mardi 30 juin 2015

LA BIBLE ET L'HOMOSEXUALITÉ MASCULINE suivi de CONCILES, PÉNITENTIELS, CATÉCHISME




La thèse du christianisme tolérant à l’égard de l'homosexualité, soutenue par John Boswell (1947-1994), et reprise par le Français Jean-Claude Guillebaud, ne résiste pas à l'examen d'un nombre suffisant de textes. Voir Gai Saber Monograph n° l, 1981 (2nd ed. 1985); Ramsay MACMULLEN, 1982 ; Pierre J. PAYER, 1984 ; David F. WRIGHT, 1984 ; Maurice LEVER, Les Bûchers de Sodome, Paris : Fayard, 1985; James A. BRUNDAG, 1987 ; E. CANTARELLA, 1988; J. RICHARDS, 1991 ; John LAURITSEN, A Freethinker's Primer of Male Love, Provincetown : Pagan Press, 1998. Ce qui peut avoir induit quelques auteurs en erreur, c'est que l'intolérance chrétienne connut des fluctuations (le contraire, une parfaite stabilité, aurait été étonnant), passant de quelques années de pénitence à la peine de mort (appliquée du début du XIVe à la fin du XVIIIe siècle sur le territoire de la France continentale actuelle), ou inversement.
La condamnation judéo-chrétienne de ce que l'on désigne aujourd'hui sous le nom d'homosexualité est un élément utile pour mettre en évidence la stabilité anthropologique de ces relations masculines, ainsi que la distance existant entre cette condamnation et le point de vue de la civilisation gréco-latine qui, elle, appréciait la jeunesse, la beauté, l’intelligence, le plaisir et l’amour ; la reconnaissance de la chose, et aussi le sentiment d'en être, ne sont pas nés avec les mots homophilegay ou queer, pas davantage avec le mot Homosexualität, pas plus avec celui de sodomie, contrairement à ce qu'avancent les sociologues dits "constructivistes".

On connaît les condamnations vétéro-testamentaires et pauliniennes, mais les injonctions d'hétérosexualité passent trop souvent inaperçues ; or l’arche de Noé (Genèse VI, 19) n’admettait que des couples hétérosexuels. Il y a au moins deux injonctions d’hétérosexualité dans le Nouveau Testament : Évangile selon Matthieu, XIX, 4-6: « mâle et femelle faits par Dieu ; l'homme s'attachera à sa femme ; ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas. » C'est repris dans Évangile selon Marc, X, 7-9. Ma remarque de l’existence de ces injonctions, faite à Mgr Jacques Gaillot lors d’un débat à l’ENS-Ulm, l’avait laissé sans voix.
Dans l'Ancien Testament hébraïque il n'existe aucun exemple d'acte homosexuel pardonné ensuite, contrairement au meurtre et à l'inceste.
Pour trouver une mythologie faisant une place à l’homosexualité, c’est vers les Grecs qu’il faut se tourner. 

Complément d’information sur les Écrits intertestamentaires (Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade) :

Jubilés (-IIe siècle ; texte hébreu original perdu, traduit de l’éthiopien) : XIII, 17 : les gens de Sodome étaient de grands pécheurs ; XVI, 5-6 : impureté et destruction de Sodome ; XX, 5-7 : impureté de Sodome, corruption mutuelle par la fornication.

Testament des douze patriarches (1er siècle)
Gallimard, Collection « Bibliothèque de la Pléiade », Écrits intertestamentaires traduits du grec :
Levi XVII, 11 : prêtres pédérastes dans la septième semaine [cité par Voltaire] ;
Nephtali III, 4 : Sodome a changé son ordre naturel ;
Benjamin IX, 1 : vous vous adonnerez à la luxure, comme les habitants de Sodome ; vous périrez, à
l'exception de quelques-uns, et vous reviendrez à vos passions pour les femmes.

Pour comparaison, le Coran.



A / VULGATE (390/405), Bible traduite en latin par Jérôme

B / CONCILES, SYNODES ET PÉNITENTIELS

C / Congrégation pour la doctrine de la foi, catéchisme et constitutions pastorales 


A / VULGATE (390/405), Bible traduite en latin par Jérôme



John Martin, The Destruction of Sodom and Gomorrah, 1852. Laing Art Gallery, Newcastle upon Tyne.


