le Treizième livre d’Athénée, 1924.
M. H. E. Meier, " Päderastie ", Encyclopädie der Widdenschaften und Kunst, volume 9, 1837 ;
traduction française 1930 [Georges Hérelle], rééditée en 1952 et 1980.
M. H. E. Meier / L. R. de Pogey-Castries [Georges Hérelle], Histoire de l'amour grec, 1930, 1952,
1980.
Marc Daniel [Michel Duchein], Des Dieux et des garçons. Étude sur l’homosexualité dans la mythologie grecque, Paris : Arcadie, 1968.
Daniel Guérin, "Plutarque et l’amour des garçons", Dialogues homophiles, n° 2, mars 1976.
K.J. Dover, Greek Homosexuality, London : 1978, 1980, 1989. Traduction française : Homosexualité grecque, 1982.
John Boswell (1947-1994), Christianity, Social Tolerance and Homosexuality - Gay People in Western Europe from the Beginning of the Christian Era to the Fourteenth Century, Chicago : 1980, 1981.
Michel Foucault, Histoire de la sexualité, tome 1, Paris : Gallimard, 1976, 1984.
Michel Foucault, Histoire de la sexualité, tomes 2 et 3, Paris : Gallimard, 1984.
P. J. Payer, Sex and the Penitentials - The Development of a sexual Code, 1984.
Bernard Sergent, L'Homosexualité dans la mythologie grecque, Paris : Payot, 1984 ; Homosexuality in Greek Myth, 1986.
Bernard Sergent, L'Homosexualité initiatique dans l'Europe ancienne, Paris : Payot, 1986.
E. Cantarella, Secondo natura : La bisessualità nel mondo antico, 1988 ; Bisexuality in the Ancient World, 1992.
K.J. Dover, Aristophane’s Speech in Plato’s Symposium, in Collected papers, 1988 [1966].
John Boswell (1947-1994), " Revolutions, Universals, and Sexual Categories ", in Martin Duberman, Martha Vicinus and George Chauncey, Jr., Hidden from History: Reclaiming the Gay and Lesbian Past, 1989.
William Poole, " Male Homosexuality in Euripides ", in A. Powell, ed., Euripides, Sexuality and Women,
1990.
William A. Percy III, Pederasty and Pedagogy in Archaïc Greece, Urbana : 1996.
Mark. D. Jordan, The Invention of SODOMY in Christian theology, 1997.
Florence Dupont et Thierry Éloi, L’Érotisme masculin dans la Rome antique, 1998, 2001.

Thomas K. Hubbard, Homosexuality in Greece and Rome. A Sourcebook of Basic Documents, University of California Press, 2003. La bibliographie imposante de cet ouvrage, pages 533-547, rend
inutiles les mentions de notre version précédente, sauf quelques cas particuliers (et indications de traductions françaises ou étrangères) que nous avons conservés ci-dessus, comme l’identification de Pogey-Castries = Georges Hérelle, identité inconnue de Hubbard en 2003.

Charles-Raphaël Payeur, SODOME ET GOMORRHE ou le droit à la différence, Sherbrooke (Canada) : Éditions Théosis, 2005.


Le progrès de ce travail dépend maintenant des publications de nouvelles éditions critiques occidentales pour les auteurs concernés. Notre sujet, loin d'avoir été le sujet tabou qu'on a dit trop souvent, est, au contraire, partie intégrante du socle de notre culture – soit les œuvres historiques, littéraires et philosophiques, admirablement claires, de la civilisation gréco-latine.

Ce corpus permet donc de se faire une première idée de l'impact, de l'importance et de la nocivité du christianisme relativement aux libertés, des lexiques grec et latin de l'amour masculin, du statut juridique et moral de cet amour, de la forte intertextualité rencontrée. À la suite de K. J. Dover, (1989, p. 16), j'ai pris le parti de transposer en italique certains hellénismes et latinismes.


CYCLE " AMOUR GREC " DANS LE BLOG " CONNAISSANCE OUVERTE "

Afin que l'on puisse se repérer plus facilement dans ce blog (afin que moi-même je ne m'y perde pas trop...), je recense ici les 15 principaux articles portant sur le thème de l'homosexualité masculine, le G de LGBTQI+ ; plusieurs d'entre eux comportent des liens donnant accès à d'autres pages.

Small Blowjob - Cornelius McCarty


DFHM  en ligne, Dictionnaire français de l'homosexualité masculine, version revue et très augmentée du Vocabulaire de l'homosexualité masculine (Paris : Payot, 1985) ; page donnant accès aux diverses sections de l'ouvrage (introduction, classement alphabétique, appendices)

Ces petits Grecs... L'homosexualité masculine dans les textes grecs et latins de l'Antiquité et du Moyen Âge, philosophie, histoire, littérature, droit ; recensement de plus de 250 auteurs

L'amour grec dans le livre I (et suivants) des Essais de Montaigne 

Voltaire, article " Amour socratique "  (Dictionnaire philosophique et Questions sur l'Encyclopédie) ; mon édition critique de ce texte

Nietzsche sur la knabenliebe (amour des garçons), aussi sur Pétrone

Akadémos - " Le préjugé contre les mœurs (juillet 1909)

Folio 2235 : notes sur le Corydon d'André Gide, genèse et reception

Querelle de l'art et de la morale (1964), suivi de " François Mauriac et l'homosexualité "

Légitimations, pénalisations et dépénalisations de l'homosexualité en France ; comprend la plateforme de 2004

Réflexions sur le " mariage " homo

Notes sur le Que sais-je ? L'Homophobie de Daniel Borrillo

L'affaire de Pamiers, ou L'homosexuel de Montaillou, 1323-1324 ; procès signalé par Emmanuel Le Roy Ladurie

Procès de sodomie en France, suivi de " La méthode Flandrin "

Les Assemblées de la manchette, archives de la police parisienne au XVIIIe siècle (dossiers signalés par Michel Foucault)

L'affaire de Lenoir et Diot, procès et exécution de deux hommes à Paris en 1750, retentissement de l'affair


vendredi 19 février 2021

AGENDA 2021 DES COMMÉMORATIONS D'ATTENTATS ISLAMISTES EN FRANCE (ou contre des Français)

 

Photo AFP


3 janvier 2020, Villejuif, 1 mort et 2 blessées

7 janvier 2015, attaque de la rédaction de Charlie Hebdo, Paris, 12 morts


8 janvier 2015, Montrouge, 1 morte

9 janvier 2015 Hypercacher de la porte de Vincennes, 4 morts

3 février 1986 : galerie marchande, Hôtel Claridge, Paris, 8 blessés

3 février 2015, centre communautaire juif, Nice, 2 militaires blessés

4 février 1986, librairie Gibert Jeune, Paris, 5 blessés

5 février 1986 : FNAC Sports Forum des Halles, Paris, 22 blessés

23 février 1985, Marks & Spencer, Paris, 1 mort et 14 blessés

11 mars 2012, Toulouse, un militaire tué par Mohamed Merah, le sous-officier du 1er Régiment du train parachutiste, Imad Ibn Ziaten

15 mars 2012, Montauban, 2 militaires tués, 1 blessé, par Mohamed Merah ; Mohamed Farah Chamse-Dine Legouad du 17e Régiment du génie parachutiste et le caporal Abel Chennouf sont tués. Le caporal Loïc Liber est blessé

19 mars 2012, Toulouse, 4 morts devant le collège-lycée juif Ozar Hatorah : un rabbin et professeur de l'école, Jonathan Sandler, et trois enfants

20 mars 1986, galerie Point Show, Paris, 2 morts et 29 blessés

20 mars 1986 : 2 personnes sont tuées et 29 autres blessées dans la librairie Gilbert Jeune à Paris

23 mars 2018, Carcassonne et Trèbes, 4 morts dont l'officier de gendarmerie Arnaud Beltrame

4 avril 2020, Romans-sur-Isère, 2 morts et 5 blessés

19 avril 2015, Villejuif, 1 morte, Aurélie Châtelain

20 avril 2017 Champs-Elysées, Paris, 1 policier tué, Xavier Jugelé, et 2 blessés ; l'auteur Karim Cheurfi était connu des services de police mais pas fiché S

12 mai 2018, Paris, quartier de l'Opéra, 1 mort, Ronan Gosnet, et 5 blessés

25 mai 2013, La Défense, 1 militaire blessé par arme blanche

13 juin 2016, Magnanville, 2 policiers assassinés, Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider

26 juin 2015, attentat de Saint-Quentin-Fallavier en Isère, 1 mort décapité (Hervé Cornara, 55 ans) et 2 blessés

11 juillet 1995, 2 morts dans la mosquée de la rue Myrha, Paris

14 juillet 2016 Nice, promenade des Anglais, 86 morts et 458 blessés

Nice. Photo Eric Gaillard / Reuters

25 juillet 1995, 8 personnes sont tuées et 117 autres blessées lors de l'attaque à la bombe de la gare de Saint-Michel de RER

26 juillet 2016, le père Jacques Hamel égorgé à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) par le fiché S Adel Kermiche, 1 blessé

9 août 1982, attentat de la rue des Rosiers à Paris : 6 morts et 22 blessés

17 août 1995, place de l'Étoile, Paris, 11 blessés

21 août 2015, attentat du train Thalys, Pas-de-Calais, 3 blessés

4 septembre 2016, prison d'Osny, 2 surveillants pénitentiaires blessés

7 septembre 1995 : école juive de Villeurbanne, 14 blessés

8 septembre 1986, bureau de poste de l’hôtel de ville de Paris, 1 mort et 21 blessés

12 septembre 1986, explosion dans la cafétéria du magasin Casino au centre commercial Les Quatre Temps à la Défense, 54 blessés

14 septembre 1986 : 3 personnes tuées et 1 autre blessée, Pub Renault, Paris 

15 septembre 1974 : explosion d'une bombe au Drugstore Saint-Germain, Paris, 2 morts et 34 blessés

15 septembre 1986, Service des permis de conduire, Préfecture de police, Paris, 1 mort et 56 blessés

