dimanche 12 avril 2015

DFHM : D - damoiseau à droits du cul

Extraits de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (DFHM).


Lettre C
Lettre E

Table du DFHM


DAMOISEAU

"Il n'est pas du tout à la mode, c'est un vrai damoiseau."
Madame [belle-sœur de Louis XIV], lettre du 13 décembre 1718.

DAUPHIN

« de sout’neur dev’nir dauphin »
Émile Chautard, Guoualantes de la Villette et d’ailleurs,

DÉBAUCHE NATURELLE

« L'aventure de MM. de La Ferté, Biran, Colbert, Argenson est bien infâme; ils ne sont que les malheureux d'une nombreuse confrérie. Nos pères n'étaient pas plus chastes que nous, mais ils se contentaient d'une débauche naturelle. On brode à présent sur les vices, on les raffine. »
Lettre de La Rivière à Bussy-Rabutin, 5 février 1680.

DÉCULER, DÉSENCULER

« Je suis en état de foutre dix coups sans désenculer. »
Le Bordel apostolique institué par Pie VI pape en faveur du clergé de France, « Réponse », 1790 [BnF, Enfer 602].

« Ces pieuses dissertations terminées, le moine décula son giton. »
Marquis de Sade, La nouvelle Justine, VIIe partie, Paris : Gallimard, 1995, édition Michel Delon.

« L'Italien, déculant son homme, nous offre un vit sec et mutin, maintenant propre à toutes sortes d'attaques. »
Marquis de Sade, Histoire de Juliette, VIe partie, Paris : Gallimard, 1998, édition Michel Delon.

DÉLICAT

Du latin delicatus (dérivé de deliciae, voir DÉLICES) désirable, voluptueux, fin, avec connotation homosexuelle chez Jérôme (lettre XIV)  et Sénèque (Lettres à Lucilius, CXIV)

Cette épître « À celle qui se reconnaîtra » est attibuée au marquis de Villette ou au comédien Monvel :

« Tout le monde a des ridicules,
Mais n’a pas des vices qui veut.
Du tien ne va pas te défaire,
Dans la Grèce on en faisait cas
Et sur le vice, on sait, ma chère,
Que les Grecs étaient délicats. »
Mémoires secrets, tome 14, 16 octobre 1779.

« Délicat et blond, adj. Se dit, ironiquement, d’un gandin, d’un homme douillet, quelles que soient la couleur de ses cheveux et la vigueur de son corps. »
Alfred Delvau, Dictionnaire de la langue verte, 2e édition, 1883.

« Les philosophes grecs aimaient les belles formes. Leur cœur s’attachait de préférence aux nobles lignes que les beaux éphèbes déployaient dans les exercices du gymnase […] quelques esprits délicats de nos jours, heurtés par le côté bassement matériel de l’amour, par le prosaïsme des rapports journaliers, frappés de l’incomplet des formes féminines, du manque d’esthétique de leur amitié toujours peu sûre, ont jugé que la passion ordinaire ne pouvait jamais atteindre à ce haut point de désintéressement où se joue l’amitié entre hommes. L’amitié-passion, voilà le remède que vous cherchez. »
Paul Verlaine, La Vie parisienne, 26 septembre 1891.

André Gide avait noté que sa mère le trouvait délicat.

« Royaume-Uni Le "stray" nouveau est arrivé (Société), par Béatrice Colbrant :
Selon une étude britannique, une nouvelle race d’hommes vient de faire son apparition : le "stray", intermédiaire entre l’homme gay traditionnel et le "straight", terme réservé à l’hétéro de base. Le stray serait ainsi un straight déguisé en gay et cela en vue de séduire le plus grand nombre de femmes possible. Des femmes, dit-on, de plus en plus attirées par le look délicat, voire inoffensif, du copain gay toujours prêt à écouter et à rendre service. Référence oblige : on se souvient de Warren Beatty dans "Shampoo", prototype du stray s’attirant les succès féminins sous les dehors les plus détachés. Tout homme outre-Manche est désormais qualifié de "GUPO": "Gay until proven otherwise" (Gay jusqu’à preuve du contraire). »
Têtu quotidien, 2 avril 2003.