Pentateuque (Torah)

Genèse,
I, 28 : multipliez-vous ;
II, 24 : l'homme s'attachera à sa femme ;
VI, 12 : toute chair avait corrompue sa voie ; 18-19 : autant de mâles que de femelles dans l'Arche [de Noë] ;
VII, 2-3 : le mâle avec sa femelle ; 9 : deux par deux, mâle et femelle ; 16 : un mâle et une femelle de toute chair ;
XIII, 13 : les Sodomites sont très mauvais et devant le seigneur [cité par Albert le Grand ; difficile de croire qu’il ne s’agit que d’un rejet de l’étranger …] ;
XVIII, 20-21 : la clameur contre Sodome et Gomorrhe est bien grande et leur péché est grave péché ; 21 : descendre et voir s'ils ont agi suivant la clameur ;
XIX, 1 : les deux anges ; 5 : amène-les-nous pour que nous les connaissions [traduction de Chouraqui citée par Payeur : "Fais-les sortir vers nous : pénétrons-les"] ; 8 : j’ai deux filles qui sont encore vierges, je vais vous les amener ; 9 : ils répondirent : « Ôte-toi de là ! » ; 11 : hommes frappés de cécité.
Exode, XX, 17 : tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur [servus], ni sa servante [ancilla].

Lévitique, XVIII, 22 : tu ne commettras pas le coït [coitu femineo] avec un mâle car c'est une abomination ; [Selon Xavier Lacroix et Martin Hoegger, l’homosexualité serait à considérer comme un retour au tohu-bohu, un brouillage des différences ; elle brouillerait la différence sexuelle, comme l’inceste brouille la différence des générations ; en Lévitique XVIII, l’interdit de l’inceste est mentionné à côté de celui de l’homosexualité ; cf Martin Hoegger, " Comment interpréter les Ecritures sur la question de l’homosexualité ? ", janvier 2018]
24-30 : abominations faites par les gens du pays qui furent avant vous ; pratiques abominables qui étaient faites avant vous ;
XX, 13 : qui couchent avec un mâle pour le coït ; nefas ; morte moriantur ; 23 : pratiques de la nation que je chasse.

Deutéronome, XXIII, 18-19 : pas de prostitué sacré [mercedem prostibuli ; kadesh en hébreu].

Juges, XIX, 22-24 : le lévite d'Éphraïm ; pour que nous le connaissions ; ce crime [scelus].

I Samuel, XVIII, 4 : Jonathan se dépouille de son habit.
XX, 17 : Jonathan avait de l'affection (1) pour [diligeret] David.
II Samuel, I, 28 : David et Jonathan ; aimable(1) au dessus de l'amour des femmes.
1. Cette relation a parfois été interprétée comme homosexuelle.

I Rois, XIV, 24 : prostitués sacrés, efféminés [cité par Jordan] ; abominations ; XV, 12 : expulsion des prostitués sacrés ; XXII, 47 : prostitués sacrés balayés du pays.
II Rois, XXIII, 7 : démolition des maisons des prostitués sacrés.

Lamentations, IV, 6  : faute de Jérusalem plus grande que le péché de Sodome  ; V, 13 : des adolescents ont été abusés de manière impudique [cité par Pierre Damien ; la Bible de Jérusalem traduit : "des adolescents ont porté la meule"].

II Maccabées, IV, 9-17 : passer au mode de vie des Grecs ; fondation d'un gymnase ; vogue de l'hellénisme [cité par H.-I. Marrou].

Isaïe, I, 9 : comme Sodome et Gomorrhe ; 10  : si Yavhé ne nous avait laissé quelques survivants, nous serions comme Sodome  ; III, 9 : leur péché proclamé quasi Sodoma par Jérusalem et Juda, ils ne le cachent pas.

Ezéchiel, XVI : 46-47 : les crimes de Sodome ; 49 : fautes de Sodome ; orgueil, inhospitalité  ; 50  : ils ont commis des abominations en ma présence.

Osée, IV, 10  : Ils mangeront et ne seront pas rassasiés, forniqueront et ne se reproduiront pas, car ils ont renoncé à tenir compte du Seigneur.

Joël, III, 3 : les nations ont troqué des garçons [pueri] contre des prostituées [cité par Hincmar de Reims].
Ecclésiastique, XXXVI, 25 : là où il n'y a pas de femme, l'homme errant gémit.


Évangiles

Matthieu, XIX, 4-6 : mâle et femelle faits par Dieu.
Marc, X, 7-9 : L'homme s'attachera à sa femme ; ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas.
Luc, VII, 2 : Le centurion qui tenait beaucoup à son esclave malade (interprétation homosexuelle par Krzysztof Charamsa)
Luc, XVII, 29 : Le jour où Loth est sorti de Sodome, une pluie de feu et de soufre est tombée du ciel et les a fait tous périr.
Jean, XIII, 23 : Un des disciples, celui que Jésus aimait, à table contre le sein de Jésus. [Interprétation homosexuelle fortement controversée].


