dimanche 12 avril 2015

DFHM : N (sauf NEUTRE) et O

Extrait de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine.
NICOMÈDE

« Tels on a vu Thibouville et Villars,
Imitateurs du premier des Césars,
Tout enflammés du feu qui les possède,
Tête baissée attendre un Nicomède ;
Et seconder, par de fréquents écarts,
Les vaillants coups de leurs laquais picards. »
Voltaire, La Pucelle, variante du chant XXI.

NON-CONFORMISME, NON-CONFORMITÉ

Ces termes et le suivant proviennent du vocabulaire religieux anglais, dans lequel ils exprimaient la non-appartenance à l’Église anglicane. À la fin du XVIIe, Gilles Ménage leur a donné un sens sexuel. La comparaison de l’orientation sexuelle à une religion était aussi suggérée par l’expression « hérétique en fait d’amour », par les termes culte, ordre, rite ou secte, et faisait de l’homosexualité un élément de la personnalité, comme nous dirions en vocabulaire juridique contemporain.

« Non-conformité : Quelques-uns appellent en badinant l’amour des garçons le péché de non-conformité. Mr Ménage s’est servi de cette expression pour parler plus honnêtement de cette débauche. »
Dictionnaire Universel des pères jésuites de Trévoux (1704).

« Non-conformisme : […] Dans un autre sens, se dit de ceux qui ont des habitudes contre nature, qui ne se conforment pas aux lois de la nature. »
Littré, Dictionnaire …

Le Grand Robert de 1985 ne mentionne pas le sens homosexuel de non-conformisme, mais offre un exemple qui le suggère : « Le non-conformisme de Gide. » Dans une lettre adressée à Ramon Fernandez en 1934, André Gide s’analysait ainsi :

« Je crois fort juste de dire (ainsi que vous l’avez fort bien fait) que la non-conformité sexuelle est, pour mon œuvre, la clé première ; mais je vous sais gré tout particulièrement d’indiquer déjà, par quel glissement, par quelle invitation, après ce monstre de la chair, premier sphinx sur ma route, et des mieux dévorants, mon esprit, mis en appétit de lutte, passa outre pour s’en prendre à tous les autres sphinx du conformisme, qu’il soupçonna dès lors d’être les frères et cousins du premier. »

« Quant à la loi dont André Gide ne sait "que penser au point de vue marxiste", qui condamne les homosexuels (car "le conformisme est poursuivi jusque dans les questions sexuelles") je me garderai bien de la juger. Je n’oublie pas que, dans les dures premières années de l’édification socialiste, il s’agit de nourrir, vêtir, loger, instruire "une immense majorité". Au surplus, j’aurais peur, si j’en discutais, d’être amené à confondre le non-conformisme et l’opposition à quelque pouvoir que ce soit, le conformisme et le soutien sans relâche à la Révolution vivante, – et, finalement, la Révolution et la pédérastie. »
André Wurmser (1899-1984), « L’URSS jugée par André Gide », Commune, janvier 1937.

NON-CONFORMISTE

« Muret fut ensuite à Rome, où il fut fait citoyen romain : ce qui donna occasion à bèze de faire contre lui une épigramme où il  dit que Muret, pour le crime de non-conformité, fut chassé de France, et ensuite de Venise, et que pour ce même crime il fut fait à Rome citoyen romain. […] Les Allemands n’accusaient Monseigneur de La Case que d’avoir fait le Capitolo del Forno, mais un transfuge qui était parmi eux prétendait que l’amour des non-conformistes était loué dans ce poème. »
Ménage, L’Anti-Baillet, 1688, tome I, p. 319 et tome II, p. 104.

« Il [le pape Jules II] avait aimé le vin et les femmes ; et on l’accuse même d’avoir été non-conformiste. […] Le péché contre nature s’appelle le péché de non-conformité. »
Pierre Bayle, Dictionnaire Historique et Critique, art. « Jules II  «  et note à cet article.

