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dimanche 18 août 2019

L'HOMOSEXUALITÉ DANS LES TEXTES D'AUGUSTIN, GRÉGOIRE LE GRAND, PIERRE DAMIEN, PIERRE LE CHANTRE, ALBERT LE GRAND ET THOMAS D'AQUIN

Voir aussi

LA BIBLE ET L'HOMOSEXUALITÉ MASCULINE (avec Conciles et Pénitentiels)


A / Mes notes de lecture.
B/ Appendice sur le " vice étranger ".



A / AUGUSTIN D'HIPPONE (Thagaste, 354/ Hippone 430), théologien chrétien et Père de l'Église originaire de Numidie, inspirateur du jansénisme,


Augustin dans sa cellule,
fresque, Sandro Boticelli, 1480

Cité de Dieu, Desclée de Brouwer ; Loeb Classical Library ; Patrologia Latina, volume 40,

IV, xxv : on dit que Jupiter fut le ravisseur et l'amateur impudique d'un beau garçon [Ganymède].

VI, vii : ce qu'ils perpètrent dans l'ombre, ces coupés et ces invertis [molles], c'est leur affaire ! ; x : on a castré certains pour les plaisirs libidineux des rois [cité par Montaigne].

VII, xxvi : invertis [molles] consacrés à la Grande Mère [Cybèle] ; Jupiter n'a déshonoré le ciel que par l'affaire de Ganymède.

XIV, xviii : actes infâmes qui cherchent les ténèbres pour échapper à la justice humaine.

XVI, xxx : à Sodome, le stupre entre mâles était devenu aussi commun que d'autres actions autorisées par la loi [cité par Jordan].

XVIII, xiii : l'enlèvement pour le stupre de Ganymède est un crime du roi Tantale [père de Pélops] que la fable attribue à Jupiter [d'après Varron ; cf Eusèbe, Chronique].

Confessions, Collection Budé ; Desclée de Brouwer ; Folio classique ; Gallimard, collection "Bibliothèque de la Pléiade" ; Flammarion, collection GF ; Loeb Classical Library :

II, 1 : amours changeantes et ténébreuses.
III, 1 : chaudière des amours honteuses.
III, 8 : les débauches [flagitia] contre nature doivent être punies, comme le furent les Sodomites, même si tous les peuples les commettaient [cité par Gratien, Vincent de Beauvais et Thomas d'Aquin].

Contre le mensonge, Desclée de Brouwer :
IX, 20 : horreur éprouvée pour le crime machiné par les Sodomites ;
XVII, 34 : à Sodome, il y avait des mâles brûlant d'assouvir leur infâme désir sur d'autres mâles.

Doctrine chrétienne, Desclée de Brouwer :
III, x, 16 : flagitium : acte commis pour corrompre l'âme et son corps, par une cupidité indomptée [cf Concile de Paris]

Les Noces et la concupiscence, Desclée de Brouwer :
II, 19-20 : cite Paul, Romains ; commerce infâme d'homme à homme où l'on délaisse l'usage naturel.

Questions sur le Genèse : Desclée de Brouwer, Patrologia Latina, volume 40, colonne 559 : XLI, XLII.


pseudo-AUGUSTIN (IVe/Ve siècles),

[76] Sermons adressés aux frères du désert, traduction XIXe siècle :
XXXI : Si les Sodomites avaient fermé les yeux, ils n'auraient point vu les jeunes gens, et n'auraient pas péri.
XLVII : profonde horreur du péché des Sodomites ; crime honteux que des mâles commettent avec d'autres mâles ; des hommes rejetant l'alliance des deux sexes qui est selon la nature ont été embrasés d'un désir brutal [animal] les uns envers les autres, l'homme commettant avec l'homme une infamie détestable ; un membre du Christ sert de putain ; fuyez les sodomites comme la mort ; et ceux qui couchent avec des garçons [puerorum concubitores].


GRÉGOIRE Ier dit GRÉGOIRE LE GRAND (Rome, vers 540 / Rome, 604), écrivain ecclésiastique, pape en 590,

Dialogues : Patrologia Latina, volume 77 ; Sources chrétiennes :
IV, 37 : Genèse, XIX ; les Sodomites avaient brûlé d'un amour illicite ; peine de mort par le feu et le soufre.