PAUL (Ier siècle), premier théologien chrétien, auteur d’expression grecque,
Vulgate ; traduction XXe siècle (Bible de Jérusalem) :
Aux Romains, I, 24-27 : vérité de Dieu changée en mensonge, livrés par Dieu à des passions sordides, leurs femelles ont changé l'usage naturel ; turpitudes mâles avec mâles [cité par les Constitutions apostoliques ; Vulgate : masculi in masculos turpitudinem operantes. Commentaire de Martin Hoegger : " Assez étonnamment, l’Apôtre ne s’appuie pas explicitement sur les passages de la Torah (Lév 18) pour justifier sa position, mais il se réfère au Créateur et à son œuvre. Les actes homosexuels sont qualifiés de « contre-nature », c’est-à-dire opposés à la volonté du Créateur manifestée dans la différence sexuelle. La référence au récit de la Création fonde le caractère universel du jugement énoncé. Selon l’Apôtre, il vaut pour tous les hommes de tous les temps. "] ;
32 : Dieu juge digne de mort quiconque fait ces choses [d'après Lévitique, XX, 13].
Ière aux Corinthiens, VI, 9-10 : ni efféminés [molles] ni ceux qui couchent avec des mâles [arsénokoites ; masculorum concubitores ; cf Ière à Timothée] n'hériteront du règne de Dieu [cité par Tertullien et dans l'encyclique Persona humana, 1976. Martin Hoegger : " Arsenokoitês signifie littéralement « couchant » (koitê : couche) avec un homme (arsên : mâle). Il est formé par l’association de deux mots présents en Lév 18,22 et 20.13. Le texte de Lév 18,22 dans la traduction grecque de la « Septante » dit en effet : « Avec un homme (arsenos) tu ne coucheras pas (koimêthêsê) pas comme on couche avec (koiten) avec une femme. C’est une abomination ». Lev 20.13 est plus explicite encore.
Ce terme renvoie donc à des relations à caractère homosexuel. La traduction de la Vulgate : masculorum concubitores (hommes couchant avec des mâles) exprime bien le fait que le terme ne prêtait pas à ambiguïté au 4e siècle. "] ;
XI, 11 : Dans le seigneur, la femme n'est pas sans l'homme, ni l'homme sans la femme.
IIe aux Corinthiens, XII, 21 : beaucoup de pécheurs ne se sont pas convertis de leurs pratiques d'impureté, de prostitution et de débauche [cité par Jean Chrysostome].
Aux Galates, V, 19, 21 : ceux qui pratiquent fornication, immondices, luxure, n'hériteront pas du règne de Dieu.
Aux Éphésiens, IV, 18-19 : ignorance de Dieu et pratique immonde ; V, 5 : aucun impur n'héritera du règne de Dieu ; 11 : les oeuvres infructueuses des ténèbres ; 12 : ce qu'ils font en cachette est honteux à dire [cité par Tertullien] ; 31 : l'homme s'attachera à sa femme.
Aux Colossiens, III, 5 : faites mourir l'impureté.
1ère aux Thessaloniciens, IV, 7 : Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté.

pseudo-PAUL (Ier siècle)
Ière à Timothée, I, 9-10 : la Loi est là pour ceux qui couchent avec les mâles [arsénokoites ; masculorum concubitores ; cf I Corinthiens ; cité dans Persona Humana, 1976].

À Tite, I, 15  : Tout est pur pour les purs [parfois cité par les homos chrétiens pour justifier leurs relations homosexuelles].

IIe de Pierre, II, 6-7 : conduite débauchée des criminels des villes de Sodome et Gomorrhe.

Jude, 7 : Sodome et Gomorrhe qui se prostituèrent subissent la peine d'un feu éternel.

Apocalypse de Jean, XXII, 15 : dehors les chiens, les drogueurs, les impudiques, les meurtriers.



B / CONCILES, SYNODES ET PÉNITENTIELS 

B / 1 : CONCILES ET SYNODES
B / 2 : PÉNITENTIELS 

B / 1 : CONCILES ET SYNODES


Elvire, 305-306, J.D. Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, Florence, ci-dessous abrégé en M, II, 17 ; Patrologia Latina 84 :

canon 71 : ceux qui couchent avec des garçons [stupratores puerorum] ne peuvent recevoir la communion.