DÉLICES

Du latin classique deliciae, voluptés, objet d'amour.

La conotation homosexuelle du terme provient probablement de ces célèbres vers de Virgile :

Formosum pastor Corydon ardebat Alexim,
Delicias domini, nec, quid speraret, habebat.

« Pour le bel Alexis, délices de son maître,
Le pâtre Corydon se consumait en vain » (traduction Paul Valéry).

La Renaissance le ranime :

« Des filles n’avons nul besoin
Car avons-nous pas nos novices
Avec lesquels prenons soin
De trouver toutes nos délices
Et ce faisant n’avons point peur
D’en avoir aucun déshonneur. »
Recueil Maurepas, BnF, mss fr 12616, année 1566, tome 1, page 160, « Chanson d’un cordelier sorbonniste ».

Ainsi mon favori gay m'entretiendra,
Je ne désire pas que l'on cueille mon fruit,
Comme un peuple ignorant dedans l'ombreuse nuit,
Ni comme un courtisan tout à la dérobée."
Oeuvres poétiques du capitaine Laphrise, "Stances de la délice d'amour", 1597.

« Pourceau le plus cher d’Épicure,
Qui, contre les lois de nature,
Tournez vos pages à l’envers,
Et qui, pris aux chaînes des vices
Vous plongez dedans leurs délices,
J’ai des limbes entendu vos vers. »
Sieur de Sigognes, Ode, in Cabinet satyrique ou Recueil parfait des vers piquants et gaillards de ce temps, 1618.


« Ce singulier Dolmancé […] sodomite par principe, […] les délices de Sodome lui sont aussi chers comme agent que comme patient. »
Marquis de Sade, La Philosophie dans le boudoir (1795), I, Paris, Gallimard, 1998, édition Michel Delon.

DÉLIT D’ÉPINE

« ESPINE, c'est-à-dire le dos, à cause de l'épine du dos ; & le délit d'espine, c'est-à-dire, la Sodomie. C’est pourquoi Monstrelet [vers 1390-vers 1453] dit que quelques uns furent brûlés à la Grève pour avoir commis le délit d’espine. »
Pierre Borel, Dictionnaire des termes du vieux françois ou Trésor des recherches et antiquités gauloises et françoises, Paris : Briasson, 1750, à l’article ESPINE.

DÉLIT D'HOMOSEXUALITÉ

« Ce n’est pas seulement l’article 331 du Code pénal concernant le délit d’homosexualité qui aurait besoin d’être revu et assoupli. »
Daniel Guérin, "La Répression de l’homosexualité en France", La Nef, janvier 1858.

Les mentions « homosexualité » et « homosexualité avec mineurs » dans les tableaux des deux séries statistiques du Ministère de la Justice (adultes, mineurs) ont amené certains à parler, après Daniel Guérin, de délit d’homosexualité.

On peut mentionner une troisième série de données, celles de la Direction de l’Éducation surveillée (publiées par l’INSEE). En 1966, 36 garçons de moins de 15 ans avaient été amenés devant les juges pour enfants au titre de l’infraction « homosexualité » (sic). Jusqu’en 1974, 60 à 80 mineurs de moins de 21 ans étaient mis en cause chaque année.

Dans l’Encyclopédie Dalloz – PÉNAL, la rubrique « Attentats aux mœurs » date de 1967 ; l’article 2 de la section 2 (attentat à la pudeur sans violence) comporte un § 3 intitulé « Délit d’homosexualité », expression reprise plusieurs fois, dans les sous-titres, « A. Éléments constitutifs du délit d’homosexualité » et « B. Répression du délit d’homosexualité », et dans le corps du texte : « L’ordonnance du 8 février 1945 […] a judicieusement placé le délit d’homosexualité à l’article 331 du Code pénal qui vise essentiellement la satisfaction de passions personnelles. »

"Quant au délit d'homosexualité, il n'apparaît dans l'arsenal des lois françaises qu'avec la loi de Vichy du 6 août 1942."
Appel pour la révision du Code pénal, Le Monde, 22-23 mai 1977.

« Le vote de la loi du 23 décembre 1980 et les tentatives d’abrogation du délit d’homosexualité. »
Gisèle Halimi, Rapport N° 602, 1981-1982, AN, séance du 10 décembre 1981.