17 septembre 1986, magasin Tati, rue de Rennes, Paris, 7 morts et 55 blessés

22 septembre 2014, enlèvement du guide de montagne Hervé Gourdel dans le massif du Djurdjura (Algérie) ; le 24, les djihadistes de Jund al-Khalifa annoncent que l'otage a été décapité en diffusant son assassinat dans une vidéo

25 septembre 2020, 2 blessés graves devant les anciens locaux de Charlie  Hebdo, Paris

1 octobre 2017, gare Saint-Charles à Marseille, 2 mortes

3 octobre 2019 Préfecture de police de Paris, 4 morts

16 octobre 2020 Conflans-Sainte-Honorine 1 mort, le professeur Samuel Paty, décapité

17 octobre 1995 : RER C, Paris, une trentaine de blessés

29 octobre 2020 basilique Notre-Dame, Nice, 3 morts (dont 1 femme quasi-décapitée et 1 homme égorgé), plusieurs blessés

1er novembre 1954, Algérie (alors française), 9 morts dont le jeune instituteur Guy Monnerot, 1 blessée

2 novembre 2011, les locaux de Charlie Hebdo (alors situés au 62, boulevard Davout) sont la cible d'un incendie criminel provoqué par un cocktail Molotov. Le site du journal est piraté, la page d'accueil étant remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran

13 novembre 2015, Bataclan, Paris, terrasses des cafés La Bonne Bière, Le Carillon et Le Petit Cambodge, Paris et  et Saint-Denis, 130 morts (dont 90 au Bataclan) et 413 blessés

2 décembre 1978, rayon bricolage du sous-sol du BHV Rivoli, une employée tuée et 7 blessés

3 décembre 1996 : une attaque à la bombe à la gare de Port-Royal du RER B fait 4 morts et 91 blessés

7 décembre 1985, Paris, explosions au sous-sol des Galeries Lafayette et au rez-de-chaussée du Printemps Haussmann,  43 blessés

11 décembre 2018, marché de Noël de Strasbourg, 5 morts et une dizaine de blessés

20 décembre 2014, commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), 3 trois policiers blessés



mardi 9 février 2021

LÉGITIMISATIONS, PÉNALISATIONS ET DÉPÉNALISATIONS DE L'HOMOSEXUALITÉ EN FRANCE

   Esquisse d'une vue d'ensemble des fluctuations du statut, notamment juridique, de l'homosexualité masculine en Occident, et principalement en France.


I - Légitimations antiques et Moyen-Âge
II - Stigmatisation judéo-chrétienne et lois romaines des IVe et VIe siècles
III - Légitimisations modernes
IV - Résistance aux contrôles de police, Première dépénalisation (1791)
V - Légitimisations contemporaines
VI - Pénalisations d'août 1942 (avec mineurs) et de novembre 1960 (outrage public à la pudeur)
VII - Légitimisations récentes (écrivains, journaux, organisations)
VIII - Deuxième dépénalisation (partielle) : 1974 : restriction du champ du délit instauré en 1942
IX - Légitimisations récentes (après 1974)
X - Troisième dépénalisation, partielle (1980)
XI - Quatrième, et dernière,  dépénalisation en août 1982 : abrogation complète du délit instauré en 1942. Plateforme de 2004.
XII - Ébauche d'une vue d'ensemble des qualifications de l'homosexualité

I - Légitimations antiques et Moyen-Âge :

Voir mon Anthologie de textes grecs et latins de l'Antiquité et du Moyen-Âge, Ces petits Grecs ont un faible pour les gymnases. On peut aussi passer par les pages Platon, Xénophon, Aristote ou Auteurs licencieux grecs et latins, et suivre les liens vers les autres pages.
FOUCAULT : « Le domaine des amours masculines a bien pu être "libre" dans l'Antiquité grecque, beaucoup plus en tout cas qu'il ne l'a été dans les sociétés européennes modernes; il n'en demeure pas moins que l'on voit se marquer très tôt des réactions négatives intenses et des formes de disqualification qui se prolongeront longtemps. »
Michel Foucault (1926-1984), L'Usage des plaisirs, (Paris : Gallimard, 1984, tome 3 de l'Histoire de la sexualité), Introduction, 2, 3.

II - Stigmatisation judéo-chrétienne et lois romaines des IVe et VIe siècles :

Voir ce même Ces petits Grecs ont un faible pour les gymnases. Extraits en ligne : Augustin, Pierre Damien, Albert le Grand , L'AMOUR GREC VU PAR LE DROIT ROMAIN ; et suivre les liens vers les autres pages.


L'AMOUR GREC VU PAR LE DROIT ROMAIN :

CORPUS JURIS CIVILIS : Code + Institutes + Digeste + Novelles, VIe siècle,


Altercation entre Hélène et Ganymède (XIIe siècle).

Vers 1260, le doux recueil de droit coutumier Jostice et Plet prévoyait la castration pour les sodomites délinquants primaires :
" Celui qui est sodomite doit perdre les couilles, et s'il le fait une seconde fois, il doit perdre le membre ; et s'il le fait une troisième fois, il doit être brûlé. " (XVIII, 24, § 22).
Vers 1270, le chapitre 90 des Établissements de Saint Louis disposait :
" Si quelqu'un est soupçonné de bougrerie, la justice doit le prendre et l'envoyer à l'évêque ; et s'il en était convaincu, on devrait le brûler ; et tous ses [biens] meubles sont au baron. " Juste après, venait des dispositions contre les hérétiques. Cité et commenté par Voltaire.
Vers 1285, Philippe de Beaumanoir, jurisconsulte, associait également les crimes d'hérésie et de sodomie :
" Qui erre contre la foi, comme en mécréance, de la quelle il ne veut venir à voie de vérité, ou qui fait sodomiterie, il doit être brûlé ". (Les Coutumes de Beauvaisis, édition par Thaumas de La Thaumassière, 1690, page 149).

Procès de sodomie (du XIIIe au XVIIIe siècles)

Et mon étude actualisée sur L'affaire Lenoir - Diot (Paris, 1750)


III - Légitimisations modernes :


Humanisme : Rabelais et Michel de Montaigne notamment, dont les œuvres contiennent de nombreuses allusions,  amusées ou indulgentes, au sujet ; Libertinage érudit (Théophile de Viau, La Mothe Le Vayer, Molière).


Lumières, sauf Jean-Jacques Rousseau  ; Vauvenargues, Voltaire, Diderot, Naigeon.

Dans M... au lobby gay !, (Paris : Mordicus, 2013), Christian Vanneste cite ainsi Voltaire : " ce vice, mortel pour l'humanité, s'il était général ". La pensée de Voltaire est, comme on pouvait s'y attendre, plus complexe :
« Comment s’est-il pu faire qu’un vice, destructeur du genre humain s’il était général ; qu’un attentat infâme contre la nature, soit pourtant si naturel ? Il paraît être le dernier degré de la corruption réfléchie ; et cependant il est le partage ordinaire de ceux qui n’ont pas encore eu le temps d’être corrompus. Il est entré dans des cœurs tout neufs, qui n’ont connu encore ni l’ambition, ni la fraude, ni la soif des richesses. C’est la jeunesse aveugle qui, par un instinct mal démêlé, se précipite dans ce désordre au sortir de l’enfance, ainsi que dans l’onanisme. » (Dictionnaire philosophique, puis Questions sur l'Encyclopédie)

TALLEMANT DES RÉAUX (1619-1692) :
« On lui [à Mlle de Gournay] a voulu faire accroire qu’elle disait que la fornication n’était point péché ; et un jour qu’on lui demandait si la pédérastie n’était point un crime : "À Dieu ne plaise", répondit-elle, "que je condamne ce que Socrate a pratiqué." À son sens, la pédérastie est louable ; mais cela est assez gaillard pour une pucelle. »
Historiettes, « Mademoiselle de Gournay », Paris : Gallimard, 1960, collection "Bibliothèque de la Pléiade, édition Antoine Adam.

Recueil de pièces choisies..., 1735.

MARQUIS D'ARGENS (??) :
« Messieurs les Antiphysiques se moquent de nos injures et défendent vivement leur goût, en soutenant que leurs antagonistes ne se conduisent que par les mêmes principes qu'eux. "Nous cherchons tous le plaisir", disent ces hérétiques, "par la voie où nous croyons le trouver. C'est le goût qui guide nos adversaires ainsi que nous. Or vous conviendrez que nous ne sommes pas les maîtres d'avoir tel ou tel goût. Mais, dit-on, lorsque les goûts sont criminels, lorsqu'ils outragent la nature, il faut les rejeter. Point du tout : en matière de plaisir, pourquoi ne pas suivre son goût ? Il n'y en a point de coupables. D'ailleurs il est faux que l'antiphysique soit contre nature, puisque c'est cette même nature qui nous donne le penchant pour ce plaisir. Mais, dit-on encore, on ne peut pas procréer son semblable," continuent-ils. "Quel pitoyable raisonnement : Où sont les hommes, de l'un et de l'autre goût, qui prennent le plaisir de la chair dans la vue de faire des enfants." »
Histoire de Madame Bois-Laurier, Thérèse philosophe, J.C. Lattès, 1979 [vers 1748].

DENIS DIDEROT (1713-1784) : « - Bordeu : De deux actions également restreintes à la volupté, qui ne peuvent rendre que du plaisir sans utilité, mais dont l'une n'en rend qu'à celui qui la fait, et l'autre le partage avec un être semblable mâle ou femelle, car le sexe ici, ni même l'emploi du sexe n'y fait rien, en faveur de laquelle le sens commun prononcera-t-il ? » Suite de l'entretien [entre d’Alembert et Diderot], 1769 [publié en 1830].


IV - Résistance aux contrôles de police, Première dépénalisation (1791)


Voir mon opuscule en ligne Les Assemblées de la manchette , notamment sur le nommé Veglay.