Ancyre (Ankara actuelle), 314, M II, cc. 525-526 ; Patrologia Latina, volumes 67 et 84 :
canons 15 et 16 : visent la bestialité, l'homosexualité masculine et l'inceste, d'après Baluze.
Traduction latine (controversée) : ceux qui pèchent avec des quadrupèdes ou des mâles : pénitence dure et stricte de 15 ans pour les moins de 20 ans ; pénitence perpétuelle pour les mariés de plus de 50 ans.

17. De ceux qui ont pourri ou pourrissent encore dans la fornication avec des bêtes ou avec des mâles.
The Syriac Version in R. B. Rackham, “The Text of the Canons of Ancyra
 in Studia Biblica et Ecclesiastica: Essays Chiefly in Biblical and Patristic Criticism
by Members of the University of Oxford, vol. 3, Oxford: The Clarendon Press, 1891.


Eauze (Gers actuel), 551 :
canon 1 du Synode : relation interdites avec d'autres, hommes ou femmes ; exclusion de la communion, large pénitence.

Tours II, 567, collection Sources Chrétiennes (Canons des conciles mérovingiens) :
canon 15 : certains laïques commettant diverses formes d'adultère soupçonnent chez autrui ce dont ils ont personnellement l'expérience ;
qu'aucun prêtre ni moine ne se permette d'admettre un autre dans son propre lit. [cf Benoît de  Nursie (vers 480/vers 547), fondateur de l'ordre bénédictin, Règle, coll. SC : XXII "Comment les moines dormiront" : 1 : chacun un lit ; 4 : une lampe brûlera continuellement ; 7 : les frères adolescents n'auront pas leurs lits les uns près des autres, mais mêlés à ceux des anciens.]

Tolède XVI, 693, M XII, c. 71 ; MGH Leges I, 1, p. 483 ; Patrologia Latina 84, c. 538A-D.
canon 3 : à la manière des peuples sodomitiques ; cite Isaïe, I, 9 ; opération sodomitique : des mâles exercent une turpitude contre nature avec des mâles ; dégradation et exil perpétuel pour les clercs ; excommunication et exil pour les autres.


Paris VI, 829, M XIV, cc. 560-561 ; MGH Leges 3, Concilia 2, 2, pages 634-635, 669 : canons 34 et 69 : gravité du péché contre nature ; peine de mort selon Lévitique XX ; confession et pénitence ; référence au canon 16 d'Ancyre.


Aix-la-Chapelle, 860, MGH , Capitularia, 2, 468 :
canon 18 : fornicari contra naturam in proprio genere.

Trosly, 909, Mansi XVIIIA, 306 :
canon 15 : les pollutions avec des mâles ou des animaux de basse cour ont provoqué la colère du bon Dieu.

Reims, 1049, Mansi XIX, cc. 736-745 :
canon 12 : excommunication des sodomites.

Londres, 1102 : Mansi XX, c. 1152 :
canon 28 : ceux qui commettent le péché de sodomie [sodomitium flagitium facientes] sont frappés d'excommunication.


Naplouse, 1120, J.D. Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, Florence, XXI, c. 264 :

canon 8 : brûler l'adulte sodomitique, aussi bien l'agent que le patient.
canon 9 : l'enfant non consentant doit faire pénitence.


Latran III (concile œcuménique), 1179, J.D. Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, Florence, XXII, colonnes 224-225 :
canon 11 : incontinence contre nature pour laquelle cinq villes furent brûlées : chez les clercs, punie par l'exclusion du clergé ou la réclusion dans un couvent [c'est la peine appliquée à Arnaud de Vernioles en 1324] ;
chez les laïcs, par l'excommunication et le rejet de la compagnie des fidèles.

Paris, 1212, Mansi XXII, col. 831 :
canon II, 21 : deux moines ou deux chanoines ne doivent jamais coucher dans le même lit ; pour l'incontinence contre nature, qui a fait brûler cinq villes, suivre le concile de Latran III ; pénitence dans un monastère, canon IV, 20 : ne pas nommer ce crime [flagitium ; cf Augustin, Doctrine chrétienne] qui déshonore la nature ; 21 : les fautes charnelles contre nature, commises par toute personne âgée de plus de 5 ans, surtout par des clercs, seront punies très sévèrement, conformément au canon 11 du concile de Latran III.