« En deuxième lecture votre Haute Assemblée, insensible tant aux changements d’option de l’exécutif qu’à l’opinion de l’Assemblée nationale, a maintenu fermement sa position initiale : le délit d’homosexualité devait disparaître de nos lois. »
Robert Badinter, Garde des Sceaux, Sénat, séance du 5 mai 1982.

« La suppression du délit d’homosexualité ne figure ni dans le projet socialiste de 1980, ni dans les 110 propositions du candidat Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981. »
Étienne Dailly, Rapport N° 457, 1981-1982, Sénat, séance du 7 juillet 1982.

Mme Élisabeth Guigou était revenu sur cet aspect de la première alternance :

« C’est […] le 29 avril 1981 […] que le candidat François Mitterrand déclarait que l’homosexualité devait cesser d’être un délit. À cette époque elle figurait encore dans le Code pénal, et c’est Robert Badinter qui la fit disparaître. »
Assemblée nationale, séance du 30 mars 1999.

  S’il est évidemment faux que l’homosexualité ait été illégale en France après 1942, il est tout aussi faux qu’elle ait été légale. Même avant 1942, en 1924, la revue L’Inversion/L’Amitié fut poursuivie et condamnée (en 1926) pour outrage aux bonnes mœurs. On sait que de 1960 à 1980 l’homosexualité a été une circonstance aggravante de l’outrage public à la pudeur, que la législation faisait, jusqu'à la loi du 1er août 2014 (qui supprime huit occurrences de cette expression dans le Code civil et quatre autres codes) notamment obligation d’user de la chose louée « en bon père de famille » (Code civil, article 1728, 1°) et que la Préfecture de Police de Paris a longtemps comporté un « Groupe de contrôle des homosexuels ».

  La conduite automobile sur la voie publique est autorisée à partir de 18 ans. La liberté des relations sexuelles entre majeurs, de 1974 à 1982, n’était pas du même ordre. Il y avait autour de l’homosexualité, des actes dits en termes moyen-âgeux « impudiques ou contre nature », un contexte, un climat, une histoire, un encadrement juridique et administratif, qui donnaient une certaine pertinence à l’expression délit d’homosexualité, et à celle de dépénalisation qui suivit.

DÉSORDRE

La connotation homosexuelle de ce terme est faible, mais amusante rapportée à plusieurs remarques de Flaubert relative à l’ironie de l’ordre que constituerait l’émergence de l’homosexualité dans une situation officielle :

« SODOMIE, s. f. (Gram. & Jurisprud.) est le crime de ceux qui commettent des impuretés contraires même à l'ordre de la nature (i) ; ce crime a pris son nom de la ville de Sodome, qui périt par le feu du ciel à cause de ce désordre abominable qui y était familier. »
Encyclopédie, tome XV, 1765, colonne 266, par Antoine-Gaspard Boucher d'Argis (1708-1791). [texte complet de l’article au mot sodomie]

« Comme les jeunes gens, qui se prostituaient à ce désordre n'étaient, comme ils ne sont encore en général, que des coiffeurs, des perruquiers, des jockeys, des domestiques sans condition, on les envoyait assez communément à Bicêtre, pour un, deux, trois ou six mois, suivant que le lieutenant de police en prononçait sur le rapport de l'inspecteur ou du commissaire. Quant à ceux avec qui on les trouvait, on en prenait le nom, et quelquefois on les rançonnait. »
Peuchet, Article « Pédérastie », Encyclopédie méthodique, tome 112 (Police et Municipalité), Panckouke, 1791 [BnF Z 8556].

« Les femmes vont devenir inutiles ; les jeunes garçons prennent leur place. Ce crime abominable se commet avec toute sorte de liberté ; et il est presque passé en coutume, on n’en rougit plus. Ceux qui le commettent s’en font honneur, croient être à la mode et passent pour galants hommes. Ceux qui ne s’abandonnent pas à ce désordre en ont la réputation ; premièrement, parce que le nombre en est fort petit et qu’ils sont confondus dans la foule des criminels. »
Journal d’un poète, juin 1837.