Sur la dépénalisation de 1791 :

Un certain tabou entoura l'abrogation de l'ancien droit. Dans son rapport sur le nouveau Code, le 30 mai 1791, le jeune constituant Le Peletier de Saint-Fargeau (1760 - assassiné en janvier 1793 par un royaliste) énuméra quelques uns des "crimes imaginaires" que l'on n'y retrouverait pas, mais ne nomma pas la sodomie. La Chronique de Paris, le journal de Villette, écrivit pourtant le 23 mai 1791 que Le Peletier avait rappelé "tous les prétendus crimes" (1).
La sodomie (mot et chose) ne figura donc pas dans le Code pénal, ni dans la Loi correctionnelle réprimant les infractions mineures ; mais dans cette dernière on trouve un article sur les "actions déshonnêtes" qui fut fortement critiqué le 7 juillet dans la Chronique de Paris, par crainte, disait-on, de quelque arbitraire dans les poursuites sur un tel chef d'inculpation. Le nouveau Code fut adopté le 25 septembre et promulgué le 6 octobre 1791 ; cette réforme fut conservée dans le Code pénal de 1810.

1. L'historien communiste Albert Soboul observe la même discrétion : "u n Code pénal, supprimant tous les délits imaginaires (hérésie, lèse-majesté ...) " dans son Histoire de la Révolution française, Paris : Éditions sociales, 1962.


V - Légitimisations contemporaines :


a) L'ANONYME DE 1868 : « Vous me permettrez de vous écrire quelques lignes pour vous exprimer la sympathie profonde que j'éprouve pour la tâche que vous avez entreprise : l'émancipation d'une classe nombreuse et innocente d'un joug si cruel, des lois injustes et du mépris immérité. Vous méritez, monsieur, les remerciements de tous vos confrères sexuels, surtout de ceux qui se cachent derrière la visière. Il me semble qu'il ne faut que de la capacité et du courage tels que les vôtres pour poser nettement – devant la raison publique [cf Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, 1793, article 22] de tous les pays – les suites logiques de votre appel à l'argumentation, du moins avec la persévérance et l'honorable hardiesse que vous n'avez pas eu peur de montrer. »
Londres, 1er janvier 1868. Lettre en français adressée à K. H. Ulrichs et publiée par lui dans Memnon (1868).

Auteurs : Paul Verlaine, Marc-A. Raffalovitch,

L'ANONYME de 1906 : « Je désirerais former un groupement d'invertis sérieux. – Ce groupement aurait pour but de rechercher tout ce qui serait capable d'améliorer la situation morale de l'inverti, situation qui est toujours si critique à cause de l'isolement forcé, situation qui souvent est la cause de catastrophes intimes. Il est bien entendu que le groupement ne comprendrait que ceux dont la bonne moralité est certaine, bien que son action humanitaire pourrait, par la suite, s'étendre à tous ceux qui ont le désir de rentrer dans la bonne voie. L'œuvre de ce groupement, en plus des avantages intellectuels et moraux qu'elle offrirait à chacun, faciliterait nécessairement l'étude de cette question si importante et d'actualité qu'est la question sexuelle et pourrait contribuer à la découverte et à la pratique de règles d'hygiène physique et morale qui adouciraient le sort cruel légué aux invertis. » Lettre au Dr G. Saint-Paul, vers 1906.

Auteurs français : André Gide, et son Corydon. (publié en mai 1924)

Jean Cocteau, qui publia anonymement Le Livre blanc en 1928.


b ) Publications périodiques :

Trois séries de longs articles (en quelques sorte des pré-revues) dans les Archives d'Anthropologie Criminelle (dont Alexandre Lacassagne fut co-fondateur) :

« Annales de l’unisexualité » en 1897,

« Chroniques de l’unisexualité » en 1907 et 1909.

Akadémos, fondé en 1909 par Jacques Fersen, pour l'article de juillet 1909 :
GUY DEBROUZE : « Il n'est pas de question où n'apparaissent plus curieusement la facticité en même temps que la malice du préjugé anti-charnel que celle de l'homosexualité. [...] L’homosexualité, caractère physique du genus homo, est universellement répandue, comme elle a toujours été connue. Elle n’est pas un ferment nécessaire de décadence puisqu’elle coïncide souvent avec les facultés géniales qui peuvent servir avec le plus d’éclat une société. Elle est, si nous concluons avec [Charles] Darwin et [Karl] Gegenbaur à un ancêtre androgyne des vertébrés, un atavisme, un geste ancestral, vénérable entre tous par son antiquité, une tradition en un mot !
  D’autre part, la qualité parfois éminente des individus chez lesquels ressurgit cet atavisme défend de le classer comme une régression. Que signifie un tel mot du reste quand on ne connaît ni le départ ni l’arrivée ? Savons-nous quelle piste perdue cherche à retrouver la nature ? Donc, auguste par son recul dans le passé, esquissant dans l'avenir le schéma de possibilités qui seront un jour des lois, l'homosexualité n'est pas seulement passionnante pour notre investigation, elle exige notre respect et la révision d'un procès inique. Elle ne relève plus de la criminologie, ni même de la pathologie, mais du droit commun de l’amour libéré. »
" Le préjugé contre les mœurs ", Akadémos, 15 juillet 1909.

Inversions/L'Amitié (1924-1925)

Apparition en novembre 1924 du mensuel Inversions (effet Corydon).



Le numéro 5 et dernier date de mars 1925 ; le premier Cartel des gauches (mai 1924 - avril 1925) n'avait pas tardé à interdire cette publication.


Les premières si l'on ne prend pas en compte trois séries de longs articles, en quelques sorte des pré-revues, dans les Archives d'Anthropologie Criminelle (dont Alexandre Lacassagne fut co-fondateur) :
« Annales de l’unisexualité » en 1897, Voir plus haut, à la date.
« Chroniques de l’unisexualité » en 1907 et 1909.


c) HISTOIRE DE L'AMOUR GREC

Une étude sur l'amour des garçons en Grèce fut publiée par l'allemand M. H. E. Meier en 1837. Une traduction française sous le titre HISTOIRE DE L'AMOUR GREC, longuement annotée et appendicée (pages 185-312), signée "L. R. de Pogey-Castries", vit le jour en 1930 ; elle fut publiée, grâce à l'aide d'André Gide, aux éditions Stendhal, et réimprimée en 1952 et 1980 par Guy Le Prat ;



son auteur était Georges Hérelle (Pougy-sur-Aube, 1848 - Bayonne, 1935), originaire de Pougy le Château (Aube), traducteur de Gabriele D'Annunzio et de Blasco Ibanez, et professeur de philosophie à Vitry-le-François, puis à Évreux et à Bayonne.

Le pseudonyme Pogey-Castries fut identifié, et cette identification est précieuse, comme étant celui d'Hérelle en 1984 par Marc Thibault, peu après la publication du catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Municipale de Troyes. Georges Hérelle était connu de Lucien Herr (bibliothécaire de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, Herr "outé" par Péguy), du poète et critique Amédée Pigeon, de Cahen d'Anvers (ami de Marcel Proust), d'André Gide, de Montherlant et de Roger Peyrefitte. Il a laissé de nombreux manuscrits à cette Bibliothèque Municipale, exploités par certains chercheurs étrangers, ainsi que par Philippe Lejeune dans son article de 1987 Autobiographie et homosexualité en France au XIXe siècle. Voir notamment les mss 3170 à 3172, 3174 à 3178, 3188 (projet de Nouvelles études sur l'amour grec), 3255 à 3258, 3389 à 3405bis. L'ensemble correspond à un vaste projet d'encyclopédie de l'homosexualité masculine.

J'ai publié une lettre de Gide à Hérelle sur ma page FOLIO 2235 (3/3)


HENRI BARBUSSE (1873-1935) : « J'estime que cette perversion d'un instinct naturel, comme bien d'autres perversions, est un indice de la profonde décadence sociale et morale d'une certaine partie de la société actuelle. À toutes les époques les signes de décadence se sont manifestés par des raffinements et des anomalies dans la sensation, dans l’impression et dans le sentiment. La complaisance avec laquelle certains écrivains mettent leur talent délicat au service de questions de cette espèce, alors que le vieux monde est en proie à des crises économiques et sociales formidables, et s’achemine inéluctablement vers le gouffre ou vers la révolution, ne fait pas honneur à cette phalange décadente d’intellectuels. Elle ne peut que renforcer le mépris que la saine et jeune puissance populaire éprouve pour ces représentants de doctrines maladives et artificielles, et tout cela hâtera, je l'espère, l'heure de la colère, et de la renaissance. »
Réponse au questionnaire sur la préoccupation homosexuelle en littérature, Les Marges, n° 141, 15 mars 1926. [En 1930, dans son ouvrage Russie, Barbusse traitait Proust, Cocteau et Gide de « littérateurs de fin d’Empire ».]


MAXIME GORKI (1868-1936) :
« Dans le pays que le prolétariat dirige virilement et avec succès, l'homosexualité [гомосексуализм] qui déprave la jeunesse est considéré comme un crime social et puni comme tel, tandis que dans le pays "cultivé" des grands philosophes, des grands savants et des grands musiciens, il se manifeste librement et impunément. On a déjà composé un slogan sarcastique : "Exterminez les homosexuels – le fascisme disparaîtra. »
La Culture et le peuple, Humanisme prolétarien, 1934. [Œuvres complètes, tome XXVII, page 238 ; texte publié par ailleurs en article dans la presse soviétique de l’époque ; traduit par Cl. C.]


VI - Pénalisations d'août 1942 (avec mineurs) et de novembre 1960 (outrage public à la pudeur)

§ VI / A /
« Sera puni d’un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d’une amende de … 1° Quiconque aura soit pour satisfaire les passions d’autrui, excité, favorisé ou facilité habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au dessous de vingt et un ans, soit pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre nature [termes moyen-âgeux] avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans. » Philippe Pétain, Pierre Laval, Loi n° 744 du 6 août 1942 [J. O. du 27 août 1942, page 2923].
Disposition conservée en 1945 :



Voir l'entrée "Délit d'homosexualité" de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine.

PIERRE ASSOULINE (né en 1953) :

« La loi du 6 août 1942 sur la répression de l'homosexualité ne répondit pas à une initiative politique (généralement attribuée à l'Amiral Darlan [voir plus loin]) mais judiciaire. Il faut savoir que le magistrat Roger Béraud, qui en fut le rédacteur, vit l'une de ses propositions récusée par ses supérieurs au motif qu'elle était contraire aux principes chrétiens : la castration des homosexuels récidivistes ... Mais pour le reste, il s'inspirait des projets de loi antérieurs à l'Occupation, en portant toutefois, et c'est une grande différence, l'âge de la protection de 18 à 21 ans. Ce qui motivait Vichy selon Boninchi (1) ? Là encore, des motifs conjoncturels : la multiplication des camps de jeunesse regroupant des mineurs du même sexe, trop propices selon le législateur aux "initiations mutuelles" (cas de figure pour lequel la loi considérait comme coauteurs le coupable et la victime). Mais la nouvelle loi était tellement tarabiscotée qu'elle revenait à permettre les relations sexuelles avec des adolescents de 13 ans quand ils n'étaient pas du même sexe, mais les condamnait fermement lorsqu'il s'agissait de moins de 21 ans du même sexe. De plus, elle ne faisait pas de différence entre homosexualité masculine et lesbianisme (ce qui n'était pas dans le cas dans les droits anglais et allemands qui ne sanctionnaient pas celle-ci) »

1. Marc Boninchi Vichy et l'ordre moral, Paris : PUF, 2006.
« Retour sur l’ordre moral », http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/ , 22 mars 2006.


§ VI / B /

RAYMOND DRONNE (1908 - 1991) :
« La fonction publique, jusque dans ses rouages les plus importants, est gangrenée par la pénétration communiste. Elle est aussi gangrenée, spécialement dans les plus hauts postes des diverses polices, par des personnages aux habitudes particulières. [...] Il s'agit de ces hommes qui appartiennent à la confrérie actuellement très à la mode des homosexuels. En admettant que vous ayez l'esprit suffisamment large pour ne pas être choqué par des divertissements de cette nature, vous ne devez pas oublier, monsieur le ministre de l'Intérieur [François Mitterrand], que ces sortes de personnages ont des défauts qui les rendent particulièrement vulnérables dans les postes où vous les avez maintenus ou nommés. »
Assemblée Nationale, 2e séance du 3 décembre 1954.

FRANÇOIS MITTERRAND (1916-1996) : « En ce qui concerne les mœurs que vous avez évoquées, si l'un des fonctionnaires placés sous mon autorité a un dossier douteux, je demande qu'on me le communique. Comment voulez-vous que j'accepte que soient ainsi diffamés, attaqués et décriés de hauts fonctionnaires dans lesquels mes prédécesseurs ont eu confiance, qui ont la mienne. » Assemblée Nationale, 2e séance du 3 décembre 1954, réponse au député Dronne.


§ VI / C /

Celle de juillet-novembre 1960 semble bien due à l'influence du psychiatre catholique Marcel Eck : « L'homosexualité paraît prendre actuellement un développement inquiétant, au point que l'on peut parler d'un véritable péril homosexuel. » Parents et éducateurs devant le péril homosexuel, janvier 1960. C'est l'ancien article 330 alinéa 2 de l'ancien Code pénal.

Il y eut d'abord une loi d'habilitation pour la prise d'ordonnances :

Loi n°60-773 du 30 juillet 1960 AUTORISANT LE GOUVERNEMENT A PRENDRE, PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 38 DE LA CONSTITUTION, LES MESURES NECESSAIRES POUR LUTTER CONTRE CERTAINS FLEAUX SOCIAUX


Ce 4° résultait d'un sous-amendement n° 9 proposé par le député Paul Mirguet et adopté lors de la 2e séance du 18 juillet 1960 par l'Assemblée nationale ; le Gouvernement s'en était remis à la sagesse de l'Assemblée.


Je suppose que " l'avis " fut compris " la vie ", d'où les rires.

L’ordonnance du 25 novembre 1960 ajouta à l'ancien article 330 du Code pénal un alinéa 2 prévoyant un doublement des peines maximales encourues pour outrage public à la pudeur « lorsqu'il consistera en un acte contre nature avec un individu de même sexe ». Cette disposition fut abrogée en décembre 1980 (voir plus loin, au § X).

Dans l'ouvrage de Massimo Prearo Le Moment politique de l'homosexualité - Mouvements, identités et communautes en France (Lyon : PUL, 2014), je lis :
" Après l'adoption de la loi pétainiste (1942), maintenue par de Gaulle (1945), imposant une peine plus lourde que celle appliquée pour les comportements hétérosexuels aux auteurs d'actes sexuels dits « contre-nature » avec des mineurs, en 1960 est adopté le fameux amendement Mirguet, qui classe l'homosexualité parmi les fléaux sociaux à combattre (Sibalis, 2002). "
L'auteur attribue à la loi d'août 1942 ce qui relève, non du sous-amendement Mirguet, ni même de la loi d'habilitation d'ordonnances qui le contient, mais de l'ordonnance du 25 novembre 1960 mentionnée plus haut. Je reparle plus loin de cette confusion aux §§ IX / B/ 4) et XI / A /.

Arcadie, la revue (1954-1982) : idéologie légaliste promue par un catholique se disant apôtre de l'ascèse, qui, dans ses revendications, se focalisait uniquement sur l'amendement Mirguet de juillet 1960, acceptant donc implicitement la restriction drastique de Vichy de 1942.

André Baudry, directeur d'Arcadie, réclamait en permanence " l'abrogation de l'amendement Mirguet " qui ne constituait, aussi déplorable qu'il fût (le "fléau social", cf plus haut § VI / b), qu'une étape intermédiaire de procédure parlementaire dans une loi d'habilitation à prendre des ordonnances. En 1974, Arcadie annonça triomphalement, (énorme confusion !) que l'amendement Mirguet était abrogé ...

Loi du 23 décembre 1980 : suppression de la circonstance aggravante instaurée en novembre 1960 dans l'outrage public à la pudeur (article 330, alinéa 2 de l'ancien Code pénal) ; c'est la disposition improprement appelée " amendement Mirguet ".

La loi du 4 août 1982 (après trois rejets par le Sénat) abroge l'article 331 alinéa 2 du Code pénal

Cette abrogation en 1982 d'une disposition issue du régime de Vichy fut parfois saluée comme l'abrogation de l'amendement Mirguet de juillet 1960. Cette confusion, déjà apparue en 1974, et ressurgie en 2014, a sans doute comme cause, du côté d'Arcadie, le désir de minimiser les méfaits de la collaboration, et du côté de la gauche de masquer le fait que la disposition issue du sous-amendement Mirguet fut abrogée par le gouvernement Barre-Giscard en 1980 et non ultérieurement par la gauche.


VII - Légitimisations récentes - 1

VII / a) Auteurs :

Roger Peyrefitte : Les Amitiés particulières, 1944 ; Notre amour, 1967. La Muse garçonnière, 1973.

Marcel Jouhandeau : Corydon résumé et augmenté, 1951.

Daniel Guérin (1904-1988) : Eux et lui, Monaco, : Éditions du Rocher, 1962. Rééd. Question De Genre/GKC, 2000.
Articles dans la revue La Nef sur la répression de l'homosexualité en France (1958) et en Angleterre (1957).

Jean-Louis Bory : Ma Moitié d'orange, et un ouvrage en collaboration avec Guy Hocquenghem ; voir l'Introduction de mon DFHM. Je l'avais rencontré chez lui, rue Séguier.

Yves Navarre, ses romans.

Dominique Fernandez : notamment son roman en partie autobiographique L'Étoile rose, Paris : Grasset, 1978.


VII / b) Journaux et organisations :  

En 1949, la loi Lecourt/Moch 49-956 du 16 juillet 1949 va permettre l'interdiction à l'affichage de plusieurs publications homo, ceci jusque vers la fin des années 1970.

Futur (1952-1955 ou 56) : déplore vigoureusement la disposition du régime de Vichy d'août 1942, conservée en 1945 par un gouvernement de gauche.

Claude Mosset : « Un journal [Futur] qui défend et exalte l'homosexualité au nom de la liberté absolue de la personne humaine et de la liberté des pratiques sexuelles est un journal dont les fins sont contraires à la morale admise. Même s'il conserve un ton digne et s'il fait appel à des bases scientifiques, il présente, en raison des thèses mêmes qu'il défend, un danger pour la jeunesse. Le requérant [Jean Thibault] argue du fait que son journal ne peut être regardé comme licencieux parce qu'il conserve un caractère sérieux et une expression décente. Nous ne saurions admettre une interprétation aussi étroite du mot licencieux. Ce mot couvre non seulement ce qui est contraire à la décence, mais encore ce qui est déréglé. L'homosexualité, c'est de la licence. Faire l'apologie de ce vice, c'est se montrer licencieux. » Conclusions du commissaire du Gouvernement, Conseil d'État, 1956.

Arcadie, la revue (1954-1982) : idéologie légaliste promue par un catholique se disant apôtre de l'ascèse, qui, dans ses revendications, se focalisait uniquement sur l'amendement Mirguet de juillet 1960, acceptant donc implicitement la restriction drastique de Vichy de 1942.
Nonobstant, cette revue est une source très précieuse sur la pensée des homosexuels et de leurs amis à cette époque, surtout pour la période 1957-1970 où elle avait le monopole de cette expression. Le nom de cette revue fut suggéré par Roger Peyrefitte.
À l'abonnement à cette revue était associé le fonctionnement d'un club, dit, par discrétion, " Club littéraire et scientifique des pays latins (CLESPALA) ".

Table des articles d'Arcadie

Olympe, mensuel, en kiosques depuis 1968.

FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire, 1971-1973) : j'ai fréquenté les réunions (et parfois plus) de ce vaste groupe à l'École des Beaux-Arts, rue Bonaparte, à Paris VIe, pendant sa deuxième année d'existence, 1972-1973. On y voyait le normalien et écrivain Guy Hocquenghem, surnommé Superstar. Daniel Guérin me raconta qu'il s'y était fait agresser par des "folles".