B / 2 : PÉNITENTIELS 

PÉNITENTIEL DU SYNODE DU BOSQUET DE LA VICTOIRE (1ère moitié VIe siècle)
BnF mss lat. 3182 ; Bieler, Irish penitentials :
8 : crime masculin à la sodomite : 4 ans de pénitence ; entre les cuisses, 3 ans ; avec la main d'un autre ou la sienne, 2 ans.
9 : ceci pour un homme qui a fait vœu de perfection ; s'il n'a pas encore fait vœu, déduire un an.

COLOMBAN (vers 543/615), moine d'origine irlandaise installé en Gaule,
Pénitenciel, Migne éd., Patrologia Latina, volume 80 :
§ 3 : 10 ans de jeune pour un péché sodomitique [sicut Sodomitae fecerunt] commis par un moine ; ne partagera plus jamais une chambre avec une personne de son sexe.
§ 29 : comme firent les Sodomites, c'est-à-dire le coït avec un mâle : 7 ans de jeune pour un laïc ; 3 ans avec pain, eau, sel, légumes secs ; 4 ans sans vin ni viande.

BÈDE LE VÉNÉRABLE (vers 672/735), moine anglais,
Pénitentiel, Migne éd., Patrologia Latina 94 :
§§ 19-22 : si sodomites, 7 ans [de pénitence] ; entre les cuisses : trois fois 40 jours.
§§ 30-32 : entre les cuisses, entre enfants : 100 jours.

PÉNITENTIEL ROMAIN (vers 803),
Migne éd., Patrologia Latina 105, col. 697D :
Si un clerc fornique comme le firent les sodomites, 10 ans de pénitence dont 3 au pain et à l'eau [cité par Halitgaire]

RABAN MAUR (780/856), abbé puis archevêque de Mayence,
Pénitentiel, Patrologia Latina 110 :
XXV ; XXXII : fornication irrationnelle avec des mâles ; canon 15 du concile d'Ancyre.

BURCHARD DE WORMS (965/1025), évêque allemand,
Décret ou Correcteur, Patrologia Latina 140 :
XVII " La fornication " : 33 : pénitence dure et stricte pour ceux qui pèchent contre nature avec des mâles [repris du Pénitentiel Romain] ; 34 : ceux qui forniquent comme les Sodomites [repris du pénitentiel de Théodore et de la Discipline de Regino de Prüm] ;
35 : clercs ou moines qui poursuivent les mâles [masculorum insectatores ; cf Regino de Prüm] ; 36 ; 37 ;
39 : évêques qui font comme les Sodomites : 10 ans de pénitence.
XIX "La pénitence" : 5 : avec un mâle, entre les cuisses : 40 jours au pain et à l'eau ; fornication contre nature avec des mâles ou des animaux, jument, vache, ânesse : si pas d'épouse sur laquelle décharger sa libido, 80 jours de pénitence ; si marié, 10 ans ; si c'est devenu une habitude, 15 ans.
XX, 120-123 [peines pas plus légères que dans les premiers codes celtiques]

YVES DE CHARTRES (vers 1040/1116), canoniste,
Décrets, Patrologia Latina 161 :
IX, 92 : contre ceux qui forniquent comme les Sodomites ; cite le Pénitentiel de Théodore ;


C / Congrégation pour la doctrine de la foi, catéchisme de 1992 et constitutions pastorales 

Martine Gross, (CNRS), Centre d’Études Interdisciplinaires des Faits Religieux, Gross@ehess.fr, 
" ÊTRE CHRÉTIEN ET HOMOSEXUEL EN FRANCE", SOCIÉTÉS CONTEMPORAINES (Presses de Sciences Po), 2008/3, N° 71, Introduction :

"  Le magistère catholique et un certain nombre d’églises protestantes condamnent sans ambiguïté l’homosexualité. L’Église catholique qualifie l’homosexualité de conduite désordonnée et de mauvaise du point de vue moral [« Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle » (Persona Humana, 1975 [§ 8]), « La pastorale à l’égard des personnes homosexuelles » (lettre adressée aux évêques par la Congrégation pour la doctrine de la foi, 1986), et « Le catéchisme de l’Église catholique » paru en 1992 (2357/58)]. La doctrine catholique produite par les Pères et Docteurs de l’Église est précisée dans le catéchisme. On peut lire dans le dernier en date promulgué par le Vatican en 1992 « S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que “Les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnées”. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ». La famille constituée par le mariage est, selon l’Église catholique, une institution naturelle, fondée par Dieu [Paul VI, Gaudium et Spes (1965)]. "





AUTRES AUTEURS CHRÉTIENS (Bernardin de Sienne, Bonaventure, Catherine de Sienne, Jacques de Vitry, Jacques de Voragine et Pierre le Chantre).

Aucun commentaire: