mardi 20 août 2019

L'AMOUR DES GARÇONS (2/4) DANS LES TEXTES DE MARTIAL ET DE JUVÉNAL

Avant de lire entre les lignes, il faut lire les lignes (proverbe provincial)


Voir aussi : Platon, Xénophon et Aristote

Plutarque et Athénée

AUTEURS LICENCIEUX GRECS ET LATINS



MARTIAL (vers 40/102), écrivain satiriste latin,

Sources : Épigrammes, Bibliotheca Teubneriana (BT), Collection Budé, Loeb Classical Library (LCL) :
Sur les spectacles : VI : César servi par Vénus.

Épigrammes, I, xxiv : celui qui était une mariée la veille ;
xli, 13 : un vieux cinède railleur ;
xcvi, 10-13 : un efféminé [molllis] qui regarde les mentules des hommes bien montés [drauci].
II, xxviii : qu'es-tu, Sextilius ? tu n'encules pas les garçons [six catégories d'impureté, d'après Ramirez, 1607 : cinaedum esse, paediconem, fututorem, irrumatorem, fellatorem, cunnilingum] ;
xliii, 13 : ma main me sert de ganymède [et non de femme ; cf Arnaud de Vernioles, Affaire dePamiers ; cité par Forberg] ;
xlvii, 3 : le mari n'est pas un enculeur [pedico ; commenté par J. Boswell] ;
li : ton pauvre ventre assiste au banquet de ton cul ; le ventre a faim, le cul dévore [cf XI, lxxvii ; cité par Forberg] ;
lxii, 1-4 :  Cui praestas, culum quod, Labiene, pilas ? pour qui t'épiles-tu le cul ? [cf Montaigne, I, xlix, 297 pour le premier vers ;
lxxxiv : Poeantius était efféminé [mollis] et facile ;
lxxxvi, 2 : je ne lis pas à l'envers le cinède Sotade [cité par Jean-Luc Hennig] ;
lxxxix, 6 : tu suces [fellas], c'est le vice de qui ?
III, lxxi, 1-2 : le garçon a mal à la bite, et toi; Nevolus, au cul ; je ne suis pas devin, mais ... ;
lxxiii, 4-5 : je voulais te croire efféminé [mollis] mais la rumeur nie que tu soies cinède ;
xcv, 13 : tu te fais enculer [pedicaris], Nevolus.
IV, xlii : le garçon que je demanderais ;
xliii : je ne t'ai pas appelé cinède, mais cunnilingue ;
lv : chanter les palestres de la libidineuse Lacédémone [cité par Montesquieu].
V, lv : le dieu brûle d'amour pour un garçon [Ganymède].
VI, xxxiii : maintenant le pédicateur Sabellus fout [en con] ;
xxxvii, 5 : il n'a pas de cul, c'est quand même un cinède [cité par Forberg] ;
xxxix; 12 : un visage pâle et un front de cinède ;
l, 3 : courtise les cinèdes ;
lvi, 1 : ; Quod tibi crura rigent saetis et pectora villis , l'entrejambe hérissé de poils et la poitrine velue [cf Montaigne, II, xvii, 641] ; 6 : fais en sorte, Charidemus, que l'on croit que tu te fais enculer.
VII, x, 1-2 : Éros se fait enculer [l'abbé de Marolles traduisait : " Éros trouve bon qu'on lui fasse d'étranges choses "], Linus suce ; Olus, que t'importe ce que l'un ou l'autre fait de sa peau [Pedicatur Eros, fellat Linus: Ole, quid ad te de cute quid faciant ille uel ille sua ?cf Montaigne, III, ix, 990] ;
lviii, 1 : Galla a déjà épousé six ou sept cinèdes ; 9 : la troupe des gens austères a aussi ses cinèdes [cf Montaigne, III, v, 845] ;
lxii,1 : Amillus perce des grands mecs en laissant les portes ouvertes ; 6 : Illud saepe facit quod sine teste facit, on fait souvent ce qu'on fait sans témoin [cf Montaigne, III, v, 867].
IX, viii, 5 : des corps immatures subissaient des outrages abominables [Domitien remit en usage la loi Scantinia] ; 9-10 : avant tu aimais des garçons et des hommes, jeunes ou vieux ; maintenant, César, ce sont des enfants qui t'aiment ; xvi : beauté d'Éarinos, échanson de Domitien ; xxvii, 10-14 : Chrestus, libéré de son pédagogue, rencontre un homme bien monté [draucus] et l'emmène pour le sucer ; xlvii : le dogme de quelle secte est-ce donc de se faire percer ? [cité par Forberg] ; lxiii, 1 : Phebus, tous les cinèdes t'invitent à dîner.
X, xl : on me disait que ma Polla voyait un cinède ; mais ce n'en est pas un.
XI, xx, 5-6 : Fulviam ego ut futuam? Quid, si me Manius oret
Paedicem, faciam? Non puto, si sapiam. faudra-t-il que j'encule Manius ? [cf Montaigne, II, xii, 474] ;
xxii, 2 : tu couches avec un ganymède nu ; 6-8 : tes doigts accélèrent la venue de la virilité et de la barbe [Levibus in pueris plus haec quam mentula peccat et faciunt digiti praecipitantque virum : inde tragus celeresque pili mirandaque matri barba cf Montaigne, III, xiii, 1087] ; 9-10 : la nature a divisé le mâle : un côté pour les filles, un pour les hommes [cité par Forberg] ;
xliii, 1-2 : mon épouse qui m'a surpris dans un puer  me dit qu'elle aussi a un cul [réplique : de 3 à 12] ; 3-6 : c'est ce que Junon disait à Jupiter, et il n'en dormait pas moins avec Ganymède déjà grand ; Hercule posa son arc et inclina Hylas, bien que Mégara [femme d'Hercule] eût des fesses ; 7-8 [Apollon avec Hyacinthe] ; 9-10 : Achille préférait un ami à la peau douce [Homère, Iliade ; cité par A.-J. Beau] plutôt que Briséis ; 11-12 : évite donc de donner des noms masculins à tes trucs et dis-toi bien, ma femme, que tu as deux cons [épigramme imitée par Saint-Pavin] ;
xlv, 8 : celui qui pédique, ou qui fout [des femmes] n’est pas si timide ;
lviii, 11 : At tibi nil faciam, sed lota mentula lana. je ne te ferai rien; mais ma mentule t'ordonnera de la lécher. [cf Montaigne, I, xlix, 298]
lxxvii : Vacerra s'enferme dans tous les cabinets, non pour chier, mais pour se faire inviter à dîner ; lxxviii : un mari à qui le con est étranger ;
lxxxvii : tu étais pedico et ne connaissait aucune femme ;
lxxxviii : Charisianus ne pouvait pédiquer car il avait le ventre relâché ; civ, 20 : Junon fut un ganymède pour Jupiter.
XII, xvi, 2 : Labienus a acheté trois cinèdes ;
xlii : le barbu Callistrate épouse [nupsit] Afer comme une vierge épouserait un mari ; Rome, n'en as-tu pas assez ? Attends-tu aussi un accouchement ? [cité par John Boswell].
xcvii, 6-9 : le mari Bassus épuisé après s'être escrimé sur de jeunes blondins [cf Montaigne, III, v, 855]