* * * * *

Dr Romain Liberman : « Fréquente dans les amitiés masculines de longue date, l'homosexualité prend souvent comme point de départ les jeux de groupe où dominent la rivalité et la compétition, qui s'expriment dans la comparaison des organes virils et la probation éjaculatoire. Généralement, ces pratiques se font sans investissement affectif, et restent sans lendemain. Quelquefois, la relation homosexuelle se double d'une relation amoureuse, plus souvent d'ailleurs entre un adolescent et un enfant, et demande alors à être contrôlée avec "doigté" et perspicacité. La plupart du temps cette activité homosexuelle ne dure que l'espace d'un moment et la vacillation dans l'hétérosexualité doit se faire sans problèmes. » "L'homosexualité clinique", Libertés médicales, n° 10, octobre 1971. (Extrait d'un tiré à part reçu de l'auteur en 1975).

Pierre Juquin (né en 1930) :
« La couverture de l'homosexualité ou de la drogue n'a jamais rien eu à voir avec le mouvement ouvrier. L'une et l'autre représentent même le contraire du mouvement ouvrier. » Le Nouvel Observateur, 15 mai 1972.
Cette prise de position très forte d'un membre important du P.C.F. eut au moins le mérite d'introduire rapidement la question homosexuelle dans le champ politique de l'ère Pompidou. Il en résulta une réaction d'homosexuels communistes qui en 1974-75 se manifestèrent par la création de groupes de libération homosexuelle (GLH). Mais au lieu de s'en tenir à la satisfaction de la liberté obtenue (les termes moyen-âgeux et chrétiens "impudique" et "contre nature" sortent enfin du Code pénal en 1982), le lobby gay, depuis LGBT, a cru devoir se lancer dans une surenchère égalitariste (demande de pacs, droit au mariage, à l'adoption et à la PMA, reconnaissance de prétendus "changements" de sexe) qui me semble déplacée, l'homosexualité relevant à mon sens davantage de la liberté et de l'amitié (" poussée à l'extrême " écrivait Platon dans ses Lois ...) que de la conjugalité et de l'égalité des droits des couples. Voir mon article : Mariage homo ...


VIII - Deuxième dépénalisation (partielle) : 1974 :
restriction du champ du délit instauré en 1942

La révision du seuil de "consentement homo" instauré en 1942 ; élevé alors de 13 à 21 ans, il fut abaissé à 18 ans par le président Valéry Giscard d'Estaing, en harmonisation avec la nouvelle majorité civile ; voir le I de l'article 15 de la loi du 5 juillet 1974 modifiant notamment l'article 388 du Code civil).


IX - Légitimisations récentes -2

GLH parisiens, trois groupes dont le premier créé en 1974 sous le nom de Philandros par Jean-Paul Amouroux (alors étudiant à Nanterre), en partie grâce à des membres ou anciens membres du club Arcadie et de son groupe de jeunes, en partie avec des "anciens" du FHAR.

Ouvrage paru en 2015

IX / A / Aleph/CIDH 1975 :

IX / A 1) " Centre d'Information et de Documentation sur l'Homosexualité (CIDH)
Avant les scissions de décembre 1975 en plusieurs tendances des Groupes de Libération Homosexuelle (GLH) ; Claude Courouve a co-fondé en 1975, l'Association Laïque pour l'Étude du Problème de l'Homosexualité (ALEPH) pour lutter contre la sous-information de l'homosexualité.. Un des buts était de clarifier la situation juridique des homosexuels pour tout le monde, et notamment pour les partis politiques, et pas seulement pour le milieu homosexuel.
En 1977, l'ALEPH est devenu le Centre d'Information et de Documentation de l'Homosexualité (jusqu'en 1981). Les documents envoyés à la presse, sont documentés :
- d'indications bibliographiques,
- de références bibliques des passages qui évoquent ou condamnent l'homosexualité...
- de nombreux courriers (de l'époque) aux dirigeants de l'État [en vue de la légalisation complète de l'homosexualité, obtenue en 1982].
Aujourd'hui, le site Kademos (voir ci-dessous [site de Jacques Girard, mort depuis, le site, pas JG]) publie certains documents, notamment les courriers (de l'époque) aux dirigeants de l'État ...
Catalogue des livres sur l'homosexualité édités par Claude Courouve : http://www.courouve.com/ [Site mort]. "
http://www.archiveshomo.info/annuaire/france.htm

IX / A 2) J'avais en effet créé en 1975 cette association avec Louis Mallet, rencontré via une petite annonce d'Actuel ;  nous n'étions pas membres des GLH parisiens, mais avions assisté à quelques unes de leurs réunions. Je étais alors abonné à la revue Arcadie. Par la suite  Robert Kozérawski, Jean-Pierre Lévêque et le biologiste Jean-Claude Feray se sont joints à nous ; Jean-Claude Feray a depuis fait des recherches très pointues sur Kertbeny (qui en 1868-69 créa en allemand les néologismes homosexual et Homosexualität) et Robert Kozérawski s'étais investi pendant plusieurs années dans l'association Lusogay.

   J'étais alors en relations avec des universitaires militants américains (Bob Roth, Wayne R. Dynes), et anglais (de l'association Campaign for Homosexual Equality, notamment Peter Ashman), et abonné au périodique anglais Gay News. Mon activité professionnelle consistait en cours particuliers de maths et de physique, après cinq années (1966-1971) à plein temps dans l'Éducation nationale en Île-de-France comme enseignant en math., notamment à L'Isle Adam. Activité qui entraîna une suspicion bien infondée de pédophilie, d'où enquête de voisinage, visite à domicile d'un policier, convocation au 36, quai des Orfèvres, et fichage par les Renseignements généraux (fiches assez creuses que j'ai pu consulter, à deux reprises, au siège parisien de la C.N.I.L.)


IX / B / Désinformations qui m'irritaient :

IX / B / 1 ) Le Monde annonça que l'Association Psychiatrique Américaine avait modifié sa définition psychiatrique de l'homosexualité, alors que le changement avait consisté à retirer purement et simplement l'homosexualité de la liste des pathologies ; cela fut très dur d'obtenir une rectification ; j'ai dû faire intervenir un psychiatre américain.
ASSOCIATION PSYCHIATRIQUE AMÉRICAINE : « L’homosexualité en elle-même et par elle-même n’impliquant aucune altération dans le jugement, la stabilité, l’honnêteté, ou les capacités professionnelles, qu’il soit donc déclaré que l’Association Psychiatrique Américaine déplore toutes les discriminations publiques et privées envers les homosexuels dans des domaines tels que l’emploi, le logement, l’habitation collective, les patentes, et déclare qu’aucune exigence de discernement, de capacité ou d’honnêteté supérieure à ce qui est demandé aux autres personnes ne devrait être imposée aux homosexuels. » Communiqué du 15 décembre 1975 [ma traduction].

2 ) Lors du lancement du mensuel commercial Homo en 1975 (mensuel auquel j'ai collaboré), Bruno Frappat, journaliste au Monde (ensuite directeur à La Croix, et que j'avais rencontré avec Louis Mallet à l'ancien siège du Monde, 5 rue des Italiens) fut bien sarcastique dans un de ses articles : " On aura très vite fait le tour de la question ", comme si l'homosexualité était un non-sujet ; c'est ce que j'appellerais l'homophobie négative.

3) Arcadie se faisait passer pour une association alors que c'était d'abord une revue mensuelle, créée en 1954 sans comité de rédaction, doublée d'un club réservé à ses abonnés, créé en 1957 sous le régime SARL, " CLESPALA ", Club littéraire et scientifique des pays latins, dont André Baudry était autocratiquement et juridiquement le gérant (information vérifiée auprès du Tribunal de commerce de Paris).

4) André Baudry, directeur d'Arcadie, réclamait en permanence " l'abrogation de l'amendement Mirguet " qui ne constituait, aussi déplorable qu'il fût (le "fléau social", cf plus haut § VI / b), qu'une étape intermédiaire de procédure parlementaire dans une loi d'habilitation à prendre des ordonnances.

Les deux dispositions dont on pouvait pertinemment, dans les années 1970, exiger l'abrogation étaient l'article 330 alinéa 2 du Code pénal, créé par ordonnance en novembre 1960 (aggravation des peines en cas d'outrage public à la pudeur en situation homosexuelle) - et surtout l'article 331 alinéa 3 du même Code pénal, hérité de Vichy. Au Parti Socialiste, les idées n'étaient pas plus claires là-dessus que dans les GLH ; ils souscrivaient à la revendication du père Baudry, sans davantage vérifier ni se documenter. En 1974, Arcadie annonça triomphalement, (énorme confusion !) que l'amendement Mirguet était abrogé ...

5) Les actions de cette association ALEPH ont dû commencer en 1975, année de la déclaration de l'association, première association française déclarée dans ce domaine, sauf erreur.

Courriers à tous les partis politiques, comme le faisait déjà le directeur d'Arcadie, mais avec une argumentation documentée et invoquant, à la suite de Daniel Guérin, les arguments de laïcité, et de liberté sexuelle comme nécessaire contrepoids à la liberté religieuse. Selon Alexandre Marchant, ma correspondance avec Daniel Guérin est conservée à la B.D.I.C.

Je n'avais jamais eu d'engagement militant durable dans un parti politique, considérant d'un côté qu'ils avaient tous plus ou moins leur part de vérité et de l'autre que la culture, stricto sensu, scientifique, juridique, littéraire ou philosophique, est bien plus intéressante et utile que la politique politicienne. Par ailleurs le mode de fonctionnement des partis que j'avais un peu fréquentés ne me proposait aucune place au rôle que j'y envisageais (contribution à l'élaboration des programmes.



- Enquête auprès d'une soixantaine de psychiatres parisiens et rennais ayant répondu (sur 250 questionnaires envoyés). Questions sur le statut de l'homosexualité (maladie, perversion, anomalie, ou variante) et sur le traitement éventuel. Résultats publiés dans Homo en 1975 . Parmi les réponses, celle du Professeur Henri Baruk (1897-1999) : « L'homosexualité est en voie de développement en grande partie sous l'influence des idées psychanalytiques. Elle représente un danger pour les sociétés. Elle doit être soignée. »

- Documentation historique et lexicographique, la deuxième encouragée par l'article inaugural " Anti-rôle " de l'instituteur Dominique Robert (mort du sida vers 1990) dans le n° 3 de la revue Dérive.