« Non-conformiste : On dit dans un sens obscène qu’en amour les Italiens sont non-conformistes. »
Dictionnaire Universel des pères jésuites de Trévoux (1704). L’édition de 1771 tenait compte des changements survenus, mettant alors : « Non-conformiste en amour signifie celui qui pratique l’amour antiphysique. Voyez sodomiste. » Ce qui fit dire à Alfred Jarry, en 1902 : « Les pères de Trévoux ont élucubré onctueusement cette formule : le non-conformisme en amour. »

La comparaison de l'orientation sexuelle à une religion, suggérée ici, l'était aussi par l'expression « hérétique en fait d'amour », et par les termes confrérie, culte, ordre, rite ou secte, rencontrés à diverses époques. En 1724, l'avocat Mathieu Marais, décidément bavard sur les amours de même sexe, écrivait au magistrat Bouhier :

« Si vous achetez Sauval [H. Sauval, Amours des Rois de France sous plusieurs races], il faut avoir l’addition. Il n’a pas manqué de parler du maréchal de Rais parmi les non-conformistes. Et il dit que, sous le règne de Philippe de Valois [en 1333], deux clercs accusèrent Durant, procureur, d’avoir fait avec eux le péché pour lequel le maréchal de Rais fut brûlé. »
Mathieu Marais, lettre au président Bouhier, 11 mars 1725.

« Je ne sais si vous avez entendu parler de la secte des Non-Conformistes qui s’est élevée en Hollande. Pour épargner le bois qui est cher en ce pays-là, on les mets deux à deux dans des sacs et on les jette à la mer ; il y en a déjà huit ou neuf cents d’expédiés. J’ai vu une lettre de [Jean-Baptiste] Rousseau sur cette punition, où il dit qu’il n’y aura bientôt plus en Hollande que des femmes et des grenouilles. »
Mathieu Marais, lettre au président Bouhier, 20 juillet 1730. Selon les Mémoires du maréchal de Richelieu, ces exécutions firent une forte impression sur l’esprit du roi Louis XV, alors âge de 20 ans. Les chiffres réels sont inférieurs : soixante exécutions et une centaine de bannissements pour les deux années 1730-1731.


Mathieu Marais ayant mentionné une loi de Vintimille sur ceux qui pèchent contre nature, il répondit ainsi à une demande de précision de la part du président Bouhier :

« Je ne connais la loi de Vintimille que par la copie qu’en a envoyée [Jean-Baptiste] Rousseau avec sa lettre. Il faudrait savoir de lui où il l’a prise, mais je n’ai et ne veux avoir de commerce avec lui. Je lui ferai écrire par M. de Lasseré, qui a reçu cette lettre de non-conformité. »
Lettre du 3 août 1730.

Le marquis René-Louis d’Argenson disait dans son Journal, au sujet d’un certain de Vilaines, influent dans le parti de la manchette :

« — Le devoir et l'honnêteté m'ont contraint, ce matin, à aller à une lieue de chez moi rendre une visite à M. le marquis de Vilaines, quelques maisons après la barrière de Vaugirard.
Vilaines m'était venu voir le premier, conduit par le sieur G., et il était question des affaires de Bachelier et de Hogguer. Il me fit un compliment léger, cavalier et éloquent, où ma réputation entrait honorablement pour texte. Ce personnage est par sa nature porté à l'intrigue, utile à ses amis, et le fond de cette vue est un goût naturel de se mêler d'intrigues de cour. Il est célèbre dans l"ordre de la Manchette. Ce désordre de jeunesse porte à l'amitié et conduit au cœur tendre pour ses amis, quoique le désordre y cesse avec les violentes arsées (sic) [érections] qui font le b...... [bougre.] Celui-ci se trouve grand ami du cardinal de Tencin, que les jésuites lui ont donné pour ami, et il le sert avec jugement, selon le temps. [...] Il [le cardinal de Tencin] se sert de gens tous désavouables, et tel est de Vilaines jouant un grand rôle dans le parti de la Manchette, ayant vu Courcillon, Deschauffours et même Chausson. Il est le maître de quelques jeunes gens, secrets sectateurs de cette non-conformité, il est bien reçu aux Jésuites et commande à quantité d’évêques ; il va dicter et recevoir des dictées de politique chez la de Tencin, sœur du cardinal, il a de l'esprit, ce qui araît par une grande facilité à parler de toutes sortes de choses, depuis la politique jusqu'aux marionnettes. Il est homme du monde, il y a toujours été reçu sur cette universalité, et comme homme de bonne compagnie. Ainsi il joint à ses amis de parti quantité de vieux amis, de tous partis indifférents. Il a servi, il a des procès, il est garçon commode, enfin il est dévôt, car tous ces pauvres bougres meurent le c. [cul] dans un bénitier. »
René-Louis d’Argenson, ami de Voltaire, /Journal et mémoires/, tome 3 de l'édition Paris : Vve Jules Renouard, 1861, à la date du 29 mai 1740, pages 86, 87, 88-89.