" Bientôt la rentrée 2: la réédition du best-seller de Thierry Fouet 
Sa traduction des Épigrammes de Martial " (Patrick Cardon, 27/8/16)

Voir le très fouillé article de Michel Magnien, " Légèreté, plaisir et désinvolture : Montaigne à l'école de Martial ? ", Montaigne Studies, XVII (2005) * Number 1-2, pages 97-118. Je remercie cet auteur de m'avoir signalé son article, ce qui m'a permis de corriger et compléter cette page en plusieurs endroits.


JUVÉNAL (vers 55/vers 140), auteur satirique latin,

Source : Satires, collection Classiques de Poche (Belles Lettres) ; Collection Budé des Universités de France ; Loeb Classical Library : 

Satires, I, 46-47 : spoliateurs forçant leurs pupilles à se prostituer.
II Les hypocrites :
10 : l'égout le plus remarqué parmi les cinèdes socratiques [cité par Forberg] ;
12-13 : rire du médecin quand il coupe les hémorroïdes [cité par V. Trinquier, médecin-légiste] ;
21 : ceux qui parlent de vertu en remuant les fesses [cité par Montesquieu] ;
43-47 : Laronia : réveiller les lois, évoquer avant tout la loi Scantinia ; les hommes en font plus que nous ; leur nombre les protège ; grande concorde entre les efféminés [molles ; cité par Jean de Salisbury] ;
50 : Hipso se soumet aux jeunes et pâlit de l'un et de l'autre excès [cité par R. James] ;
99 : le miroir du passif [pathicus] Othon ;
129 : un mec [vir] se donne à un autre ;
134-136 : un ami se marie [nubit] avec son fiancé dans l’intimité. Qu’il nous soit donné de vivre un peu, ces choses se feront au grand jour, publiées à l’état-civil ;
164-168 : l’arménien Zalacès, le plus ramolli [mollior] des éphèbes ; mœurs arméniennes.

IV, 106 : Rubrius, plus effronté qu'un cinède se mettant à écrire des satires.
VI, 3 ; 34-35 : pourquoi ne pas faire dormir un pusio [dérivé de puer] avec toi ? Avec un garçon, point de querelles nocturnes [cité par d'Hancarville] ; 345,3 : ignobles personnages aux allures de cinèdes ; 345,23-24 : voix efféminée ; il promène ses mains dans des fesses.
VII, 69 : si Virgile n'avait pas eu son esclave [puer]; 133 ; faire emplètes de garçons [pueros] ; 239-240 : jeux deshonnêtes [turpia] ; libertés réciproques.
VIII, 114-115 : nations [Corinthiens, Rhodiens] où les jeunes s’épilent à la résine et où les hommes ont les jambes lisses.

IX Les débauchés :
26 : Névolus fait se baisser même les hommes mariés ;
32-34 : cf Montaigne, III, v, 853 ;
37-38 : le cinède appelle le mâle [andros ; en grec dans le texte] ;  avarice phénoménale d’un efféminé ;
42-43 : à la rencontre du repas de la veille [cf les expressions françaises pêcher la fiente à la ligne et courir la lance contre la lie de pain ;
130-134 : jamais un ami ne te manquera pour être ton patient [pathicus] ; ils y viendront toujours, de toutes parts, comme à leur rendez-vous, en voiture, en bateau, tous ceux qui se grattent la tête d'un doigt [un des signes distinctifs].


X, 53 : narguer avec le doigt du milieu [cité par Quitard] ; 196-197 : aspects différents des jeunes gens ; un tel est plus beau que tel autre ; 224 : les élèves que le maître Hamillus fait se baisser [cité par H. I. Marrou] ; 295-298 : des parents qui ont un fils bien fait sont toujours malheureux et inquiets ; il est si rare que beauté et pudeur aillent ensemble ; 304-305 : perversité prodigue du corrupteur qui tente les parents eux-mêmes.
XIII, 41-43 : riches servis à table par des jeunes aussi beaux que Ganymède.
 

Voir aussi : Platon, Xénophon et Aristote

Plutarque et Athénée

AUTEURS LICENCIEUX GRECS ET LATINS

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