- Obtention de la preuve, par simple consultation de l'Annuaire téléphonique interne de la Préfecture de police de Paris par un adhérent qui y travaillait, de l'existence au sein de celle-ci d'un  "Groupe de contrôle des homosexuels " ; émanation bien lointaine de la " sous-brigade des pédérastes " (sic) des années 1870, alors dirigée par l'agent Rabasse.

Vers 1976, j'avais rencontré des Jeunes Socialistes ; ils m'avaient alors dit qu'ils répugnaient à défendre la cause de l'homosexualité parce que, selon eux, les homos étaient généralement de droite...

COMITÉ POUR UNE CHARTE DES LIBERTÉS : « L'homosexualité est un comportement sexuel comme les autres. Elle est une des expressions de la liberté fondamentale du corps. L'homosexualité ne doit entraîner sous aucune forme une inégalité ou une discrimination quelconque. » Liberté, libertés, Réflexions du comité pour une charte des libertés animé par Robert Badinter, préface de François Mitterrand, Paris : Gallimard. 1976. [Sans doute une réaction aux démarches d'André Baudry].

HENRI CAILLAVET (1914-2013) : « La réprobation liée aux risques de sanctions pénales a fortement contribué à la marginalisation et à l'isolement des homosexuels, la répression pénale ayant ainsi un effet exactement inverse au but de dissuasion recherché. » Proposition de loi (exposé des motifs), décembre 1978.

DIDIER BARIANI : « Le Parti Radical-Socialiste demeure traditionnellement et fondamentalement attaché au respect des libertés individuelles. Malheureusement, l'émergence de nouvelles formes de délinquance juvénile fait apparaître qu'en dépit de l'évolution des mentalités, la protection des mineurs est encore une nécessité pour l'équilibre de notre société. » Lettre au président du Centre d'Information et de Documentation sur l'Homosexualité, 1er juillet 1980.

   Ce travail de documentation de l'Aleph/CIDH, motivé par la déficience des GHL au niveau intellectuel, attira longtemps l'attention de diverses personnes, homosexuelles ou non, dont Michel Foucault à qui j'avais communiqué (vers 1978) des documents d'archives sur des procès de sodomie du XVIIIe siècle ; le pasteur Joseph Doucé ; Bertrand Boulin, (fils de l'ancien ministre, décédé en 2002) ; l'écrivain Dominique Fernandez ; l'écrivain Roger Peyrefitte, à qui j'avais communiqué à sa demande, pour sa biographie de Voltaire, un extrait inédit des archives de la police parisienne dans la première moitié du XVIIIe siècle ("le grand mémoire", aujourd'hui publié dans mon opuscule Les Assemblées de la manchette) ; Philippe Lejeune (voir son article dans la revue Romantisme, 2e trimestre 1987). De même Daniel Guérin, dont je fit publier le texte « Plutarque et l’amour des garçons »  dans Dialogues homophiles, numéro 2, mars 1978, et que j'avais interviewé pour le mensuel Homo 2000 en 1979.

Les réactions à ce travail associatif ne sont pas facilement distinguables de celles à mon premier ouvrage Les Homosexuels et les autres (Paris : Athanor, 1977) :
" Vous trouverez tout dans ce livre qui est sérieux et bourré d'informations. " (Charlie Hebdo)
" Un intéressant document sur l'évolution des esprits [...] utile à ceux qui animent des groupes d'éducation sexuelle avec des adolescents. " (L'École des parents)
   La même année fut publié, en collaboration avec Pierre Fontanié (collaborateur régulier d'Arcadie et adhérent indélicat du C.I.D.H.) et Jean-Pierre Lévêque, un " Glossaire des homosexualités ", en tant que publication du "Centre d'information Aleph". Opuscule que j'ai développé sous le titre Vocabulaire de l'homosexualité masculine (Paris : Payot, 1985)

Pendant toute cette période, un certain nombre de travaux universitaires furent effectués, dont je n'ai eu connaissance que plus tard, pour la plupart d'entre eux.

CUARH : je n'ai pas rassemblé de documentation sur cette association dont je n'étais pas membre, d'autres ont dû certainement s'en charger.

IX / B 2) La fin de mon activité associative est liée à un incident grave relativement à une réponse du président Valéry Giscard d'Estaing.

   Peu avant la campagne présidentielle de 1981, j'avais écrit à V. Giscard, au nom du C.I.D.H., pour lui exposer l'argumentation en faveur de l'abrogation du nouvel article 331 alinéa 2 ; il m'avait fait une réponse en partie favorable, en partie défavorable, disant, si je me souviens bien, qu'il était opposé à toute discrimination à l'égard des homos, mais que la disposition contestée lui semblait justifiée par la nécessité de protéger les mineurs civils de plus de 15 ans. Je fis la bêtise de communiquer cette réponse à un adhérent du Var (Saint-Raphaël), Pierre Fontanié (auteur de plusieurs articles dans la revue Arcadie), qui, sans m'en avertir, en avait  envoyé copie à Homophonies qui n'.vaita publié qu'une partie de cette lettre, la partie défavorable, sans même indiquer que ce qui était publié n'était une partie seulement de la réponse du Président de la République.

   Je fus alors profondément écœuré par une telle mauvaise foi (cf le dialogue des « représentants de commerce du Peuple » de Jacques Prévert : « – Qu’est-ce que cela peut faire que je lutte pour la mauvaise cause puisque je suis de bonne foi ? – Et qu’est-ce que cela peut faire que je sois de mauvaise foi puisque c’est pour la bonne cause ? », Spectacle, 1949), mais aussi je me sentais personnellement responsable vis-à-vis de Giscard de l'utilisation malveillante faite de sa réponse. Là-dessus sont arrivés la marche du 4 avril et tout l'activisme des mouvements homos orientés à l'extrême gauche, le slogan-tract « Les homos contre Giscard », etc.

   Ce n'est pas que je fusse particulièrement giscardien à l'époque ; au 1er tour de 1981 j'ai même voté Mitterrand (pas au second, car je pressentais alors qu'il allait gouverner avec des ministres communistes).

   Le comportement de ce membre (socialiste) du C.I.D.H., Pierre Fontanié, m'avait profondément déçu et j'ai alors décidé de revenir à autre chose, mes intérêts philosophiques anciens et des recherches académiques à la Bibliothèque nationale, précédés de mon travail pour le Vocabulaire de l'homosexualité masculine (Payot, 1985)..

IX / B 3) Publications homos depuis les années 1968 : ArcadieOlympe, In ; Homo, Nouvel Homo ; Dialogues homophilesGaie France, Gai Magazine, Gai PiedGaie PresseHomo 2000, Homophonies, Incognito-Magazine, In-MagazineMasquesSamouraïTêtu, etc. En gras, celles auxquelles j'ai donné un ou plusieurs articles (parfois les mêmes ...). Pour Gai Pied, un seul article, sur le livre de Rudolf Maurer André Gide et l'URSS., Berne : Tillier, 1983 ; pour Masques, trois je crois ; pour les autres, je ne sais plus combien. J'étais rédacteur de Homo 2000 et simple collaborateur ailleurs.

Gai Pied, mensuel puis hebdomadaire, a paru d'avril 1979 à 1992.
(Merci à Louis Mallet)


Le malveillant Roméo Isarte n'en retient que ma contribution occasionnelle à Gaie France... L'essentiel de la matière de ces articles est passé, avec de nombreux compléments, dans mes publications ultérieures et sur mon blog La Connaissance ouverte et ses ennemis.


Mes publications (la plupart en auto-édition) :

L'Affaire Lenoir-Diot, Paris, C. Courouve, 1980
ISBN 2-86254-001-9 (erroné). Version augmentée en ligne.

Voltaire (1694-1778)
L'Amour socratique / Voltaire ; présenté et annoté par Claude Courouve
Paris : C. Courouve,  1994
ISBN 2-86254-017-X (br.) : 20 F
2e éd., 1999
ISBN 2-86254-024-2 (br.) : 25 F
[Nouv. éd.]
La Ciotat (Résidence La Calanque, 13600) : C. Courouve, 2002
ISBN 2-86254-031-5 (br.) : 6 EUR. Version augmentée en ligne :
VOLTAIRE : L'AMOUR SOCRATIQUE

Les Gens de la manchette, 1720-1750 / [textes réunis et présentés par] Claude Courouve
Paris : C. Courouve, 1978
ISBN 2-86254-004-8 (Br.) : 7,50 F
Les Assemblées de la Manchette : documents sur l'amour masculin au XVIIIe siècle.
1987,  34 pp.
ISBN 2-86254-014-5
Les Assemblées de la Manchette : documents sur l'amour masculin au XVIIIe siècle et pendant la Révolution
Nouv. éd.
Indice de l'Histoire de France :  LL 310-5 = 1700-1800
ISBN 2-86254-018-8 (br.) : 40 F
Les Assemblées de la manchette / [Claude Courouve]
2000, 18 pp.
ISBN 2-86254-026-9 (br.) : 60 F. Revu et augmenté dans http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2014/08/les-assemblees-de-la-manchette-12.html

Bibliographie des homosexualités
Paris : C. Courouve, 1977, 12 pp.
ISBN 2-86254-005-6 (Br.) : 4,50 F
Nouvelle édition 1978.
ISBN 2-86254-003-X (Br.) : 9 F. Voir plus loin, Fragments 4 et 5.

Contre nature ?
Paris : C. Courouve, 1981
ISBN 2-86254-009-9 (Br.). Son contenu a été intégré aux articles "Contre nature" et "Délit d'homosexualité" de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (réédition électronique augmentée du Vocabulaire de 1985).

Les Flammes de Sodome : opinions variées sur l'amour homosexuel masculin
Paris : C. Courouve, 2001
24 pp.
ISBN 2-86254-028-7 (br.) : 10 EUR : 66 F
Les Flammes de Sodome : opinions variées sur l'amour homosexuel masculin
2e éd. augmentée 2004, 54 pp.
ISBN 2-86254-033-1 (br.) : 10 EUR. Repris partiellement dans mon DFHM.