« Si la Madeleine avait eu quelque aventure galante avec le Christ ; si, aux noces de Cana, le Christ entre deux vins, un peu non-conformiste, eût parcouru la gorge d’une des filles de noce et les fesses de saint Jean, incertain s’il resterait fidèle ou non à l’apôtre au menton ombragé d’un duvet léger : vous verriez ce qu’il en serait de nos peintres, de nos poètes et de nos statuaires. »
Denis Diderot, Essai sur la peinture, 1765, chap. IV.

« […] un certain vice de non-conformité dont on l’accusait [Cambacérès]. Vice qui, du reste, est fort ancien en France. »
Aubriet, Vie de Cambacérès, 1824.

« Le chapitre des Bougres [Duret, Traité des peines et amendes, 1572] n’est pas tendre pour ces Messieurs […] Nous croyons avec bien d’autres que les non-conformistes doivent être conspués et non mis à mort. »
Du Roure, Analectabiblion, tome 2, 1837, page 20.

Alfred Delvau : « NON-CONFORMISTE. Pédéraste, ce qui est le schisme en amour. » (Dictionnaire érotique, 2e édition).

« Prêtres et moines non-conformistes en amour », tel était le titre d’un ouvrage paru en 1902 aux Éditions de la Raison (collection Les Infâmes) et qui fit l’objet de ce commentaire d’Alfred Jarry :

« Environ cent cinquante cas de ce « non-conformisme » ecclésiastique ou monacal sont cités, avec une érudition qui défie toute critique, puisque les documents n’y manquent point, par M. Dubois-Desaulle. »
Revue Blanche, 15 décembre 1902.

NON-GAY, NON-HÉTÉROSEXUEL, NON-LGBT

Sur le modèle de « non-juif » ; le non-gay sera-t-il bientôt le goy de l’homosexualité ?

Existent déjà :

« Non-LGBT »
Robert Kozérawski (ancien président de Lusogay), Bandol (Var), 14 juillet 2003.

« Le mot holebi est pour homosexuel , lesbienne et bisexuel. Les holebis sont des gens avec un caractère non-hétérosexuel . Ce sont des hommes qui tombent pour des hommes, des femmes qui tombent pour des femmes ou des hommes et femmes qui tombent autant pour des hommes que pour des femmes. Le point de vue idéal de la société , homme - femme , fait souffrir les holebis. Des gens considèrent les holebis, encore en ce jour-ci, comme anormaux. Pourtant ce sont des gens normaux comme vous et nous. »
Amnesty international (Belgique), 3 avril 2006.

NORMAL, NORMALSEXUEL

« Ah ! les pauvres amours banales, animales,
Normales ! Gros goûts lourds ou frugales fringales,
Sans compter la sottise et des fécondités ! »
Paul Verlaine, Ces passions … [Parallèlement].

« Nous encaguions ces cons avec leur air bonasse,
Leurs normales amours et leur morale en toc, »
Paul Verlaine, Hombres, XI.

« Il y a entre l’attraction homosexuelle de l’homme normal et l’attraction homosexuelle de l’uraniste la différence qu’il y a entre la communion d’idées, l’amitié, l’affection même et le désir, la différence qu’il y a entre l’amour fraternel et l’amour conjugal. »
Dr J. Crocq, « La situation sociale de l’uraniste », Compte-rendu des travaux de la 5e session, Congrès international d’Anthopologie criminelle, Amsterdam, septembre 1901. Article reproduit dans le Journal de Neurologie, 1901, pp. 591-596, et dans le Bulletin de la Société de Médecine d’Anvers, août 1901, pp. 116-122.

« L’homme normal selon la société adulte n’est aux yeux des voyous qu’un "pédé". »
Jean Monod, Les Barjots – Essai d’ethnologie des bandes de jeunes, 1968 ; voir II, 3, "Apprentis gangsters et pédés".