DEVANT/DERRIÈRE

Cette polarité topologique a été durablement associée à la classification des goûts sexuels masculins. Elle contient en germe la notion d’inversion, de même que l’expression à rebours. Une autre polarité topologique, haut/bas, fut invoquée par le philosophe italien Campanelle dans sa Cité du soleil [Civitas Solis, 1623] : il était prévu, dans cette utopie communiste, de stigmatiser les sodomites en leur faisant porter un soulier attaché à la nuque, pour signifier la perversion de l’ordre.

Pierre de L’Estoile rendit compte d’un combat perdu par un mignon d’Henri III en citant le quatrain composé pour l’occasion :

« Quélus n’entend pas la manière
De prendre les gens par devant ;
S’il eût pris Bussy par derrière,
Il lui eut fourré bien avant. »
Journal, année 1578.

Même association dans ces vers qui visaient les pères Jésuites :

« Au collège de Louis le Grand
On n’y connaît point le devant ;
Car ses traîtres de Paris
  Hé bien !
Attaquent le derrière
Vous m’entendez bien. »
Chansonnier Maurepas, année 1685.

Allusion à un certain usage du derrière dans ces vers faits sur Louis-Joseph, duc de Vendôme (164-1712) par son secrétaire, pour mettre sous son portrait :

« Le héros que tu vois ainsi représenté,
Favori de Vénus ainsi que de Bellone [déesse italique de la guerre]
Prit la vérole et Barcelone
Toutes deux du mauvais côté. »
Charles collé, Journal et Mémoires, mai 1750.

« Si le général des jésuites avait deux otages à envoyer à Paris aussi beaux que les anges de Loth, et plus, complaisants, il est sûr de rentrer en France par cette porte, qui serait très bonne, quoique ce soit une porte de derrière. »
Thévenau de Morande, Le Philosophe cynique, 1771.

« On aime, on plaît à sa manière :
Le plus sage tourne à tout vent,
L’un attrape l’amour par devant,
L’autre l’attrape par derrière (a),
Le caprice est ce qui nous meut ;
Le diable emporte les scrupules.
Enfin on fait du pis qu’on peut :
Tour le monde a des ridicules,
Mais n’a pas des vices qui veut. »
Mémoires secrets …, 16 octobre 1779 [tome 14].
a. Dans une autre version de cette épître « À celle qui se reconnaîtra », Mayeur de Saint Paul ajouta cette note : « Et Monvel était de ceux-là. »


« En s’éveillant un beau matin,
Le Tout-Puissant lorgna Sodome,
Et fit serment, son foudre en main,
D’en griller jusqu’au dernier homme.
Car en ce lieu chaque vilain
S’amusait tout comme à Berlin ;
Et les coquins s’y prenaient tous,
Sens [c'en] devant derrière.
Et les coquins s’y prenaient tous,
Sens [c'en] devant derrière, sens [c'en] dessus dessous (*). »
Le Pot pourri de Loth, 1784.
*. Cf Rabelais, Gargantua, XI.

« N’ayant plus les moyens d’avoir des femmes, nous nous trouvons réduits à la malheureuse nécessité de nous amuser entre nous et de tirer par derrière, n’ayant point l’argent nécessaire pour tirer par devant, c’est-à-dire pour bourrer, pour enfiler des cons. »
Le Bordel apostolique institué par Pie VI pape en faveur du clergé de France, « Supplique », 1790 [BnF Enf 602].

Au début de la Révolution, le ci-devant marquis de Villette fut plaisamment appelé « ci-derrière marquis ».

« L’Univers sait que l’équivoque marquis de Villette est le président perpétuel du formidable district des citoyens rétroactifs, partant zélé partisan de la Constitution où tout est sens devant derrière. »
Andrea de Nerciat, Les Aphrodites, 1793, 1ère partie, « À bon chat : bon rat ».

« Grâce à notre commissaire
On dit qu’sous peu nous allons voir
Un changement salutaire.
Ami du devant
Ce joyeux vivant
Harcèle et poursuit
Le jour et la nuit
Les amis du derrière. »
Albert Glatigny, La Sultane Rozréa, 1871, « Lamentation des filles ».