Fragments : Adam, Aletrino, Allendy, Barthes...
Paris : C. Courouve, 1980, 11 pp.
Collection Archives unisexuelles
ISBN 2-86254-006-4 (Br.)
Autre auteur : Kozérawski, Robert . Éditeur scientifique
Sujet(s) :  Homosexualité -- Citations, maximes, etc.
Fragments. 2 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1980
ISBN 2-86254-007-2 (Br.)
Fragments. 3 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1981
Autre auteur : Kozérawski, Robert . Éditeur scientifique
ISBN 2-86254-008-0 (Br.)
Fragments. 4 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1981
En appendice, "Bibliographie des homosexualités", 3e édition, 1, 1478-1881.
ISBN 2-86254-011-0 (Br.)
Fragments. 5 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1981
Précédé de : "Bibliographie des homosexualités", 3e éd., 2, 1882-1924.ISBN 2-86254-012-9 (Br.)

Centre d'information Aleph (Paris)
Glossaire des homosexualités / Aleph ; [rédigé par Claude Courouve, Pierre Fontanié et Jean-Pierre Lévèque]
Paris : Centre d'information sur l'homosexualité Aleph, 1978
ISBN 2-902681-03-8 (Br.)

Homosexualité, Lumières et droits de l'homme ; suivi de L'affaire de Lenoir et Diot
Paris : C. Courouve, 2000, 18 pp.
ISBN 2-86254-025-0 (br.) : 30 F
http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2014/08/laffaire-de-lenoir-et-diot-paris-1750.html

Les Homosexuels et les autres
Paris : Éditions de l'Athanor, 1977
Collection Une Enquête de...
Bibliographie pp. 147-148
ISBN 2-7051-0300-7 (Br.) : 30 F

Jupiter et Ganymède : notes sur la pédophilie et les seuils de consentement
Paris : C. Courouve, 2002
10 pp. : couv. ill. ; 30 cm
ISBN 2-86254-032-3 (br.) : h. c.
http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2009/10/notes-sur-la-pedophilie-et-les-seuils_6962.html

Les Origines de la répression de l'homosexualité
Paris : C. Courouve, 1978
Collection :  Collection Archives des homosexualités
Collection Archives des homosexualités
Bibliographie pp. 15-16
ISBN 2-86254-000-5 (Br.) : 6 F

Tableau synoptique de références à l'amour masculin : auteurs grecs et latins
Paris : Courouve, 1986
ISBN 2-86254-013-7 : 64 F
Ces Petits Grecs ont un faible pour les gymnases : l'amour masculin dans les textes grecs et latins, Nouvelle édition
Paris : C. Courouve, 1988

Repères / C. Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1980
ISBN 2-86254-002-1 (Br.)
Homosexualité -- Chronologie
Presse homosexuelle -- France -- 1970-....

Vocabulaire de l'homosexualité masculine
Paris Payot, 1985.Collection :  Langages et sociétés, ISSN 0399-8665
ISBN 2-228-13650-6 : 99 F.Voir mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (réédition électronique augmentée du Vocabulaire).



X - Troisième dépénalisation, partielle (les deux premières étant celles de 1791 et 1974) 


Loi du 23 décembre 1980 : suppression de la circonstance aggravante instaurée en novembre 1960 dans l'outrage public à la pudeur (article 330, alinéa 2 de l'ancien Code pénal) ; c'est la disposition improprement appelée " amendement Mirguet ". Voir le V de l'article 1er.


Mais la disposition de l'article 331, qui réprimait l'homosexualité pratiquée avec un partenaire en dessous de l'âge de 18 ans (depuis 1974), reste maintenue avec l'aval du Conseil constitutionnel ; elle passe en alinéa 2 (au lieu de alinéa 3). Voir le III de l'article 1er de la Loi 80-1041 du 23 décembre 1980.

Cette disposition est maintenue dans les termes d'Ancien régime ("impudique", "contre nature") qu'avaient introduit le régime de Vichy.

CONSEIL CONSTITUTIONNEL :
«
1. Considérant qu'en vertu du premier alinéa de l'article 331 du code pénal, tel qu'il résulte de la loi soumise à l'examen du Conseil constitutionnel, tout attentat à la pudeur commis ou tenté sans violence ni contrainte, ni surprise sur la personne d'un mineur de quinze ans est pénalement réprimé ; que le second alinéa du même article prévoit aussi une sanction pénale à l'encontre de la personne qui aura commis un acte impudique ou contre nature avec un mineur de dix-huit ans lorsqu'il appartient au même sexe ; que, selon les auteurs de la saisine, les dispositions de ce second alinéa auraient pour effet de porter atteinte au principe d'égalité devant la loi tant "entre les délinquants" qu'"entre les victimes" ; [...]
4. Considérant que la loi relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs peut, sans méconnaître le principe d'égalité, distinguer, pour la protection des mineurs, les actes accomplis entre personnes de même sexe de ceux accomplis entre personnes de sexes différents. »Décision 80-125 DC du 19 décembre 1980 qui valida donc le maintien de cet article 331 alinéa 2.

Ma petite publication de 1981, Contre nature ?, est épuisée et n'a pas été rééditée. Son contenu a été intégré aux articles "Contre nature" et "Délit d'homosexualité" de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (réédition électronique augmentée du Vocabulaire de 1985).


XI - Quatrième, et dernière,  dépénalisation en août 1982 : abrogation complète du
délit instauré en 1942 :

 XI / A / ROBERT BADINTER (né en 1928) :
« Chacun de nous est libre de critiquer ou d'approuver l'homosexualité, chacun est libre de choisir ou de ne pas choisir tel ou tel comportement sexuel ; cela relève du choix intime de la personne ; plus ce choix est intime, plus il est secret et mieux cela vaut. »
Sénat, séance du 5 mai 1982, Journal Officiel [Débats Sénat], page 1634. [Par la suite, Badinter approuva la loi Halde de décembre 2004 qui introduisait la notion de propos discriminatoires à l'égard des homos et qui permit des condamnations à l'égard du député Vanneste, condamnations cependant heureusement annulées en cassation. Cette loi fut suivie d'un renforcement de la reconnaissance de l'homosexualité sous la forme de l'extension du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe (loi Taubira de 2013).

La loi du 4 août 1982 (après trois rejets par le Sénat) abroge donc l'article 331 alinéa 2 du Code pénal. L'opposition RPR ne dépose alors pas de recours auprès du Conseil constitutionnel.

Cette abrogation en 1982 d'une disposition issue du régime de Vichy fut parfois saluée comme l'abrogation de l'amendement Mirguet de juillet 1960. Cette confusion, déjà apparue en 1974, et ressurgie en 2014, a sans doute comme cause, du côté d'Arcadie, le désir de minimiser les méfaits de la collaboration, et du côté de la gauche de masquer le fait que la disposition issue du sous-amendement Mirguet fut abrogée par le gouvernement Barre-Giscard en 1980 et non par la gauche.

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XI / B / Mon objectif majeur de dépénalisation étant obtenu, et ne voyant pas l'utilité d'autres actions, je ne suis plus intervenu dans le champ militant de l'homosexualité, me consacrant à la préparation de mon Vocabulaire, mis à part, poussé par Alain Leroi (qui collabora comme moi au magazine Gaie France), une participation occasionnelle au lieu associatif parisien L'Escargot, dans le 11e. Ce lieu comportait une petite bibliothèque, tenue par Michel Meignez de Cacqueray, à laquelle j'ai fait don d'un certain nombre d'ouvrages français et étrangers. Maurice Lever et moi-même y furent reçus pour parler de nos ouvrages parus en 1985, Les Bûchers de Sodome et le Vocabulaire ... On y rencontrait des membres du GAGE, Groupe achrien (terme inventé par Renaud Camus) des grandes écoles, le journaliste et écrivain Frédéric Martel (alors sous le pseudo de Frédéric Letram). Je n'ai jamais su (ou je ne me souviens pas) si ce lieu avait un directeur, et dans l'affirmative qui il était.



Small Blowjob - Cornelius Mc Carthy
 

Tentative infructueuse de rétablir le délit d'homosexualité
en mai 1991 par l'opposition de droite :

Voir le post sur ce sujet. Il s'agit des débats au Sénat en mai et octobre 1991.

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Plateforme pour l’égalité des droits LGBT (Le Monde, 25 mars 2004)

Plateforme élaborée sous la direction de Daniel Borrillo et Didier Éribon ; l'état d'avancement de cette plateforme est à la fois impressionnant, par son quasi-achèvement en un peu plus d’une décennie, et inquiétant par les bouleversements peu réfléchis introduits dans notre société.

" L’homophobie, la lesbophobie et la transphobie tuent : égalité des droits

1 La modification de l’article premier de la Constitution, assurant l’égalité des citoyen(ne)s sans distinction d’origine, de race ou de religion, pour y ajouter la notion d’égalité sans distinction de sexe, d’orientation sexuelle, d’identité de genre [version post-moderne du "troisième sexe"].