Normalsexuel, terme dû à Benkert, est opposé à homosexuel dans Le troisième sexe. Les homosexuels de Berlin (Hischfeld, 1908)

« L'homosexuel tend vers tous les êtres de son sexe ; l'être soumis à une amitié charnelle tend vers son ami, et vers son ami seul. Une passion hétérosexuelle peut très bien le remettre, à une occasion prochaine, dans la voie que nous appelons normale. »
Remy de Gourmont, "Dialogue des amateurs", Mercure de France, 1er janvier 1908.



O

OEILLET

Selon Delvau, boutonnière = « la nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. Les pédérastes appellent l’œillet. » (Dictionnaire érotique, 2e édition).

ORDINAIRE

« Tant que nos besoins pécuniaires ou notre goût pour la fouterie ordinaire nous ont fait une nécessité de nous servir de couilles et de pines, nous avons porté une partie des désagréments sans nombre, des incommodités inséparables du métier de putains. »
Anonyme, La Liberté, ou Mlle Raucour, 1791.

« Quelques esprits délicats de nos jours, heurtés par le côté bassement matériel de l’amour, par le prosaïsme des rapports journaliers, frappés de l’incomplet des formes féminines, du manque d’esthétique de leur amitié toujours peu sûre, ont jugé que la passion ordinaire ne pouvait jamais atteindre à ce haut point de désintéressement où se joue l’amitié entre hommes. »
Paul Verlaine, réponse à l’enquête sur la crise de l’amour, La Vie parisienne, 26 septembre 1891.  

« désaveu de cette fausse sainteté dont mon dédain de la tentation ordinaire me revêtait. »
André Gide, Journal, "Feuillets", 1918-1919.

ORDRE, ORDRE DE LA MANCHETTE

Vers sur Deschauffour faits en 1726 :

« L’ordre de la manchette en lui perd son vrai père,
Aux gitons de Paris il tenait ordinaire.
Tout le monde le pleure, et l’église et l’épée. »
De B… [Bois] Jourdain, Mélanges historiques, satiriques et anecdotiques, 1807, tome 2, p. 337.

« Leurs discours ressemblent à leurs mœurs, ils ont un langage à part ; plein d’affèterie, ils s’appellent entre eux Frères, Gitons et Ganymèdes. Ces noms bizarres sont leurs noms d’amitié. Ils ont parmi eux un Ordre de Chevalerie dont on ignore l’origine et les prérogatives ; ils tiennent tous à si grand honneur de le porter, qu’il n’y a que les misérables qui ne l’aient pas, on l’appelle Ordre de La Manchette. »
[Beauchamp], Histoire du prince Apprius [Priapus], 1728. (les anagrammes ont été éclaircis)

Dans les Journal et Mémoires du marquis René-Louis d’Argenson, ami de Voltaire, il est question, à la date du 29 mai 1740, d’un certain de Vilaines, « célèbre dans l’ordre de la Manchette », « jouant un grand rôle dans le parti de la Manchette » (tome 3, page 87 de l’édition Renouard).

Une des expressions du marquis d’Argenson a été reprise dans l’un des écrits anonymes de la période révolutionnaire, et d’abord dans son titre, Les Enfants de Sodome à l’Assemblée Nationale, ou Députation de l’Ordre de la Manchette :

« Que peut aujourd’hui l’abbé Viennet [député à la Convention, père d’un écrivain célèbre] pour l’Ordre de la Manchette ? Rien sans doute ; mais l’ordre lui doit beaucoup de prosélytes : c’est lui qui, par le moyen de son théâtre bourgeois, a perverti Dumay, commis au Domaine ; Cotte, commis d’architecte ; Mandron le jeune, tapissier ; Michu, de la comédie italienne, lui doit son avancement dans l’Ordre. »
Les Enfants de Sodome à l’Assemblée Nationale, ou Députation de l’Ordre de la Manchette, 1790.

« ÊTRE DE LA MANCHETTE. Préférer le cul au com. – L’ordre de la manchette a précédé celui de la rosette … affaire de mode. » Delvau, Dictionnaire érotique, 2e édition.