Lettres : Patrologia Latina, volume 77  ; Monumenta Germanica Historica  ; édition 1982 :
X, iii, 4 : lettre à Sabinus de sept.-oct. 599 : entaché de ce crime de sodomie [sodomiae illum scelere maculatum ; le texte de Monumenta Germanica Historica porte sodomitae, de sodomite ; cité par A. Blaise et Jordan].

Morales sur Job : Patrologia Latina, volume 75 ; Sources chrétiennes (incomplet)
VI, xxii : Sodomites dans la maison de Lot.
XIV, xix, 23 : c'est pour s'être embrasés des désirs pervers venus d'une chair fétide que les Sodomites ont mérité de périr à la fois par le feu et par le soufre [Genèse, XIX].

Règles pastorales : Patrologia Latina 77  ; Sources chrétiennes :

III, 27 : fuir de Sodome en flammes, c’est refuser les feux illicites de la chair [cité par Jordan] ; 31.


PIERRE DAMIEN (Ravenn, vers 1007 / Faenza, 1072), ermite italien puis cardinal et réformateur de l'Église,

Livre de Gomorrhe [Liber Gomorrhianus, lettre 31, adressée au pape Léon IX, vers 1051], Patrologia Latina, volume 145 ; traduction anglaise 1982 :

Préface : le vice contre nature se répand comme un cancer.

I : quadruplicité du péché contre nature : sur soi-même, avec la main d'un autre, entre les cuisses, dans le postérieur [cf  Pénitentiel du Synode...].
IV : cite Paul, 1ère à Timothée.
V : cite Paul, Romains, et Genèse, XIX.
VI : tomber dans un désir honteux me semble plus tolérable avec un animal qu’avec un mâle.
VII : les prêtres coupables se confessent les uns aux autres.
XIII : ceux qui se mêlent au bétail ou qui sont pollués avec des mâles : citation du canon 16 du concile d’Ancyre [314].
XIV : cite le canon 17 du concile d’Ancyre [314] ; contre la loi de la nature et l'ordre de la raison ; quand un mâle se précipite sur un mâle pour commettre une impureté, ce n'est pas un désir naturel de la chair, mais une impulsion diabolique.
XV : clercs ou moines séducteurs de mâles.
XVI : apporte la mort du corps et l'extinction de la lumière de l'esprit ; chasse la vérité de l'esprit et le dirige vers l'erreur [cité par John Boswell].
XXV : si le blasphème est le pire, je ne vois pas en quoi la sodomie [sodomia] est meilleure [cité par Jordan ; première apparition connue du terme sodomia].


PIERRE LE CHANTRE (vers 1125/1197), chanoine et théologien originaire de Reims,
Verbum Abbreviatum, Patrologia. Latina 205, cc. 333-335 :
CXXXVIII Du vice sodomitique : le vice sodomitique et l'homicide sont des péchés semblables ; les sodomites et les homicides sont adversaires de Dieu et du genre humain [cité par J. Boswell] ; il n'y aura pas de rapport [consortium] de l'homme avec l'homme ou de la femme avec la femme, mais de l'homme avec la femme, et contrario ; cite Genèse, I et XVIII, Lévitique, XVIII, Paul, Romains, la loi romaine de 342 [cf CODE] et Grégoire le Grand.


ALBERT LE GRAND (avant 1200, possiblement en 1193 en Bavière / Cologne, 1280),  dominicain, théologien et philosophe allemand (Docteur universel), premier interprète scolastique d'Aistote, eut Thomas d'Aquin comme élève à Paris et à Cologne,

Commentaire de Luc [Opera omnia, 1895, tome 23] :
XVII, 29 : cite Genèse XIII et XIX ; quatre choses sont détestables dans ce péché [cité par J. Boswell] ; son ardeur, qui renverse l'ordre de la nature ; cite Paul, Romains ; sa puanteur, qui monte , ce vice abominable est plus répandu chez les grands que chez les humbles [contredit Salvien et Hildebert de Lavardin] ; son adhérence : ceux qui en sont atteints ne peuvent presque jamais s'en délivrer ; cite Genèse XIV, 10 : "la vallée était pleine de puits de bitume" ; quarto, c'est une maladie [morbus] contagieuse qui passe de l'un à l'autre ; cite Genèse, XIX, 17. : "ne t'arrête nulle part dans la région, sauve-toi à la montagne" [pour échapper à la contagion].

Somme théologique [Opera omnia, 1895, tome 33] :
XVIII, question 122 : examen de divers péchés : fornication, adultère, stupre, prostitution, sacrilège, inceste, sodomie ; la sodomie [sodomia]  est péché contre nature, de mâle avec mâle ou de femme avec femme [cité par John Boswell] ; cite Paul, Romains, I, 26-27 ; péché maximum car contre la grâce, la raison et la nature.