2 La condamnation des discriminations basées sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre de la victime au même titre que le sont celles liées au racisme ou à l’antisémitisme.
[Obtenu pour l'identité sexuelle par l'article 4 de la première loi Taubira, loi 2012-954 du 6 août 2012 qui modifie une quinzaine de dispositions du Code pénal. Et pour l'identité de genre, qui y remplace l’identité sexuelle, par l’article 225-1 du Code pénal tel que modifié par l’article 86 de la loi Urvoas  2016-1547 du 18 novembre 2016.
Les articles 170 et 171 de la loi Urvoas n° 2017-86 “ Égalité et citoyenneté “ du 27 janvier 2017 remplacent l’identité sexuelle par l’identité de genre dans plusieurs articles du Code pénal et de la loi sur la liberté de la presse.
" Considérant 89. Les dispositions contestées substituent, dans les articles 24, 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881, les termes d'« identité de genre » à ceux d'« identité sexuelle ». Elles ajoutent ainsi à l'interdiction des discriminations liées au sexe et à l'orientation sexuelle celles liées à l'identité de genre. Il résulte des travaux parlementaires qu'en ayant recours à la notion d'identité de genre, le législateur a entendu viser le genre auquel s'identifie une personne, qu'il corresponde ou non au sexe indiqué sur les registres de l'état-civil ou aux différentes expressions de l'appartenance au sexe masculin ou au sexe féminin. Les termes « identité de genre », qui figurent d'ailleurs à l'article 225-1 du code pénal dans sa version issue de la loi du 18 novembre 2016 mentionnée ci-dessus, sont également utilisés dans la convention du Conseil de l'Europe du 12 avril 2011 et dans la directive du 13 décembre 2011 mentionnées ci-dessus. Dans ces conditions, les termes d'« identité de genre » utilisés par le législateur sont suffisamment clairs et précis pour respecter le principe de légalité. Le grief tiré de la méconnaissance du principe de légalité des délits et des peines doit être écarté. "
La loi " Égalité et citoyenneté " introduit la notion d' " identité de genre " dans 3 articles du Code pénal (132-77, 222-13 et 226-19), 4 articles de la loi sur la liberté de la presse (24, 32, 33 et 48-4), 5 articles du Code de procédure pénale (CPP) et 2 articles du Code des sports (L. 1321-3 et L. 1441-23).
Rappel : « La ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement, a présenté les principes du programme d'actions contre les violences et les discriminations commises à raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre que le Premier ministre l'a chargée d'élaborer début septembre. […] 3. agir contre les discriminations au quotidien : l'Etat se mobilisera contre les discriminations dans l'emploi, dans le secteur public et le secteur privé. La charte de l'égalité dans la fonction publique fera l'objet d'une révision dans le cadre de l'agenda social, mettant en avant les valeurs du service public et de la fonction publique. Dans ce cadre, l'égalité des droits et la lutte contre les discriminations commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre seront réaffirmées. » (Communiqué du Conseil des ministres du 31 octobre 2012)]

3 La pénalisation des propos discriminatoires (injures, diffamation, incitation à la haine) sexistes, homophobes, lesbophobes et transphobes, au même titre que le sont les propos racistes ou antisémites. [Obtenu pour les propos dits homophobes et discriminatoires par le titre III de la loi Halde n° 2004-1486 du 30 décembre 2004]

4 La mise en place d’une politique efficace de prévention de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie et du sexisme, notamment en milieu scolaire et dans les organismes accueillant du public (OFPRA, institution pénitentiaire, CNAM, Police Nationale...).

5 Le droit au mariage civil pour les couples de même sexe ; l’extension aux couples homosexuels de l’ensemble des avantages (sociaux, fiscaux, séjour...) dont bénéficient les couples hétérosexuels ; l’égalité des droits entre les différents statuts civils et fiscaux : PACS, mariage, concubinage et célibat. [Obtenu pour le mariage par la seconde loi Taubira en ce domaine, loi 2013-404 du 17 mai 2013 ; mes réflexions sur le sujet].

6 L’accès à la procréation médicalement assistée et à l’adoption quelles que soient l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou le statut marital du/de la ou des demandeur(e)s. [Obtenu pour l'adoption par les couples mariés, homos comme hétéros, par la loi 2013-404 du 17 mai 2013. Le projet de loi Buzyn N° 2187 relatif à la bioéthique (juillet 2019) vise à ouvrir la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules (article 1er, I, 1° : “ Tout couple formé d’un homme et d’une femme ou de deux femmes ou toute femme non mariée a accès à l’assistance médicale à la procréation après une évaluation médicale et psychologique “)].

7 Que les trans ne soient plus classé(e)s comme malades mentaux par le système de soins français. [obtenu par le décret Bachelot 2010-125 du 8 février 2010 : " Article 1
Au 4 du I de l'annexe de l'article D. 322-1 du Code de la sécurité sociale, les mots : « ― troubles précoces de l'identité de genre ; » sont supprimés. "].

8 La simplification de la procédure de changement d’état civil pour les trans (transsexuel(le)s et transgenres) qu’elles ou ils soient opéré(e)s ou non, et l’accès à une prise en charge médicale choisie, rapide et efficace. [Article 61-5 du Code civil, créé par l’article 56 de la loi Urvoas n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle].

9 La suppression de toute mention relative au sexe sur les papiers d’identité et documents administratifs. "

" Ces exigences sont un pré-requis pour lutter contre les discriminations, dans la loi, dans les faits, dans les têtes. Nous invitons les structures associatives et politiques et les individu(e)s dont la lutte contre les discriminations fait partie du combat politique, à rejoindre le Collectif pour l’égalité des droits et à soutenir cette plate-forme de revendications. "

Organisations signataires : Académie Gay et Lesbienne, Act Up-Paris, Act Up-Lyon, Alternative libertaire, CADAC (Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception), CCP (Collectif Contre le Publisexisme), CLF (Coordination Lesbienne en France), CNDF (Collectif National pour les Droits de Femmes), Conservatoire des Archives et des Mémoires Homosexuelles, DEGEL (Debout Étudiant-es Gais Et Lesbiennes), Étudions Gayment, Femmes Publiques, Fierté LGBT Lille, FTCR (Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives), GLB (Gais et Lesbiennes Branchés), GAT (Groupe Activiste Trans), Gay Kitsch Camp [Lille], Homonormalité, JCR (Jeunesses Communistes Révolutionnaires), La Dixième Muse, La voix de l’âme, LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire), Les Mauves, Les Panthères roses, Les Verts, LGBT-Formation, Mix-cité, PASTT (Prévention Action Santé Travail pour les Trangenres), ProChoix, Ras l’front, Scalp-Reflex, SNEG (Syndicat National des Entreprises Gaies), SOS-Homophobie, SUD Étudiant, SUD PTT, Tasse de Thé (association et portail pour les lesbiennes), Tiresias, Trans Action, Vamos !
Personnalités politiques signataires : Clémentine Autain (adjointe au maire de Paris), Olivier Besancenot (porte parole de la LCR), Patrick Bessac (conseiller régional PCF d’Ile-de-France), Jean Brafman (conseiller régional d’île de France, Groupe communiste, alternative citoyenne, républicain), Sergio Coronado (Adjoint au maire du 14e ardt de Paris, [depuis député écologiste, Français établis hors de France, 2e circonscription]), Jean-Luc Estournel (adjoint au maire de Villeurbanne), Hélène Flautre (députée Européenne, les Verts), Christophe Girard (Adjoint au maire de Paris), Noël Mamère (Député de Gironde, les Verts [réélu en 2012, 3e circonscription), Pierre Quay-Thevenon (adjoint au maire (PC) de Saint-Denis), Roseline Vachetta (député Européenne, LCR).


XII - Ébauche d'une vue d'ensemble des qualifications de l'homosexualité :

"Une abomination" (Lévitique). C'est une de celles qui auront le plus grand retentissement.
"Amitié poussée à l'extrême" (Platon)
"Autant par coutume que par nature les mâles se mêlent aux mâles" (Montaigne, Essais, livre I, chapitre xxiii, page 115 de l'édition Villey/PUF, paraphrasant Aristote)
"Le sentier de la vertu" (Plutarque)

"Contre la loi de la nature et l'ordre de la raison" (Pierre Damien)
« Aberration monstrueuse », « union de sexes semblables » (Gilles de Corbeil)
"Le péché le plus grave après la bestialité" (Thomas d'Aquin)
"Contre l'ordre de nature, pour ce qu'il se commet contre l'ordre du sexe" (Bénédicti, 1601)

"Crime de ceux qui commettent des impuretés contraires à l'ordre même de la nature" (Encyclopédie, 1765, à propos de la sodomie)
"La passion la plus honteuse qui ait jamais souillé la nature humaine" (Kant, Remarques touchant les Observations ...)

"Faute d'orthographe de la nature humaine" (La Douceur, 1772, à propos de la pédérastie)
"Vice des peuples guerriers" (marquis Donatien de Sade, 1795, à propos de ce qu’il appelle pédérastie)
"Petit défaut" (Aubriet, 1824, parlant de Cambacérès)
"Le seul lien qui rattache la magistrature à l'humanité" (Charles Baudelaire, à propos de ce qu’il appelle pédérastie)
"Un amour sans nom, ou plutôt un vice infâme" (Paul Gide [père d'André Gide], 1867, à propos de la pédérastie grecque)
"Un problème qui a l'attention des philosophes, aussi bien que des médecins et des naturalistes (Remy de Gourmont, 1907, à propos de ce qu’il appelle uranisme)
"Variante anomale de la libido" (P. Näcke, 1909)
"Variante de l'organisation sexuelle génitale" (Sigmund Freud, 1920)
"Une habitude sexuelle" (Louis Aragon, 1928, sur ce qu’il appelle "pédérastie")
"Un crime social" (Maxime Gorki, 1934)

"Un amour comme un autre, ni meilleur ni pire" (Klaus Mann, 1934)

"La force qui aime la force" (Jean Cocteau, 1936, à propos de la seule pédérastie)
"Le trait dominant des pédagogues" (René Allendy, 1939)
« Secret, interdit […] messe noire […] damnation » (Jean-Paul Sartre, 1945)

"Un péril" (Dr Marcel Eck, psychiatre catholique, janvier1960)
"Un fléau social" (député Paul Mirguet, juillet1960)

« Une anomalie sexuelle » (Jean-Paul Sartre, 1963)
« Un comportement sexuel comme les autres, une des expressions de la liberté fondamentale du corps. » (Comité pour une Charte des libertés, avec Robert Badinter, Liberté, libertés, 1976).
« Un des côtés de l'hermaphroditisme humain" (Gilbert Lascault, professeur de philosophie à l'Université de Paris-X - Nanterre, 1977 ; j'ai été son étudiant et j'ai assisté à sa soutenance de thèse d'État)
« Pas une forme de désir, mais quelque chose de désirable" (Michel Foucault, 1981)
« Une occasion historique de rouvrir des virtualités relationnelles et affectives" (Michel Foucault, 1981)
« Une déviance, une anomalie" (Jean-Marie Le Pen, 1984)
"Une forme de déviation, de marginalité, que le corps social peut supporter, sans l'avaliser jusqu'au bout" (Jean-Paul Aron, 1987)
"Une question personnelle et individuelle" (député M. Hannoun, 1987)
« L'homosexualité, ce n'est pas l'indifférence sexuelle » (Jacques Derrida, 2001)
« La voie mystique par excellence » (Michel Masson, 2005)
« Une anomalie » (Alain de La Morandais, Olivier Mazerolle, janvier 2013)