Citons encore les très curieuses Considérations objectives sur la pédérastie de Gabriel Pomerand, publiées en 1949 :

« Mesdames ! Les petits garçons vous obligent à être belles lorsque vous n’êtes que potables. Et vous craignez par trop la concurrence des petits derrières qui prennent le devant de vos devants. »

DISCIPLE DE CORYDON

« Si le milieu homosexuel a changé, c’est en mieux. La plupart des stupides spectacles plus ou moins travestis ou démesurément pimentés ont disparu. On peut circuler à Saint-Germain-des-Prés, le samedi soir, sans être choqué, alors qu’il y a quinze ou vingt ans, à Pigalle, que d’homosexuels s’affichaient, que de petits jeunes gens ostensiblement maquillés déambulaient ! Les différents cercles ou endroits fréquentés par les disciples de Corydon sont en général bien préférables, au point de vue tenue, à ceux qui existaient avant guerre. »
« Qu’on se le dise ! », FUTUR (Organe de combat et d’information pour l’égalité et la liberté sexuelles et pour le respect absolu de la personne humaine), juillet 1954.

DISSIDENT, DISSIDENCE

"dissident de l'amour de la femme"
Marcel Proust, Jean Santeuil.

"D'une dissidence sexuelle au socialisme."
Daniel Guérin, Autobiographie de jeunesse.
Extrait de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine.


DROIT, adj.

Équivalent peu usité de l'anglais straight, c’est-à-dire non-gay.

"Depuis des mois l'efféminé Chargnieu épie la tristesse de Caradec. Il devine sa langueur et ses fringales. Il rôde, calin, autour de l'isolé. Mais celui-ci semble se méfier. Son instinct droit repousse les gestes caresseurs."
Georges Lecomte, Les Cartons verts, Mardi gras, Paris : Charpentier, 1901.

Expression « il est resté droit » (années 1970).

DROITS DU CUL


Expression employée, en français dans le texte, par Friedrich Engels (1820-1895) dans cette lettre de 1869 à Karl Marx, au sujet du mouvement homosexuel allemand qui faisait alors son apparition :

« C'est un bien curieux Urning [le petit livre Argonauticus d'Ulrich] que tu m'as envoyé. Ce sont là des révélations tout à fait contre nature. Les pédérastes se mettent à se compter et ils trouvent qu'ils constituent une puissance [Macht] dans l'État. Il ne manque plus que l'organisation, mais il apparaît d'après ceci qu'elle existe déjà en secret. Et comme ils comptent déjà des hommes importants dans tous les vieux, et même les nouveaux partis, de Rösing à Schweitzer, la victoire ne peut leur échapper. "Guerre aux cons, paix aux trous-de-cul" [en français dans le texte], dira-t-on dorénavant (1). C'est encore une chance que nous soyons personnellement trop vieux pour avoir à craindre de payer un tribut de notre corps à la victoire de ce parti. Mais la jeune génération ! Soit dit en passant, il n'y a qu'en Allemagne qu'un type pareil peut se manifester, transformer la cochonnerie en théorie, et inviter : introite [entrez, en latin] etc. Malheureusement il n'a pas encore le courage d'avouer ouvertement qu'il est comme ça, et doit toujours opérer coram publico [devant le public] en tant que "du devant", sinon "de l'intérieur du devant", comme il l'a dit une fois dans un lapsus. Mais attends seulement que le nouveau Code pénal de l'Allemagne du Nord reconnaisse les droits du cul [en français dans le texte], et il en sera tout autrement. Nous autres pauvres gens du devant, au goût infantile pour les femmes, nous trouverons alors dans une assez mauvaise situation. Si le Schweitzer devait avoir besoin de quelque chose, ce serait de se faire révéler, par cet étrange honnête homme, les données particulières sur les pédérastes hauts placés ; en tant que confrère cela ne devrait pas lui être difficile. »
Lettre à Karl Marx, Manchester [Angleterre], 22 juin 1869, in Marx Engels Werke, Berlin, 1965, tome 32, pages 324-325 [traduit par Cl. C. ; la meme année apparaissait le mot allemand Homosexualität].
1. Allusion à la formule de Nicolas de Chamfort : « Guerre aux châteaux ! Paix aux chaumières ! »

Lettre E

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