THOMAS D'AQUIN (Aquino, 1227 / abbaye de Fossanova, 1274), dominicain, Docteur angélique, élève d'Albert le Grand,

Summa contra Gentiles, III, chapitre xxii, § 9 [commenté par Adriano Oliva] : condamnation de la sodomie ; cite Genèse I, 28, Lévitique XVIII, 22-23, et I Corinthiens VI, 10.

Somme théologique, Desclée de Brouwer :

Ia-IIae, Le plaisir, question 31, article 7 [commenté par Adriano Oliva] : Altération de l'âme de ceux qui par coutume trouvent du plaisir à s'unir sexuellement entre hommes [corruptio ... ex parte animae... coitus masculorum].
Cf  Sextus Empiricus, Contre les savants [Adversus Mathematicos, IX-X], BT, LCL ; traduction 1948 :
I, 187 : " Éros est une passion psychique ".
Et Dr A. Moll, " Pour comprendre la pulsion homosexuelle, il faut considérer la pulsion sexuelle [...] comme une fonction psychique. " La Sensation sexuelle contraire, VIII, 1891 ; idée présente chez Freud].

IIa-IIae, La religion, question 94, article 3 : le péché contre nature est le châtiment du péché d'idolâtrie.

La tempérance, question 142, article 4 : les vices qui sortent de la nature semblent se réduire au genre de l'intempérance, comme lorsque quelqu'un trouve du plaisir dans des rapports avec les mâles ;

Les parties de la luxure, question 154, article 11 : troisième manière du vice contre nature : lorsque l'on a des rapports sexuels avec le sexe non complémentaire [non debitum], par exemple homme avec homme ou femme avec femme ; ce qu'on appelle vice sodomitique ;
 Dans l'édition de 1463.

article 12 : cite Augustin : la luxure la plus grave est celle qui est contre nature ; le péché le plus grave est la bestialité ; après vient le vice sodomitique, où l'on ne se sert pas du sexe requis [debitus] ; après c'est le péché de celui qui n'observe pas la manière requise pour l'union charnelle.


B / VICE D'ALTÉRITÉ, VICE ÉTRANGER
Sur les Sodomites (habitants de Sodome, aujourd'hui Sedom) : quasiment tous les auteurs chrétiens.
Sur les Celtes : Aristote, Diodore de Sicile, Strabon et Athénée, .
Sur les Germains : Tacite, Sextus Empiricus, Ammien Marcellin, Procope.
Sur les Gaulois : Eusèbe de Césarée.
Sur les Perses : Hérodote, Xénophon d'Athènes, Plutarque et Sextus Empiricus ; mais opinion contraire d'Ammien Marcellin.
Sur les Crétois : Aristote, Athénée, Cornélius Népos, Élien, Maxime de Tyr, Platon, Plutarque, Servius, Sextus
Empiricus, Strabon et Timée.

Sur les Grecs, du point de vue des Romains : Cicéron, Cornélius Népos, Pline l'Ancien, Pline le Jeune (Ces petits Grecs ...) et Sénèque le Jeune.

Sur les Massaliotes (habitants de Massalia, aujuourd'hui Marseille) : Plaute, Athénée.

Sur les Païens, du point de vue des Chrétiens : Aristide, Athanase d'Alexandrie, Augustin, Clément d'Alexandrie, Cyprien de Carthage, Eusèbe de Césarée, Justin, Lactance, Firmicus Maternus, Minucius Felix, Orose, Salvien, Tatien, Tertullien.

Sur les Normands et Français : l'anglais Giraldus de Cambrie.

Sur les Auvergnats : Raoul Glaber.

Toute l'Antiquité gréco-romaine se retrouve aujourd'hui dotée d'une forte image homosexuelle. Depuis, dénonciations protestantes des vices des "bougres" catholiques aux XVIe et XVIIe siècles. Stigmatisations nationalistes du "vice italien" au XVIe siècle, du "vice arabe" au XIXe siècle, du "vice allemand" par des Français aux alentours de 1900, et à la Libération (1945-1946), du " vice anglo-saxon " par Mme Édith Cresson, avant qu'elle soit premier ministre, en 1991.



lundi 17 septembre 2018

LE CORAN ET L'HOMOSEXUALITÉ MASCULINE, 2001, 2019


A /  Le Coran stigmatise l’amour entre hommes dans 11 chapitres ou sourates (IV, VII, XI, XII, XV, XXI, XXVI, XXVII, XXIX, LI, LIV), par des reprises commentées de paroles attribuées à Loth, habitant de Sodome. La fin tragique de cette ville lors d’une éruption volcanique au XXVe siècle avant Mahomet –, fut interprétée comme une punition divine dont le Coran, plus généralement, menace régulièrement l’ensemble des incroyants.