ORIENTATION SEXUELLE

« Neuf associations homosexuelles et de lutte contre le sida ont été reçues ce midi par le cabinet de la ministre de l'emploi et de la solidarité pour évoquer la question des discriminations homosexuelles dans le domaine du travail. La ministre de l'emploi a annoncé que le Gouvernement présentera un amendement au projet de loi de modernisation sociale (en discussion dès la prochaine session parlementaire) afin d'élargir la notion de discrimination. L'article 122-45 du code du travail sera ainsi complété et étendu à " l'orientation sexuelle ", terme retenu dans le Traité d'Amsterdam et la directive européenne sur la lutte contre les discriminations dans l'emploi qui devrait être adoptée sous Présidence française. »
Communiqué du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Paris, le 22 juin 2000.

« La Lesbian & Gay Pride Île-de-France organise, dans le cadre du «Printemps des assoces», une conférence sur la discrimination liée à l'orientation sexuelle, le samedi 7 avril 2001, de 10h à 18h, au Palais du Luxembourg, dans la salle Clémenceau. »

 « Dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l'infraction est commise à raison de l'orientation sexuelle de la victime.
   La circonstance aggravante définie au premier alinéa est constituée lorsque l'infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, utilisation d'images ou d'objets ou actes de toute nature portant atteinte à l'honneur ou à la considération de la victime ou d'un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur orientation sexuelle vraie ou supposée. »
Code pénal, art. 132-77 [Lois des 18 mars 2003 et 9 mars 2004]

« Est interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. »
Traité constitutionnel de l’Union Européenne, 29 octobre 2004, article II-81.

ORTHOSEXIE
« Par le mot « altersexuel », alternant avec « gai », je désignerai l'ensemble des « personnes dont la sexualité est autre qu'exclusivement hétérosexuelle », comme il sera expliqué. Les néologismes « altersexualité » et « altersexophobie » économiseront de longues périphrases. La nuance sera à peu près la même que celle qu'établissait dans les années 60 l'association Arcadie entre « homophile » et « homosexuel », ou celle qu'on pourrait rétablir entre « pédophile » et « pédosexuel » si l'on se souciait de propriété langagière pour ces êtres que la morale commune à tout humain vraiment humain ne peut que reléguer dans l'enfer de la vilenie. L'altersexualité est aussi bien une autre façon d'envisager la sexualité, qu'une sexualité résolument respectueuse d'autrui. Pour faire pendant, j'utiliserai le concept d'orthosexualité, décliné en orthosexie, orthosexuel, orthosexisme, orthosexocrate et orthosexocratie, dont les nuances apparaîtront en contexte sans qu'il soit besoin de téléprompteur ou d'obscurs éclaircissements. »
« Altersexualité et orthosexie », 10 juillet 2004, © Lionel LABOSSE.

OSCARISTE

Terme forgé à la suite des procès de l’écrivain irlandais Oscar Wilde, en 1895.

« Les oscaristes, […] une secte qui ne manquera pas de fondement. »
Ch. Formentin, Le Jour, 2 mai 1895.

OUT, OUTER

Out : à visage découvert. Voir coming out.

« Quand tous les pédés seront out. »
Zoo, 1999.

Outer : Révéler l’homosexualité d’une personnalité (Zoo, 1999).

OUTING

« Nous ne ferons pas cet outing. Nous en avons par ailleurs informé le député en question il y a quelques temps… Nous ne voulions pas pour autant que le débat que nous avions lancé s’arrête avant terme. C’est pourquoi nous avons attendu quelques jours avant de rendre cette décision publique. »
Philippe Mangeot, président d’Act Up-Paris , Têtu, n° 33, avril 1999.

Le député en question, porte-parole de l’UMP, puis ministre de la culture, était Renaud Donnedieu de Vabres (Le Figaro, 21 avril 2004, page 9).

« Délation, inquisition, pratique policière, terrorisme, totalitarisme, fascisme, etc. La presse n’aura pas manqué de vocabulaire pour dénoncer notre projet d’outing (révélation publique de l’homosexualité d’une personne) […] Pour considérer que l’outing peut nuire à celui qui en est l’objet, il faut considérer soit que l’homosexualité est infâme, soit que sa révélation est dangereuse. »

Act Up-Paris, « Votre vie privée contre la nôtre », Le Monde, 26 juin 1999.


Lettres P et Q

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