   En une seule occurrence cette condamnation, venant juste après celle de l’adultère féminin, est prononcée ainsi : « Si deux d’entre vous font une infamie (ou un acte), sévissez. S’ils reviennent et s’amendent, laissez-les. » (IV, les femmes, 16 ou 20 [suivant les éditions]). Dans les 10 autres, il s’agit de reprises commentées des paroles attribuées à Loth, neveu d’Ibrahim [Abraham] et habitant de Sodome, patriarche biblique promu dans le Coran au rang éminent de prophète. La fin tragique de cette ville sous un déluge de feu et de soufre – en réalité une éruption volcanique au XXVe avant Mahomet –, fut interprétée comme une punition divine (cf Genèse, XVIII et XIX) dont le Coran, plus généralement, menace l’ensemble des incroyants (notamment dans les sourates II, III, IV, IX, XXII et XXV).

   Le christianisme élabora très tôt le concept de "contre nature" (des Épîtres de Paul aux Confessions d’Augustin). Or la nature n’est jamais invoquée dans ces condamnations du VIIe siècle qui tombent sans aucune autre justification que l’autorité de celui qui les prononce, et le fait que le Seigneur aurait créé les femmes à l’usage des hommes (sourate XXVI). Le peuple de Sodome aurait inventé l’homosexualité : « abominations que personne n’a faites avant vous » (sourate VII) ; ces gens-la sont, selon Loth, des « effrénés » (sourate VII), des « transgresseurs » (sourate XXVI), des « ignorants » (sourate XXVII), des « pécheurs » (sourate LI). Loth veut protéger ses hôtes, des anges envoyés par Allah et qui plaisent trop aux Sodomites (sourates XI et XV) ; l’échange généreux qu’il propose, ses deux filles, est refusé (sourates XII et XV) ; on lui rétorque : « tu sais bien ce que nous voulons » (sourate XI). Le peuple de la ville se moque de Loth « qui se pique de pureté » (sourate XXVII), ignore son avertissement (sourate LIV), et reçoit en conséquence une « mauvaise pluie de pierres d’argile » (sourates XI, XXI, XXVI, LI) ; enfin, la punition par la cécité est mentionnée (sourate LIV). Dans ces dix sourates, on ne retrouve plus la possibilité de pardon de la sourate IV, mais, hormis par le biais de la destruction de Sodome, la peine de mort expressément prévue par le Lévitique, n'est pas reprise.


B /  On aurait tort de réduire l’Orient à l’Islam, et l’Islam au Coran, d’une façon définitive. Plusieurs témoignages font état d'une tolérance en pratique :



Hervé MARTIN (né en 1940) :

« [Aux XIIIe et XIVe siècles] le discours antisodomie se durcit. Ce péché, estime-t-on, appelle la vengeance du ciel. Le laïc qui s'y adonne doit être excommunié et le clerc réduit à l'état laïc (Concile de Latran III, 1179). L'homosexualité est d'autant plus vivement dénoncée qu'elle est très répandue chez les musulmans, que l'on accuse de sodomiser leurs prisonniers chrétiens et dont on estime qu'ils menacent l'Europe. »
Mentalités médiévales XIe-XVe siècle, chapitre XIII, Paris : PUF, 1996.

DR ERNEST GODARD (1826-1862) : « Dans l’armée égyptienne, les soldats ne peuvent sortir : aussi la pédérastie est-elle très commune parmi eux. On les voit s’y livrer journellement, m’a dit un officier. On pourrait les punir, mais on fait semblant de ne pas les voir. » Égypte et Palestine. Observations médicales et scientifiques, V, 4, 1867.

DR FÉLIX JACQUOT : « Plutarque dit [Erotikos, 751F] que la pédérastie fut la conséquence des gymnases, où les formes des hommes se montraient à nu. Nous avons nous-mêmes attribué ce même vice, chez les Mahométans, à ce que le sens génésique ne trouvant pas de stimulant dans la vue des femmes qui ne paraissent en public que sous l’aspect de masses informes ensevelies sous des draperies, est réveillé par la contemplation de jeunes enfants à la peau douce et rosée. » « Des aberrations de l’appétit génésique », Gazette Médicale de Paris, 28 juillet 1849.

PIERRE A. E. JAUBERT (1779-1847) : « Les Arabes et les Mameloucs ont traités quelques uns de nos prisonniers comme Socrate, dit-on, Alcibiade. Il fallait périr ou y passer : un grenadier s’est fait tuer. Ils n’avaient que battu les femmes qu’ils nous avaient prises. » Lettre au Général Bruix, Aboukir, 9 juillet 1798.

Dans Si le grain ne meurt, Journal du Maroc et Carnets d’Égypte, André Gide donna une image non seulement gay friendly mais aussi généralement positive de la civilisation arabe telle qu'il la connaissait et l'appréciait. L'intellectuel égyption Taha Hussein (1889-1973), dont j'ignore s'il était ou non homosexuel, avait eu, en 1947, l'honneur de bénéficier d'une préface d'André Gide pour son autobiographie Le Livre des jours.

Selon le philosophe Gabriel MARCEL (1889-1973),
« L'interdit ne peut être que religieux. Je pense en effet qu'il s'agit d'un interdit chrétien. Je vois très mal comment, dans d'autres religions, en particulier dans l'islamisme, l'homosexualité pourrait être condamnée. » Discussion, Cercle Ouvert, n° 12, 1958. 
Elle l'est pourtant. Mieux vaut savoir qu’aujourd’hui, en terres islamiques, l’homosexualité libérée de l’Occident – où les hommes commencent à pouvoir se marier entre eux – choque fortement.


  YOUCEF : « Les signes de piété comme la barbe pour les hommes, le voile pour les femmes, sont nécessaires dans un souci de ne pas confondre les sexes. Les hommes efféminés et les femmes d'aspect viril sont voués à la géhenne par l'islam. » Cheikh Youcef [imam dans la banlieue d’Alger], cité par l’Agence France Presse, 22 décembre 2003. Sur le statut des homosexuels dans les pays islamiques, voir :

  Le rappel fondamentaliste des injonctions de Loth entraîne pour les gays musulmans en France un conflit d’identité que ne connaissent pas ceux qui se rattachent au courant moderne des Lumières et du libertinage philosophique, et beaucoup moins, voire plus du tout, les chrétiens homophiles et les homos communistes ; l’islam ne connaît pas encore la pastorale individualisée … S’il devait y avoir un clash des civilisations et des mentalités sur la question gay, ce ne serait cependant pas entre judéo-christianisme et islam, mais bien plutôt entre la civilisation scientifique et humaniste gréco-latine et les trois religions asiatiques du Livre qui ne sont en phase ni avec la modernité occidentale, ni avec la rationalité ancienne des Grecs … »

C / Versets concernés :

« Si deux d’entre vous font une infamie (ou un acte), sévissez. S’ils reviennent et s’amendent, laissez-les. » Sourate IV (les femmes), verset 16 ou 20 (suivant les éditions).

« Loth disait à son peuple : Allez-vous faire cette infamie (ou ces abominations) que personne au monde n’a faite(s) avant vous ? Vous qui couchez avec des hommes au lieu de femmes, certes, vous êtes des effrénés. » VII (l’A’araf ou les franges), 78-79 ou 80-81.

« Quand nos messagers vinrent chez Loth, il en fut affligé et oppressé. Il dit : C’est un jour terrible. Son peuple, coutumier d’infamies (ou d’actions infâmes), accourut. Il leur dit : O mon peuple, voici mes filles, ce serait plus pur pour vous, mais ne craignez Allâh et m’outragez pas dans mes hôtes. N’y a-t-il pas d’homme sensé parmi vous ? Ils répondirent : Tu sais bien que nous ne réclamons pas tes filles, tu sais bien ce que nous voulons. » XI (Houd), 77-79 ou 80-81.

« Les gens de la ville venaient gais. Il [Loth] leur dit : Ce sont mes hôtes, ne me déshonorez pas. Craignez Allâh et ne me couvrez pas de honte. […] Il dit : Voici mes filles, si vous voulez. Mais, par ta vie ! ils étaient aveuglés d’ivresse. » XV (Al-Hijr), 67-69, 71-72.

“Nous avons donné à Loth l’illumination et la science et nous l’avons sauvé de la ville infâme et de la race mauvaise et perverse (ou d’un peuple méchant et de mœurs ignobles). » XXI (les prophètes), 74.

« Est-ce que vous irez aux mâles de ce monde (ou de tout l’Univers) et laisserez vos femmes que le Seigneur a créées pour vous ? car vous êtes des transgresseurs (ou un peuple transgresseur). » XXVI (les poètes), 165-166.

« Loth disait à son peuple : Allez-vous faire cette infamie (ou commettre une action infâme), vous qui voyez ? vous désirez (ou vous avez commerce charnel avec) des hommes au lieu de femmes, vous êtes des ignorants ! Pour toute réponse, son peuple dit : Chassez de la ville la famille de Loth qui se pique de pureté. » XXVII (la fourmi ou les fourmis), 54-56 ou 55-57.

« Loth dit à son peuple : Vous faites une infamie (ou une abomination) que personne au monde n’a faite avant vous. Est-ce que vous approcherez des mâles ? » XXIX (l’araignée), 27-28 ou 28-29.

« Loth les avertissait que nous les saisirions (ou de l’action violente), mais ils en ont douté. Ils voulaient qu’il les laisse abuser de ses hôtes, mais nous avons aveuglé (ou crevé) leurs yeux. » LIV (la lune), 36-37.

N.B . Ces références sont faites d’après :
1 : l’édition en collection Points, au Seuil, en 1998 (réimpression de juin 2001) ; traduction de Jean Grosjean pour les Éditions Philippe Lebaud, 1979.
2 : l’édition en collection PBP, chez Payot, en 2001 ; traduction d’Édouard Montet en 1958.
3 : l’édition en collection Folio classique chez Gallimard, en 2001 : traduction de Denise Masson en 1967.

Première publication de ce texte sous le titre " Que dit le Coran de l’homosexualité ? " dans Têtu, n° 62, décembre 2001, page 72. La version présente est complétée et actualisée.


Sur wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_dans_l%27islam


Pour un traitement à la "American Academics" de la question, voir


lundi 1 janvier 2018

DFHM EN LIGNE



Small Blowjob - Cornelius McCarty

Mon


Dictionnaire français de l'homosexualité masculine
Lexique et connotations - Langue, littérature et histoire


en ligne : version refondue (2020) de mon Vocabulaire de l'homosexualité masculine, Paris : Payot, 1985, collection " LANGAGES ET SOCIÉTÉS " dirigée par Louis-Jean Calvet.



Paris, 1985


DOSSIER DE PRESSE DU VHM 1985




INTRODUCTION (1/2)
INTRODUCTION (2/2)

CHRONOLEXICOGRAPHIE


 A (ACHRIEN à AUTRE, sauf ABOMINATION)

 ABOMINATION, SODOMIE

 B (BACKROOM à BRODEUSE)

 C (CABINE à CULISTE)

 D (DAMOISEAU à DROITS DU CUL)

 E (ÉCHAPPÉ DE SODOME à EXERCER)

 F (FAIRE EN BI à FRÈRE)

 G (G à GUÈBRE, sauf GENRE)

 GENRE, NEUTRE, SPÉCIAL, TROISIÈME SEXE

 H (H à HYPERVIRIL, sauf hétéro- et homo-) et I (ICOGLAN à ITALIEN)

 HÉTÉRO-

 HOMO-

 J (JACQUETTE à JUPITER) et L (LANGAGE TAPETTE à LOPETTE)

 M (MANCHETTE à MOUCHARD)

 N NICOMÈDE à NORMALSEXUEL (sauf NEUTRE) et O (ŒILLET à OUTING)

 GENRE, NEUTRE, SPÉCIAL et TROISIÈME SEXE

 P PACS à PUÉRISER (sauf termes en PED-) et Q (QUEER à QUEER THEORY)

 PÉD-

 R RACE D'EP à ROUSPANTEUR

 S SACRÉ à SYSTÈME CORDIER (sauf SODOMIE, SODOMIQUE et SPÉCIAL)

 ABOMINATION, SODOMIE

 T TAFIOLE à TRUQUEUR (sauf TROISIÈME SEXE)

 GENRE, NEUTRE, SPÉCIAL, TROISIÈME SEXE

 U UGOBER à USAGE DES GARÇONS (sauf termes en URANI-) et V VAISSEAU à VOYAHE EN TERRE JAUNE

 URANIE, URANIEN, URANISME, URANISTE

APPENDICES DE 1985

DOSSIER DE PRESSE DE 1985